Délits d'initiés présumés à EADS : la caution de Forgeard fixée à un million d'euros

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Délits d'initiés présumés à EADS : la caution de Forgeard fixée à un million d'euros


L'ancien coprésident du groupe européen d'aéronautique est soupçonné d'avoir vendu des actions quelques jours avant l'annonce d'un retard dans la livraison des Airbus A380, qui a entraîné la chute du titre à la Bourse. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.

Le montant de la caution de Noël Forgeard, l'ancien coprésident d'EADS, a été fixé à un million d'euros vendredi 30 mai, dans le cadre de son contrôle judiciaire. Il a été mis en examen, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour délit d'initié dans le cadre de l'enquête sur d'éventuels délits d'initiés commis au sein du groupe européen d'aéronautique en 2005 et 2006.
"Cette mise en examen ne signifie pas autre chose pour les magistrats que l'existence de charges et en aucun cas un élément de culpabilité", a précisé Me Jean-Alain Michel.
L'avocat s'est dit "convaincu" que son client prouvera "qu'il n'a pas commis de délit d'initié". Noël Forgeard a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Cette mise en examen est intervenue au terme d'"une très longue discussion" entre les deux juges d'instruction chargés de l'affaire, Xavière Siméoni et Cécile Pendariès, a noté l'avocat.
Selon lui, Noël Forgeard "a dit qu'il n'avait pas commis de délit d'initié et qu'à sa connaissance personne, ni parmi les cadres ni parmi les actionnaires, n'avait commis de délit d'initié".

De confortables plus-values

Noël Forgeard était arrivé jeudi vers 22h15 au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.
Le 20 novembre 2006, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "délit d'initié, recel de délit d'initié et diffusion d'informations mensongères aux marchés" à la suite de plaintes avec constitution de partie civile de petits porteurs.
Ceux-ci soupçonnent certains dirigeants d'EADS d'avoir vendu leurs actions quelque temps avant l'annonce, le 13 juin 2006, d'un retard dans la livraison des Airbus A380, qui a entraîné la chute du titre à la Bourse.
En novembre 2005 et en mars 2006, Noël Forgeard et un certain nombre de dirigeants français et allemands d'EADS ont levé leurs stock-options d'EADS, générant de confortables plus-values. Noël Forgeard s'est toujours défendu d'avoir été informé du retard dans la livraison des A380 pour vendre ses titres.

21 dirigeants dans le collimateur

En octobre, dans un rapport préliminaire, l'Autorité des marchés financiers (AMF, le gendarme de la bourse), soupçonnait 21 dirigeants d'Airbus et d'EADS de s'être rendus coupables de "délits d'initiés massifs". Ce rapport a ensuite été transmis aux juges d'instruction.
Le 9 avril dernier, le collège de l'AMF annonçait avoir décidé de "notifier des griefs" contre plusieurs dirigeants du groupe dans le cadre de cette enquête sur des délits d'initiés présumés. Un rapport a alors été transmis au parquet de Paris et au magistrat instructeur.
Selon un rapport du Sénat rendu public fin mars, le groupe EADS a fourni des informations insuffisantes sur la gravité des problèmes rencontrés par sa filiale Airbus dans le développement industriel de son très gros porteur A380 en 2006. (Avec AP)

Sources
Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

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