Selon un témoin, Rudy H. n'était pas seul lors de son agression

Publié le par Adriana EVANGELIZT

On commence à y voir un peu plus clair. La cohorte sioniste est passé à l'attaque pour crier au loup ! A savoir à l'antisémitisme ! mais c'est pas ça du tout !



Selon un témoin, Rudy H. n'était pas seul lors de son agression



par Isabelle Mandraud


Rudy H., le jeune juif violemment agressé samedi 21 juin dans le 19e arrondissement de Paris était-il seul au moment des faits ? Les enquêteurs n'en sont plus du tout sûrs. Selon un adulte présent lors du drame, le jeune homme, âgé de 17 ans, qui portait sa kippa, faisait partie d'un groupe.

Il aurait été le seul à ne pas parvenir à s'échapper, et se serait ainsi fait rouer de coups. Ce témoignage, considéré comme solide par la police, accréditerait un peu plus la thèse d'une bagarre entre bandes. De fait, les incidents s'étaient multipliés tout au long de la journée dans ce quartier de Paris où s'affrontent depuis plusieurs semaines des jeunes juifs et des jeunes noirs.

Dans ce cas, il ne s'agirait plus d'une agression isolée. Les cinq mineurs, âgés de 14 à 17 ans, interpellés peu après l'agression et placés en garde à vue 48 heures, ont été déférés au parquet de Paris pour "non assistance à personne en péril". Ils ne font pas partie des auteurs des coups portés à la victime, mais ils auraient assisté à la scène. Selon une source policière, leur garde à vue n'aurait pas apporté beaucoup d'information. Dans la foulée, mardi, une information judiciaire devait être ouverte.
 
"CHAMP PÉNAL"

Lundi, Rudy H. est sorti du coma artificiel dans lequel il avait été plongé, mais les enquêteurs n'ont toujours pas pu l'entendre.

La police a confirmé qu'il était connu de ses services. Le 9 décembre 2007, Rudy H. avait été interpellé aux abords de Bercy, à Paris, à l'issue d'une bagarre intercommunautaire entre jeunes juifs et maghrébins. Mis en examen pour violence "avec arme par destination" – il s'était servi de son casque de scooter –, Rudy H. avait été, depuis, placé sous contrôle judiciaire. Mardi 24 juin, il avait justement rendez-vous avec un juge du tribunal pour enfants de Paris.

"Cette histoire n'a rien à voir avec son agression, et depuis le mois de décembre, c'est un enfant qui ne bouge plus", s'insurge son avocate Francine Berrebi-Freoa, qui décrit un garçon "frêle, pas du tout un colosse", "effrayé" par sa mise en examen.

Selon la police, Rudy H. pourrait toutefois être impliqué dans une autre affaire. De source judiciaire, on indique que son nom "apparaît plusieurs fois dans le champ pénal".

"Les événements de décembre n'ont même pas été encore instruits. On ne peut pas salir Rudy comme ça !", s'indigne son avocate, qui se dit "scandalisée par les amalgames". Elle indique aussi ne pas avoir pu encore s'entretenir avec son jeune client, qui porte de "nombreuses plaies sur le visage" et est encore dans l'incapacité de s'exprimer.

Issu d'une famille pratiquante, mais n'appartenant pas au mouvement Loubavitch, Rudy H., fils d'un commerçant et d'une conseillère en orientation dans l'éducation nationale, est l'aîné d'une fratrie de trois enfants. Résidant en proche banlieue, à Pantin (Seine-Saint-Denis) il venait d'achever, en formation par alternance, un BEP de plomberie au lycée technique Ort, rue des Rosiers, à Paris, et s'apprêtait à partir, le 2 juillet, en Israël dans le cadre du volontariat civil.

Mardi matin, interrogé sur Radio J, le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a fait volte-face, en déclarant que l'agression contre Rudy H. était "notoirement antisémite" après avoir estimé, la veille, que le caractère antisémite était "probable" mais "pas certain". "Ce qui vient de se passer ce week-end est quelque chose d'immonde, notoirement antisémite, d'une rare violence", a insisté M. Berheim, qui s'est rendu au chevet de la victime.

Sources
Le Monde

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