Nicky au pays d'Arnold : la France sous le joug de l'empire israelo-américain 1ère partie

Publié le par Adriana EVANGELIZT






Nicky au pays d'Arnold : la France sous le joug de l'empire israelo-américain


par François Costes


Avant de laisser Nicolas Sarkozy s'emparer de l'Elysée, mes compatriotes auraient dû s'interroger sur ses alliances politiques internationales. Le clown de Neuilly se drape dans un manteau gaulliste, mais c'est un mercenaire de l'empire israélo-américain. En deux mots, il est notre Tony Blair, un homme dangereux qui menace sérieusement l'indépendance de la France et de l'Europe. Faudra-t-il le bouter hors du pays ?


[3] NICKY AU PAYS D'ARNOLD

 "You've got to hand it to Nicolas Sarkozy. He has chutzpah."

 Roger Cohen

 The New York Times (USA)

 13 septembre 2006

 En août 2004, un hebdomadaire juif américain publiait un étonnant article sur l'influence croissante du lobby JAZ (Jewish-American-Zionist) sur le territoire français. Parmi les noms de personnalités soutenues par ce lobby ou par ses partenaires dans l'Hexagone figuraient ceux de Nicolas Sarkozy et de Patrick Gaubert (LICRA). L'American Jewish Congress aurait ainsi passé un accord avec l'Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France (UPJF), - dont Nicole Guedj fut l'un des fondateurs -, et son président, Hervé Giaoui. Il fournissait alors à l'UPJF non seulement conseils et formations, mais aussi un soutien financier. De son côté, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) aurait également développé des "relations avec des groupes juifs en France et ailleurs en Europe afin d'encourager un lobbying de style américain". (3/01)

 En avril 2004, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Washington à un déjeuner donné en son honneur par l'American Jewish Committee (AJC). Devant les invités de cette organisation sioniste connue pour ses campagnes anti-françaises, notre ministre de l'Intérieur se flattait de son nouveau surnom, "Sarkozy l'Américain". (3/02) Il déclarait aussi "partager beaucoup de valeurs américaines" et se comparait à Arnold Schwarzenegger, le gouverneur pro-israélien de l'Etat de Californie.

 Les premiers contacts officiels entre Sarkozy et l'AJC remonteraient à octobre 2003. Or, l'AJC est un "lobby qui n'est ni juif, ni américain, en ce qu'il ne sert ni les intérêts des Juifs en général, ni ceux des Américains, ni ceux des Américains juifs, mais uniquement la politique de l'axe gouvernemental américano-israélien (...) dont le peuple palestinien est la principale victime". (3/03) En février 2004, afin de mieux influencer les autorités européennes, l'AJC s'implantait à Bruxelles (Belgique) en créant le Transatlantic Institute dirigé par Emanuele Ottolenghi. Le 14 avril 2005, le directeur exécutif de l'AJC, David Harris, avait accès à la commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale, un évènement extraordinaire, car les interventions de citoyens américains devant cette instance sont rarissimes. L'AJC a également ses entrées à Sciences Po et s'invite depuis plus de sept ans aux fameux dîners du CRIF, auxquels se presse notre cabinet ministériel pour s'y faire insulter. (3/04)

 En octobre 2004, Nicolas Sarkozy, cette fois-ci ministre des Finances, entreprenait un second voyage aux Etats-Unis. Il y confortait ses alliances en rencontrant le président de la Federal Reserve, Alan Greenspan. Et surtout, il déjeunait au Hudson Institute, où s'activent de redoutables néoconservateurs américains comme Robert Kagan, Elliott Abrams, Bill Kristol ou Richard Perle, le "Prince des ténèbres", qui fut avec Paul Wolfowitz et Douglas Feith l'un des principaux responsables de la guerre contre l'Irak déclenchée en mars 2003.

 Lors du même séjour, Sarkozy dînait chez le banquier "démocrate" Félix Rohatyn en compagnie du "républicain" Michael Bloomberg, le maire de New York, un financier qui dépense des dizaines de millions de dollars pour ses campagnes municipales et dont les tendances dictatoriales sont dénoncées aussi bien par les manifestants défilant contre la guerre en Irak que par les cyclistes du mouvement Critical Mass. Plus tard, devant les étudiants de l'université de Columbia, un bastion sioniste de Manhattan, Sarkozy se décrivait, correctement sans doute, comme "étranger dans son propre pays". (3/05)

 En septembre 2006, Nicolas Sarkozy, de nouveau ministre de l'Intérieur, retournait au pays d'Arnold. Accompagné de Pierre Lellouche, il renouait à New York avec Michael Bloomberg. Il rencontrait aussi, dans les salles de notre consulat et à huis clos, les représentants des puissantes organisations juives pro-israéliennes avec lesquels, bien que sans mission officielle du gouvernement français, il discutait très librement de politique étrangère. Le caractère secret de cette rencontre a été confirmé par le plus grand journal sioniste des Etats-Unis, le New York Times : "Lors d'une réunion privée avec plus d'une douzaine de dirigeants juifs qui s'est tenue ce lundi, [Sarkozy] a affirmé que la France n'aurait pas dû attendre si longtemps avant d'engager des troupes au Liban et s'est démarqué de M. Chirac en critiquant le Hezbollah qu'il a qualifié d'organisation 'terroriste', ce qu'a révélé un des participants de manière anonyme car il lui est interdit de dévoiler ce qui s'est passé pendant la rencontre." (3/06) Etaient présents à cette réunion au consulat français Harold Tanner, président de la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, Israel Singer du World Jewish Congress, Jack Rosen, président de l'American Jewish Congress, ainsi que des officiels de l'American Jewish Committee, de l'UJA et de l'Anti-Defamation League. Grâce aux indiscrétions d'un autre quotidien newyorkais (3/07), le New York Sun, on sait que Sarkozy leur a déclaré : "Je suis l'ami de l'Amérique, je suis l'ami d'Israël". A propos de l'Iran, il a affirmé à son auditoire restreint et en se référant à de prétendues "autorités françaises" que ce pays posséderait des armes nucléaires dans les deux à trois ans et, selon lui, "la seule réponse possible, c'est la fermeté. Nous devons envisager toutes les options possibles et ne pas nous lier les mains en nous limitant à une seule stratégie. Il faut nous abstenir de prévenir l'Iran des éventuelles actions du monde occidental". Sarkozy promettait alors à ses interlocuteurs que le dossier iranien serait sa "première priorité" s'il était élu président. "Je ne peux accepter un chef d'Etat qui dit vouloir rayer Israël de la carte", aurait-il ajouté. Pour lui, Israël devrait être "plus proactif", car "quand on est petit, il faut être rapide". Pour David Twersky, c'est "la première fois qu'un des principaux candidats à l'Elysée entretient publiquement de telles relations avec la communauté juive américaine".

 Au cours du même voyage et toujours officiellement en visite privée, Sarkozy faisait à Washington un discours attaquant la politique étrangère de Jacques Chirac et s'affirmait, encore une fois, proche d'Israël. Il déjeunait ensuite avec Michael Chertoff, avant d'aller, en compagnie de Cécilia Sarkozy et du député UMP Pierre Lellouche, serrer la main du président George Bush, - "un évènement exceptionnel pour un simple ministre" précisait le New York Times : "Selon l'entourage du ministre français, le président Bush avait pris connaissance du discours prononcé, le matin, par M. Sarkozy devant la French American Foundation. Une intervention aimable pour les Etats-Unis, mais moins pour le Quai d'Orsay, qui a paru visé. Après avoir rappelé le contentieux transatlantique de 2003 sur l'Irak, M. Sarkozy a plaidé pour 'l'efficacité de la modestie' face à une 'France arrogante'. (...) Sur l'Iran, le ministre de l'intérieur a été très ferme. A un moment où même Washington ne met plus en avant d'autre option que des sanctions graduelles, M. Sarkozy a insisté sur le fait que 'toutes les options sont ouvertes'. (...) Sur Israël, il a tenu le langage que tout présidentiable américain pourrait adopter. 'Je veux dire combien je me sens proche d'Israël, a dit M. Sarkozy. Israël est la victime. Il doit tout faire pour éviter de passer pour l'agresseur'". (3/08)

 Ce dernier voyage aux Etats-Unis a provoqué la colère de Jacques Chirac : "Le chef de l'Etat, qui s'envole en fin de matinée pour l'assemblée générale de l'ONU à New York, y a vu la confirmation de ce qu'il redoutait : s'il était amené à lui succéder, le président de l'UMP mettrait un terme à la spécificité française à l'égard des Etats-Unis, au profit d'une vision atlantiste. 'Irresponsable', a lancé Chirac mardi à l'un de ses plus anciens collaborateurs, en lui expliquant le 'danger pour la France' de la relation transatlantique que Sarkozy a affirmé à Washington vouloir 'rebâtir'. Le Président et le ministre de l'Intérieur avaient pourtant eu un tête-à-tête dans la semaine précédant le départ de Sarkozy. Mais ce dernier s'était bien gardé de transmettre à l'Elysée le discours qu'il devait prononcer devant la Fondation franco-américaine, dans lequel il a dénoncé 'l'arrogance française' et fait la leçon au duo Chirac-Villepin. (...) Des propos que Chirac a qualifié mardi en privé de 'lamentables' et de 'faute'. (...) C'est bien deux visions, deux doctrines, qui opposent l'Elysée et Sarkozy sur cette question sensible. 'Sans prononcer le mot de rupture, pour ne vexer personne, c'est une musique totalement différente que Nicolas Sarkozy a fait entendre aux Américains. Inutile d'agresser Jacques Chirac. Mais, si on gagne la présidentielle le 6 mai, il sera temps de changer de politique étrangère le 7', assure le député Pierre Lellouche. (...) 'Sarko l'Américain, on l'assume... et puis merde !' tranche Pierre Lellouche." (3/09)

 Plusieurs observateurs ou politiciens ont compris tôt la vraie nature du nouvel occupant de l'Elysée. Pour le journaliste américain Wayne Madsen, Nicolas Sarkozy serait le "premier néoconservateur de France" (3/10), ce que confirmait le socialiste Luc Besson qui, dans un rapport, se demandait si la France était "prête à voter en 2007 pour un néoconservateur américain à passeport français." (3/11) Quant à José Bové, il jugeait Sarkozy "un homme dangereux pour notre pays. (...) C'est l'homme de la dissolution de l'Etat social et de sa transformation en Etat policier et carcéral. Cet ami de Blair et de Bush nous prépare une République communautariste et atlantiste" (3/12), un avis que partageait Laurent Fabius qui traitait Sarkozy de "'réactionnaire" et d''homme dangereux", d'autant plus nuisible qu'il dispose "de moyens financiers et médiatiques considérables", et qui estimait qu'il fallait tout faire pour bloquer la route de l'Elysée à "quelqu'un qui se fixe comme programme d'être le futur caniche du président des Etats-Unis'." (3/13) Henri Emmanuelli a pour sa part "fustigé 'Sarkozy couché comme un chiot devant son maître' [George] Bush" (3/09), une image que renforçaient les jugements d'un Dominique Strauss-Kahn : "'Sarkozy est un caméléon', 'un thatchérien, un berlusconien, un bushiste qui aime à s'habiller de l'uniforme atlantiste'" (3/14), d'un René Naba : "Que l'on ne s'y trompe pas : l'homme que l'UMP s'est choisi comme candidat présidentiel pour les élections de 2007 n'est toutefois pas l'héritier du gaullisme, mais le chef de file du courant atlantiste, un des points d'articulation de l'axe israélo-américain dans la sphère euro-méditerranéenne" (3/15) ou encore d'un Jean Bricmont : "Les néo-conservateurs et leurs alliés ont perdu le soutien de l’électorat aux États-Unis, en Italie, en Espagne et en Angleterre - il ne leur reste qu’un seul espoir important : la France, avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. (...) Pour eux, c’est l’espoir d’en finir une fois pour toutes avec l’hydre à deux têtes constituée par ce qui reste de modèle social français et de la politique indépendante de la France. (...) Sa victoire représenterait une inféodation de la France à l’étranger comme il n’y en a jamais eu dans le passé, sauf suite à des défaites militaires." (3/16)

 En mai 2007, l'élection de Sarkozy à la présidence de la République française était immédiatement suivie d'une purge des services du renseignement : "Dans les jours qui ont suivi l'élection du néoconservateur Nicolas Sarkozy, ses partisans ont commencé, comme on le craignait, à purger les services de la surveillance et de la sécurité nationales. (...) Ces services vont connaître des dégraissages comparables à ceux observés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, au Danemark et en Italie sous la houlette de régimes néoconservateurs. Nos sources françaises au sein des milieux du renseignement nous indiquent que la DST et la DGSE s'attendent à des purges de type stalinien par les partisans de Sarkozy. Les agents ciblés seraient ceux proches du Parti socialiste ou considérés comme trop pro-arabes. Ces partisans comptent aussi s'attaquer aux agents ayant découvert les filières du financement de la campagne électorale de Sarkozy ainsi que ses engagements confidentiels dans le domaine de la politique étrangère grâce à la surveillance des télécommunications entre le prétendant à l'Elysée, son entourage et les responsables d'importantes organisations néoconservatrices américaines comme l'American Enterprise Institute ou l'American Jewish Committee. Certains de ces engagements sont en conflit avec les positions défendues par le président Jacques Chirac et par le premier ministre Dominique de Villepin." (3/17)

En juin 2007, le gouverneur Schwarzenegger était à Paris. Arnold était bien sûr reçu à l'Elysée, où il déclarait à la presse qu'il "admirait énormément" Nicolas Sarkozy et que ce dernier "apportait un sang neuf dans l'arène politique internationale". (3/18)

 La visite d'Arnold était suivie par celle de Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat américaine : "L'initiative de Nicolas Sarkozy et du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, de convoquer, lundi 25 juin à Paris, une réunion internationale sur le Darfour (ouest du Soudan), est accueillie favorablement à Washington. L'administration Bush a décidé de s'emparer de cette occasion pour afficher un regain de coopération avec la France sur un terrain nouveau : après le Liban, le nucléaire iranien et la lutte antiterroriste, il est désormais question d'unir les efforts pour mettre fin à un drame que les Etats-Unis ont qualifié de 'génocide', et la France de 'catastrophe humanitaire'. (...) Le Soudan a décliné l'invitation et l'Union africaine (UA) sera absente. (...) Cette présence de Mme Rice pendant les cinq heures de discussions vise à souligner les bonnes dispositions américaines à l'égard de M. Sarkozy. (...) L'implication de la France sur le Darfour est jugée utile à Washington, car Paris dispose de leviers dans la région (Tchad, Centrafrique) et de contacts que l'administration américaine n'a pas (Erythrée)." (3/19)

En juillet 2007, c'était au tour de l'American Jewish Committee de débarquer dans la capitale française. Cette venue confirmait la prise en mains de notre pays par l'empire israélo-américain : "Au cours d'une visite de trois jours à Paris, une délégation de dirigeants de l'AJC incluant David Harris (Executive Director), Larry Shelley (membre du National Board of Governors) et Jason Isaacson (Director of government and international affairs) a rencontré plusieurs officiels de haut rang du gouvernement français : Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, Jean-David Levitte, premier conseiller diplomatique du président Sarkozy, Catherine Albanel, ministre de la Culture et de la communication, et Boris Boillon, conseiller diplomatique du président pour le Moyen-Orient. Ils ont discuté du programme nucléaire iranien, de la présence du Hezbollah au Liban et du dossier israélo-palestinien. Le groupe a aussi rencontré Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères qui se trouvait à Paris pour discuter avec des officiels français, ainsi que les ambassadeurs israélien et américain, des dirigeants juifs français comme Richard Prasquier, le nouveau président du CRIF, et André Glucksmann et Pascal Bruckner, deux intellectuels connus du pays." (3/20)

 Au début du mois d'août 2007, le Boston Globe, qui appartient au même groupe de presse que le New York Times et l'International Herald Tribune, annonçait en exclusivité l'arrivée du président Nicolas Sarkozy pour un séjour de deux semaines dans le New Hampshire. (3/21) Pour pouvoir informer leurs lecteurs, les journaux français devaient se contenter de puiser dans le Globe, car ni l'Elysée ni le consulat de France de Boston ni l'ambassade de France de Washington ne voulaient confirmer la nouvelle. (3/22) (3/23)

 Dans un premier temps, Sarkozy déclarait n'être venu aux Etats-Unis que pour y passer des vacances et réaliser ainsi un rêve de jeunesse en découvrant enfin cette "Amérique populaire" qu'il aimait tant. En réalité, il y était "invité par des amis" et séjournait dans une villa luxueuse louée 30.000 dollars par semaine en bordure du lac de Wolfeboro, une petite communauté huppée de la Nouvelle-Angleterre ; Le Figaro précisait que "certains habitués se demandent si ce n'est pas Frédéric Otto, un autre résident français de la ville, membre du conseil d'administration de la banque privée Edmond de Rothschild Europe, qui aurait donné l'idée au président français de choisir ce lieu de villégiature". (3/24) Quelques jours plus tard, un communiqué de la Maison Blanche révélait le réel motif du séjour de Sarkozy : "Le Président et Madame Bush ont invité le président français, Nicolas Sarkozy, et son épouse à un déjeuner privé, qui aura lieu le 11 août 2007 à Kennebunkport (Maine) dans la résidence de l'ancien président George H. W. Bush." (3/25) Cécilia Sarkozy n'ira finalement pas à cette rencontre au sommet que les médias s'évertueront d'abord à présenter comme une simple manifestation de la vieille amitié transatlantique en soulignant la modestie du repas partagé par le président français et la famille Bush au grand complet.

 Mais la portée politique de cette rencontre était trop évidente pour être complètement ignorée : "Le style de la rencontre, chaleureuse et simple, entre le président Bush et son homologue Nicolas Sarkozy marque une 'nouvelle ère' dans les relations entre les deux pays, relevait dimanche la presse américaine (...). M. Sarkozy (...) a reçu un accueil chaleureux habituellement réservé aux Britanniques', poursuit le journal de la capitale. 'Le président Bush, connu dans le passé pour la froideur manifestée à l'égard des Français, était pour ainsi dire rayonnant quand il a accueilli M. Sarkozy dans la maison familiale de ses parents'." (3/26)

Il s'agissait bien d'une réunion de deux chefs d'Etat au cours de laquelle ont été discutés "certains sujets internationaux", car "le président français, même s'il ne s'agissait pas d'un sommet, avait l'intention d'aborder les principaux sujets de l'actualité internationale - Irak, Iran, Liban, Afghanistan et Darfour." (3/27) (3/28) "On aurait pu s'émerveiller devant le privilège : Nicolas Sarkozy est, en sept ans de présidence de George W. Bush, seulement le deuxième chef d'Etat à être invité à Kennebunkport, la propriété des parents du président américain. Au lieu de quoi, chaque partie semble s'être forcée à minimiser l'importance du déjeuner prévu ce samedi. D'abord, Nicolas Sarkozy qui soulignait la semaine dernière que sa visite à George W. Bush n'était pas la raison de ses vacances dans le New Hampshire. Ensuite, le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow qui a répété à deux reprises qu'il s'agissait d'une invitation 'de Mme Bush à Mme Sarkozy', alors que le président français était 'dans les environs'. 'Il a certainement choisi un bon pays pour ses vacances, non ?', a plaisanté le porte-parole auprès de la presse américaine. 'La Maison Blanche est certainement euphorique', fait valoir Phil Gordon, analyste des relations américano-européennes à la Brookings Institution. 'Vous vous rendez compte ? A un moment où ils ont l'impression que plus personne ne les aime, le président d'un pays réputé anti-américain vient ostensiblement passer ses vacances aux Etats-Unis'. (...) Sarkozy a d'abord la qualité de ne pas être Jacques Chirac. Entre l'ancien président français et George Bush, le courant n'est jamais passé. (...) Avant même ses vacances en Nouvelle-Angleterre, Sarkozy avait une réputation américanophile. "Un Américain à Paris", titrait l'éditorial du New York Sun après sa victoire. (...) Aux Etats-Unis, même des personnalités de gauche ont apprécié les choix de Bernard Kouchner et de Dominique Strauss Kahn. (...) Autre source de confiance a priori en l'équipe Sarkozy, le rôle de conseiller diplomatique accordé à Jean-David Levitte, l'ancien ambassadeur français, coqueluche des cercles politiques américains. Washington préfère de loin un binôme Sarkozy-Levitte à un duo Chirac-Villepin." (3/29)

 Durant son séjour, Sarkozy était encensé par Rudoph Giuliani, un farouche sioniste proche des milieux néoconservateurs américains : "Le président français (...) est ravi de ses vacances américaines. 'C'était fantastique', dit-il en interrompant son jogging. 'La France est de retour. Il n'y a plus de problème', ajoute-t-il à propos de la relation franco-américaine. (...) Du côté républicain au moins, il s'est gagné des amis. Rudolph Giuliani, l'ancien maire de New York candidat à l'élection présidentielle a un nouveau livre de chevet, Témoignage de Nicolas Sarkozy, 'un des meilleurs livres que j'ai lus cet été'." (3/30) "'Le lendemain du jour où il a été élu, un grand quotidien a titré 'le Rudy français', je peux vous dire que j'ai apprécié', raconte 'Rudy' Giuliani au Figaro. Dans un débat entre républicains, l'ancien maire de New York avait même brandi cette page du New York Post comme le signe d'une victoire à venir." (3/31) Ce fervent admirateur de Sarkozy est opposé à la création d'un Etat palestinien. En tant que maire de Big Apple, il avait, lors de la célébration du 50ème anniversaire des Nations-Unies, interdit à Yasser Arafat toute participation aux événements municipaux. Il prêche aujourd'hui en faveur d'une intégration d'Israël au sein de l'OTAN. Pour sa campagne présidentielle, Giuliani s'est entouré de membres de l'American Enterprise Institute (AEI), de la Hoover Institution et l'Heritage Foundation. Il a notamment enrôlé le néoconservateur juif Norman Podhoretz, l'un des principaux collaborateurs à la revue Commentary, qui cherche à tout prix à provoquer une guerre contre l'Iran... (3/32) (3/33) (3/34) Or, "sur le dossier iranien, M. Giuliani se montre plus directement menaçant que le président Bush. 'Les théocrates qui dirigent l'Iran doivent comprendre que nous pouvons manier la carotte aussi bien que le bâton, en minant le soutien populaire à leur régime, en nuisant à l'économie iranienne, en affaiblissant l'armée iranienne et, si tout le reste échouait, en détruisant son infrastructure nucléaire', dit-il." (3/35)

 Deux jours après le retour de Sarkozy à Paris, son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, effectuait une visite surprise en Irak, la première du genre depuis l'invasion américaine du printemps 2003. (3/36) On se souvient que, cette année-là, le même Kouchner s'était prononcé en faveur d'une intervention militaire en Irak et qu'il avait ainsi rejoint le camp des autres juifs sionistes français que sont Pierre Lellouche, Alain Finkielkraut, André Glucksmann ou Shmuel Trigano. (3/37) (3/38) Sa visite en Mésopotamie, confinée à la seule Zone Verte de Bagdad, lui permettra cette fois-ci de plaider pour une "solution irakienne". Selon lui, la communauté internationale devrait "soutenir la préservation de la souveraineté, de l'intégrité et de la démocratie en Irak". Et d'affirmer : "C'est un problème irakien et il doit être réglé par les Irakiens." (3/39) La visite de Kouchner en Irak n'a certes pas plu à tout le monde. Pour Jean-Pierre Chevènement, qui semble s'inquiéter à juste titre de la nouvelle politique étrangère de l'Elysée, "la France gaspille le bénéfice de son non-alignement. (...) Si Nicolas Sarkozy pensait vraiment, comme il l'a dit en janvier 2007, que l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis était une erreur, pourquoi la couvre-t-il aujourd'hui ?" (3/40) Réaction négative également du côté de Dominique de Villepin : "A propos de l'Irak, celui qui fut aussi ministre des affaires étrangères et ardent défenseur du refus de la guerre, a appelé à avancer 'les yeux ouverts' et à 'être lucides'. 'Donner une caution aujourd'hui à l'administration Bush sur l'Irak et sur beaucoup d'autres sujets, ce serait une erreur monumentale', a-t-il averti." (3/41) Peu après son passage à Bagdad, Kouchner provoquait un sérieux incident diplomatique : "[Le premier ministre] Nouri al-Maliki a dénoncé avec virulence des propos attribués à Bernard Kouchner appelant à son départ du gouvernement, exigeant même des excuses de la France, quelques jours après la visite inédite du ministre français des Affaires étrangères à Bagdad. (...) Nouri al-Maliki réagissait apparemment à une interview du ministre français publiée par l'hebdomadaire américain Newsweek du 24 août dans laquelle le 'French doctor' est cité comme favorable à un changement à la tête du gouvernement irakien (...) : "Oui. Je viens d'avoir [la secrétaire d'Etat] Condoleezza Rice au téléphone il y a dix ou quinze minutes et je lui ai dit : 'Ecoutez, il doit être remplacé.'" (3/42)

A SUIVRE...


SourcesAlter Info

Posté par Adriana Evangelizt

        

 

Publié dans Sarkozy-Israel

Commenter cet article