Sarkozy se rend à Bethléem, au pied du mur de séparation

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Nous allons dire ce que nous pensons. Nicolas Sarkozy est certainement allé bien plus loin que personne en ce qui concerne son discours à la Knesset. Bien plus loin que personne pour dire la vérité et ce qu'il pensait que cela soit sur la création d'un Etat Palestinien, Jérusalem capitale des deux peuples et l'arrêt de la colonisation. Il est allé plus loin que Bush en tout cas. On pense même qu'il a été interrompu pendant son discours par des extrêmistes qui, eux, ne veulent rien concéder du tout. Parce qu'il faut bien savoir quand même que les sionistes pensent qu'il n'en fait pas assez. Il n'y a qu'à lire les propos du quotidien Haaretz pour comprendre de quoi il retourne. Il estime que si le président français persiste à mener une politique en "zigzag", la "nouvelle romance" entre Paris et Jérusalem risque de "tourner court" et de finir dans l'amertume, "comme les histoires d'amour que chante sa femme". Tout est critiqué de la visite de Khadafi au rapprochement avec la Syrie. Voir article posé hier.




Sarkozy se rend à Bethléem, au pied du mur de séparation


par Emmanuel Jarry



BETHLEEM (Reuters) - Nicolas Sarkozy a traversé la barrière de sécurité dressée par les Israéliens autour de la Cisjordanie pour rencontrer à Bethléem le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au lendemain de son discours devant le Parlement israélien, la Knesset.

En franchissant le check point israélien à l'unique accès en provenance de Jérusalem, le président français a pu avoir un aperçu de la réalité quotidienne du conflit israélo-palestinien.

Ici, la barrière de sécurité prend la forme d'un mur de béton de près de 10 mètres de haut ponctué de miradors, qui sinue au ras de cette ville de 30.000 habitants, isolant parfois une maison dans un de ses replis.

Côté palestinien, il est couvert de graffitis et de tags comme l'était le mur de Berlin, parfois avec humour. "Rendez-moi mon ballon !" a ainsi écrit à un endroit un footballeur anonyme.

L'inscription "Ich bin ein Berliner" ("Je suis un Berlinois") barre tout un autre pan de ce que les Palestiniens appellent "le mur de séparation", voire "le mur de la honte".

A son arrivée au palais du président de l'Autorité palestinienne en milieu de journée, Nicolas Sarkozy a été accueilli par Mahmoud Abbas, qui lui a donné l'accolade. Les deux hommes ont eu ensuite un entretien et un déjeuner.

L'épouse du président français, Carla, qui avait visité dans la matinée un service de soin des enfants israéliens et palestiniens dans un hôpital israélien de Jérusalem, devait pour sa part rencontrer à Bethléem des femmes palestiniennes.

Nicolas Sarkozy ne doit rester que quelques heures dans cette ville, lieu présumé de la naissance du Christ, limitrophe de Jérusalem mais complètement isolée de la ville sainte désormais par le mur.

C'est la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui est allée à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, déposer une gerbe sur la tombe du dirigeant palestinien Yasser Arafat.

Bethléem, aujourd'hui peuplée à 65% de musulmans, vit essentiellement du tourisme et du pèlerinage, deux activités qui subissent de plein fouet l'effet "mur de séparation". L'autre source traditionnelle de revenus pour ses habitants - un travail en Israël - s'est tarie.

"Avant le mur, 8.000 personnes travaillaient en Israël. Aujourd'hui, ils ne sont pas plus d'un millier", explique un collaborateur du maire de Bethléem, Victor Batarseh.

SCEPTICISME

Nicolas Sarkozy devait signer avec Mahmoud Abbas une déclaration commune lançant un projet de zone industrielle franco-palestinienne à Bethléem, qui a accueilli en mai une conférence internationale pour l'investissement en Palestine.

Les islamistes du Hamas ont obtenu cinq des sept sièges réservés aux musulmans dans le conseil municipal lors des dernières élections locales, en 2005.

Nicolas Sarkozy refuse de dialoguer avec le Hamas tant que celui-ci n'aura pas rempli trois conditions : reconnaissance d'Israël, fin des violences et respect des accords passés.

"Le Hamas représente incontestablement une partie de la rue palestinienne", reconnaît cependant la présidence française.

Comme 12 personnalités palestiniennes rencontrées lundi par Nicolas Sarkozy au Consulat général de France à Jérusalem, les élus et les habitants de Bethléem ont apprécié les propos tenus par le président français à la Knesset, même si l'homme de la rue ne l'a pas écouté en direct à la télévision israélienne.

Ils retiennent notamment de son discours son appel à la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël, à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats et à l'arrêt de la colonisation israélienne en Cisjordanie.

Leur satisfaction est cependant teintée de scepticisme.

"C'est la première fois qu'un chef d'Etat occidental dit la vérité aux Israéliens dans leur quartier général", a déclaré à Reuters Khalil Shokeh, conseiller municipal de Bethléem sous l'étiquette du Fatah. "C'est très bien mais ce n'est pas assez. Il faut que d'autres parlent aussi."

Il serait à ses yeux illusoire de croire que la France peut prendre la place des Etats-Unis comme "faiseur de paix".

"Sarkozy est quelqu'un de bien, mais à 50/50 avec les Palestiniens, pas à 100%", estime pour sa part Nadia, une commerçante de Bethléem d'une quarantaine d'années. "Où est De Gaulle ? Où est Mitterrand ? Ici les Palestiniens disent que Sarkozy aime les Juifs mieux que les Palestiniens. Il parle mais nous voulons voir quelque chose."

Lundi, une des personnalités palestiniennes rencontrées par Nicolas Sarkozy, Huda Imam, directrice du Centre d'études sur Jérusalem de l'université al-Quds espérait que Nicolas Sarkozy parlerait avec Mahmoud Abbas de la façon de mettre en oeuvre "ses belles paroles".

"Ce n'est pas seulement les paroles qui comptent, c'est aussi l'application de ce qu'on dit", a-t-elle déclaré à des journalistes.

Sources Reuters

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-Israel

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