Conférence d'Annapolis : derrière la photo de George W. Bush.

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Quand on lit le communiqué du porte-parole du gouvernement sur la conférence d'Annapolis, on a envie de lui demander de qui il se fout ? On l'a posé ci-dessous pour que vous voyez par vous-même. Le régime en place en France contre l'avis de presque la moité du Peuple Français salue la volonté des autorités américaines d'y apporter toute leur contribution. Le régime trouve que des résultats positifs ont été obtenus à Annapolis. Le moins qu'on puisse dire c'est que le Régime n'est pas difficile. Mais que ne dirait-on pas pour avantager le pays pour lequel on oeuvre. Un pays dont l'idéologie criminelle est mis au ban par presque la totalité des peuples du monde.

 

1 - CONFERENCE D'ANNAPOLIS Le ministre des Affaires étrangères et européennes a représenté la France à la Conférence d'Annapolis, marquant ainsi, à la suite de ses deux déplacements dans la région, son engagement personnel en faveur de la paix au Proche-Orient.La France salue le fait qu'à l'occasion de la Conférence d'Annapolis, les autorités israéliennes et palestiniennes se soient engagées devant la communauté internationale à reprendre sans délai des négociations de paix sur l'ensemble des questions concernant le statut final. Il est nécessaire de redonner un horizon politique aux peuples palestinien et israélien. A ce titre, la réunion d'Annapolis, en initiant un nouveau cycle politique, diplomatique et économique, a inauguré un temps d'espoir et de progrès qui doit aboutir, comme s'y sont engagées les parties, à un accord sur la création d'un Etat palestinien indépendant et viable avant la fin 2008. Afin que l'ensemble des populations palestiniennes et israéliennes puissent adhérer à cette dynamique de paix, il est nécessaire que des progrès puissent être effectivement constatés sur le terrain au cours des semaines et des mois à venir. L'engagement des deux parties à remplir immédiatement leurs devoirs respectifs édictés par la Feuille de route élaborée en avril 2003 par le Quartette est un élément essentiel. Nous devons collectivement prendre toute notre part dans ce processus de mise en oeuvre de la première phase de la Feuille de route. Nous saluons la volonté des autorités américaines d'y apporter toute leur contribution. Pour qu'une solution juste et durable soit trouvée au conflit israélo-palestinien, les négociations sur le statut final devront se baser notamment sur les résolutions 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de sécurité, les termes de référence de la Conférence de Madrid et les principes de l'initiative de paix arabe.Le chemin et le calendrier pour atteindre cet objectif sont connus. Une dynamique est lancée. L'ensemble de la communauté internationale doit la soutenir concrètement. Dans cette perspective, le ministre a présenté à Annapolis, lors de la session consacrée à la réforme institutionnelle et au développement des capacités de l'Autorité palestinienne, la conférence internationale qui se tiendra le 17 décembre à Paris. Celle-ci a pour objectif de mobiliser les donateurs et de fournir un soutien financier et politique à l'Autorité palestinienne, afin de l'aider à construire un Etat viable.(La déléguée générale de Palestine auprès de l'Union européenne a déploré aujourd'hui que les Européens aient été évacués du suivi politique du processus de paix israélo-palestinien au profit des seuls Américains. La Conférence des donateurs de Paris peut-elle combler cette marginalisation politique ?)Les résultats positifs obtenus à Annapolis constituent le début d'un processus. La conférence internationale de Paris est la prochaine étape de cette dynamique de paix enclenchée à Annapolis. La France qui présidera cette conférence aux côtés notamment de l'Union européenne aura donc, comme l'Union européenne, un rôle politique essentiel à jouer. Les diplomaties française et européenne sont pleinement mobilisées pour créer les conditions d'un Etat palestinien viable et en paix avec Israël.(Le président américain George W. Bush a déclaré hier qu'Israël devait être reconnu comme "la patrie des juifs", la France est-elle d'accord avec la position du Président Bush ?)Comme je l'ai déjà indiqué, nous considérons que l'ensemble des questions liées au statut final doit faire l'objet d'un accord négocié entre les parties sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies.

Point de Presse du gouvernement 





Conférence d'Annapolis : derrière la photo de George W. Bush.


République des Lettres



George W. Bush réunit l'ensemble de la planète pour une conférence d'une journée à Annapolis avec l'objectif de résoudre un conflit israélo-palestinien plus que jamais radicalisé depuis ses sept années de soutien indéfectible à la politique israélienne. Chaque participant, à commencer par les premiers concernés, Mahmoud Abbas pour le camp palestinien et Ehud Olmert pour le camp israélien, sait très bien que cette réunion "pour la paix" n'est qu'une opération vide de sens et de contenu destinée à embellir l'image de l'homme le plus haï de la planète. La plupart des diplomates engagés dans la rencontre en conviennent d'ailleurs ouvertement. À un an de la fin de son mandat, après avoir mis toute une partie du Proche et du Moyen-Orient à feu et à sang au nom de sa sacro-sainte "lutte contre le terrorisme", après le désastre de son aventure guerrière en Irak, George W. Bush continue ainsi à se présenter en homme de paix et de bonne volonté. Sous le cartouche "Conférence d'Annapolis du 27 novembre 2007" de son album présidentiel, il ajoute une jolie photo où on peut le voir en compagnie de tous les dirigeants de la planète, européens, chinois, russes... et surtout arabes, car il faut bien entendu le marteler, George Bush junior est un grand ami du monde arabo-musulman. Même la Syrie de Bachar al-Assad a eu droit à son carton d'invitation pour Annapolis, il est vrai au prix de quelques compromis comme entre autres la promesse de parler du Golan, occupé par Israël. Qui pourra l'accuser après cela de n'avoir rien fait pour la paix israélo-palestinienne ? N'est-il pas de plus le premier président américain à avoir eu la "vision" d'un Etat palestinien qui vivrait "côte à côte, en paix et en sécurité" avec Israël ?

Bien entendu, ne manquent à Annapolis que les méchants, ceux qu'il convient à tout prix d'isoler et de diaboliser afin de mieux les éliminer, les "terroristes" et les "extrêmistes", c'est-à-dire notamment le Hamas, le Hezbollah et l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad, qui risqueraient à coup sûr de voiler la photo. Malheureusement pour George W. Bush, Ehud Olmert, Mahmoud Abbas et tous les autres dirigeants réunis plus ou moins contraints et forcés au chevet du Proche-Orient, ce sont sans doute eux qui, au premier rang de la lutte pour la création d'un véritable Etat palestinien, détiennent la solution pour régler un conflit israélo-palestinien vieux de soixante ans.

Sur le terrain, que ce soit à Ramallah, à Gaza ou à Jérusalem, les populations sont elles aussi loin d'attendre un quelconque résultat de la Conférence d'Annapolis. Au contraire, les discours radicaux sont plus violents que jamais, les juifs se précipitant en masse pour créer de nouvelles colonies illégales en Cisjordanie et les islamistes fomentant de nouvelles actions de résistance avec la seule arme à leur disposition, l'attentat terroriste. Les palestiniens surtout n'ont plus aucun espoir, après quarante années d'appartheid, d'humiliations quotidiennes et d'occupation illégale de leur territoire par Israël, des centaines d'accords et de promesses non tenus, des dizaines de conférences internationales aussi inutiles que celle d'Annapolis, des dizaines de milliers de prisonniers politiques et autant de morts tombés sous les obus israélo-américains. Après surtout la politique menée toute en faveur d'Israël par George W. Bush depuis la deuxième Intifada déclenchée en 2000, en toute connaissance de cause, par le boucher de Sabra et Chatila Ariel Sharon. Depuis cette date, le président américain n'a eu en effet de cesse d'envenimer directement ou indirectement le conflit, écartant et diabolisant d'abord Yasser Arafat -- qui était pourtant parvenu à rassembler le peuple palestinien et à négocier un véritable accord de paix avec Ehud Barak sous la présidence de Bill Clinton -- s'attaquant ensuite à Mahmoud Abbas et, sous des discours de façade, oeuvrant en réalité à tous les niveaux politiques, diplomatiques, économiques et même militaires pour satisfaire les désirs des dirigeants extrêmistes israéliens au détriment des palestiniens. Aujourd'hui, alors que le cycle de violences, de guerres de tranchée et de haines atteint un point de non-retour dans tout le Proche-Orient, alors que les mouvements radicaux et fondamentalistes du monde arabo-musulman se sont développés comme jamais, c'est le même homme qui prétend faire oeuvre de paix en organisant cette Conférence d'Annapolis. Conférence vouée à l'échec tant Mahmoud Abbas, Ehud Olmert et lui-même -- il est crédité d'à peine 30% de cote de popularité en son pays -- sont affaiblis et incapables de négocier quoi que ce soit de sérieux.

Pour qu'un espoir de paix advienne dans la région, pour que de véritables négociations s'engagent et pour qu'un Etat palestinien viable vivant "côte à côte, en paix et en sécurité" avec Israël naisse, il faut au contraire à l'évidence que George W. Bush soit écarté du jeu. Son départ de la Maison Blanche l'année prochaine ne pourra qu'être bénéfique à tout le monde.

Sources République des Lettres

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-Israel

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