La France, Israël et le monde arabe

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Une des premières réactions arabes alors que l'Express disait qu'aucun médias arabe ne parlait de ce voyage. Faux. On imagine même sans peine combien son discours a dû être décortiqué. On aimerait connaître la position de l'Iran. Là, apparemment, venant du Matin Maroc, c'est plutôt bien perçu.


La France, Israël et le monde arabe


Ce que le président Nicolas Sarkozy a déclaré, mardi, devant les membres de la Knesset (parlement israélien) dans le discours prononcé à l'occasion de sa visite officielle de deux jours en Israël, peut satisfaire les uns et mécontenter les autres. Et de fait, le président français, du haut de la tribune parlementaire israélienne, a dit les choses comme chaque partie espérait l'entendre : des vérités annoncées avec courage et conviction.

Non que son amitié profonde proclamée pour Israël en soit altérée ou simplement temporisée. Nicolas Sarkozy a toujours défendu l'existence de l'Etat et du peuple d'Israël sur une terre partagée par un vote des Nations unies en novembre 1948, portant création de deux Etats et que la France a soutenu. Mais il a fait reculer la frontière de l'attentisme et des tergiversations : il a demandé la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël.

Mais il a certainement pris conscience de la nécessité de faire cohabiter deux Etats, la Palestine et Israël dans un même cadre, reconnu par les puissances et les peuples du monde. Il s'inscrit, en effet, dans la tradition de la diplomatie française. Depuis le général de Gaulle qui n'avait pas hésité en juin 1967 à dire d'Israël que c'est « un peuple sûr de lui et dominateur », la France n'a jamais cessé de soutenir le principe de deux Etats. En choisissant la Knesset, lieu symbolique, Nicolas Sarkozy l'a solennellement réitéré.

Cependant, on doit retenir deux principales choses de ce message prononcé « ex cathedra », l'impératif de création d'un Etat palestinien indépendant, reconnu par la communauté internationale dans ses frontières légitimes et le fait que la ville sainte, Al-Qods ( Jérusalem pour les Israéliens), soit la bi-capitale des deux Etats, palestinien et israélien. Peut-être, une telle affirmation lancée avec une rare conviction par un chef d'Etat occidental, heurte-t-elle plus les extrémistes israéliens qu'arabes ! Mais elle recadre bel et bien l'esprit des protagonistes à un moment où l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis mettent activement la main à la relance de la « feuille de route » pour des négociations décisives.

Ce que le président français a affirmé s'apparente quelque peu aux décisions du Sommet d'Annapolis (Etats-Unis). Mais la France prend désormais les devants, après avoir abrité il y a quelques mois la Conférence internationale des donateurs. L'appel solennel de Sarkozy à la création d'un Etat palestinien et à la nécessité de faire de Jérusalem une capitale aux deux Etats, a été entendu par tous les peuples comme un appel de raison, même si d'aucuns estiment, à tort ou à raison, que son cœur balance côté israélien. Il a par ailleurs recommandé l'arrêt immédiat de la politique de colonisation des terres arabes, préconisée par l'extrême-droite israélienne, ce qui est encore tout à son honneur.

C'est dire que la voix de la France, à un moment où l'Amérique est entièrement plongée dans la campagne électorale, est porteuse. Du général de Gaulle au président Sarkozy, en passant par Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac, la France s'est évertuée à promouvoir l'équilibre– inégalé selon les uns et les autres– entre Israël et les pays arabes. On peut imaginer aujourd'hui, et le Sommet de l'Union pour la Méditerranée du 12 juillet prochain nous le dira, que Paris opère un retour sur la scène arabe et que le discours à la Knesset en constitue le premier pas difficile.

Sources
Le Matin

Posté par Adriana Evangelizt

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