Le mouvement des pêcheurs se durcit en France et essaime en Europe

Publié le par Adriana EVANGELIZT




Le mouvement des pêcheurs se durcit en France et essaime en Europe



Du port des ferries de Dunkerque (Nord) au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), les pêcheurs français ont mené mardi de nouvelles actions d'envergure contre le coût du gazole, encouragés par l'extension du mouvement en Europe.

La situation est notamment tendue sur les bords de la Méditerranée, où 200 pêcheurs réunis à Sète (Hérault) ont décidé de reconduire leur mouvement de grève pour une durée indéterminée.

Des pêcheurs des Bouches-du-Rhône ont tour à tour tenté de bloquer le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, puis une raffinerie à La Mède, mais ont dû y renoncer devant la présence de CRS. Ils ont ensuite mené une opération-escargot en revenant vers Fos-sur-Mer, provoquant d'importants embouteillages.

A Dunkerque, l'accès au port ferry a été bloqué par des pêcheurs décidés à mener une série d'actions notamment dans des supermarchés de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Bien qu'ayant partiellement bloqué mardi l'accès aux ports de Dunkerque (Nord) et Calais (Pas-de-Calais), les marins-pêcheurs boulonnais, dunkerquois et calaisiens sont apparus de plus en plus divisés sur la suite à donner à leurs actions.

Très engagé dans le mouvement, le port de Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor) a été bloqué quatre heures par des CRS.

Le mouvement se poursuit également dans plusieurs ports importants de la façade Atlantique, comme Le Guilvinec (Finistère), Lorient ou La Rochelle. En revanche, les bateaux des ports des Pays-de-Loire ont repris la mer.

Après des actions cette semaine dans des poissonneries de grandes surfaces, 29 pêcheurs arcachonnais sont convoqués le 26 juin par la justice pour "vols, extorsion et dégradation", alors qu'à Caen, six de leurs collègues ont été placés en garde à vue pour avoir vidé un camion transportant du poisson.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé que, pour "les professions très exposées", il fallait "veiller à ce qu'elles "puissent répercuter dans leurs prix l'augmentation" du carburant.

Il a également mis en avant les qualités du plan gouvernemental d'aide aux pêcheurs de 310 millions d'euros. Mais les pêcheurs grévistes, en particulier de la base, expliquent ne plus avoir confiance "dans un gouvernement qui leur promet de l'aide depuis des mois sans que rien ne soit encore versé".

Ils sont d'autant plus déterminés à durcir leur action que d'autres pays européens rejoignent le mouvement, notamment l'Espagne, où plusieurs ports catalans sont touchés.

La principale organisation patronale de la pêche, la Cepesca, a lancé un appel à une "grève illimitée" à partir de vendredi, tandis que des mots d'ordre étaient lancés en Italie et au Portugal.

Les ministres français et espagnols de la Pêche ont demandé que l'UE verse des aides directes aux pêcheurs, mettant en avant "la gravité de la situation". "Plusieurs de mes collègues veulent qu'on réfléchisse à une intervention directe", a précisé Michel Barnier, selon qui une proposition commune devrait être discutée lors d'une réunion en juin. L'Union du mareyage français (UMFR) a annoncé mardi dans un communiqué son refus de participer jeudi à la réunion convoquée par Michel Barnier, sur la formation et la transparence des prix dans la filière de la pêche.

Le Bureau national du PS a pour sa part estimé que les propositions de M. Barnier pour régler le conflit "ne permettront pas de résoudre les problèmes de fond".

Dans certaines régions françaises, le mouvement contre l'envolée des prix du gazole tend en outre à s'étendre à d'autres professions. Des ambulanciers ont ainsi bloqué mardi matin le périphérique de Caen tandis que 150 agriculteurs de l'Orne ont investi une station Total sur l'A28.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Résistance

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