La fusillade de Carcassonne : une "erreur humaine"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Une erreur humaine, c'est un peu gros. On veut vraiment nous faire avaler n'importe quoi...


La fusillade de Carcassonne : une "erreur humaine"


Le militaire, qui a fait 17 blessés lors d'une démonstration dimanche, a agi "involontairement" et "absolument pas de manière préméditée", a indiqué le procureur. Plus tôt, Nicolas Sarkozy a évoqué "des négligences inacceptables". Les trois autres militaires placés en garde vue ont été relâchés.

Le sergent, auteur présumé de la fusillade à balles réelles dimanche au 3e RPIMa de Carcassonne qui a fait 17 blessés, reste seul en garde à vue tandis que les trois autres militaires ont été relâchés, a déclaré lundi 30 juin à Carcassonne le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin.
"Je viens de faire libérer les trois autres personnes qui étaient en garde à vue", en dehors du tireur présumé, a déclaré le procureur à la presse.
"Les quatre (gardés à vue, ndlr) étaient les quatre qui tiraient avec un Famas (fusil d'assaut, ndlr)", a-t-il dit. "On voulait avoir la certitude qu'un seul avait tiré à balles réelles", a précisé le procureur.
Le militaire, sergent du 3e RPIMa, devrait être présenté mardi devant un juge d'instruction à Montpellier. Il devrait être mis en examen "pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois", a déclaré le procureur.
Il a ajouté qu'il retiendrait "vraisemblablement une circonstance aggravante", insistant sur le fait que le militaire avait "violé les règles de sécurité".

"Erreur humaine"


Le militaire a agi "involontairement", par "maladresse", "absolument pas de manière préméditée" et le drame est la conséquence d'une "erreur humaine", a déclaré le procureur de la République de Montpellier.
L'auteur des faits, un sergent du 3e RPIMa, devrait être présenté mardi devant un juge l'instruction à Montpellier.
"Nous demanderons qu'il soit mis en examen pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois", a déclaré le procureur.
Il a ajouté qu'il retiendrait "vraisemblablement une circonstance aggravante", insistant sur le fait que le militaire avait "violé les règles de sécurité".

Alcoolémie négative

"Ces balles (réelles) provenaient d'un résidus de tirs d'une opération datant de fin juin", a ajouté le procureur. "Il n'était pas normal qu'il ait ces balles sur lui. C'est bien pour cela qu'il est en garde à vue", a-t-il souligné.
"L'étude de la chaîne d'éventuelles autres responsabilités se fera dans un deuxième temps. C'est pourquoi on ouvre une information judiciaire afin que le juge d'instruction puisse sérieusement définir les différentes responsabilités éventuelles", a poursuivi le procureur de la République.
Il a précisé que le parquet de Montpellier était un "parquet militaire", qui est "compétent pour cette affaire qui s'est déroulée dans une enceinte militaire".
Les tests d'alcoolémie du sergent auteur des coups de feu se sont révélés négatifs et les tests de recherche de stupéfiants éventuels sont en cours, a ajouté Brice Robin.

"Des négligences inacceptables" pour Sarkozy

Un peu plus tôt, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'"il y a eu des négligences inacceptables" qui "devront être sanctionnées".
Le chef de l'Etat a rencontré à l'hôpital de Carcassonne des victimes parmi les 17 personnes blessées par balles dimanche.
"La réaction sera rapide et sévère", a-t-il averti. "Ce sont des professionnels, cela ne peut pas rester sans conséquence", a-t-il déclaré.
"Je suis consterné par ce qui s'est passé", a ajouté Nicolas Sarkozy, rappelant qu'il s'exprimait en tant que président de la République, mais également en tant que chef des armées.
Il était accompagné du ministre de la Défense, Hervé Morin, du général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de Terre, et du maire UMP de Carcassonne, Gérard Larrat.
Le président de la République devait ensuite se rendre au CHU Purpan de Toulouse, au chevet de trois enfants blessés par balles lors de la fusillade.

Un accident, selon l'armée

De son côté, le colonel Benoît Royal, chef du service d'informations de l'armée de terre (SIRPA-Terre), a déclaré que le drame relevait "à 99,9% (d')une faute non volontaire due à un mélange de munitions réelles et à blanc".
Pour lui, des munitions à balles réelles ont été "conservées indûment". Il s'agit désormais de la "thèse privilégiée" par l'armée de terre, a-t-il ajouté.
La thèse de l'accident est également soutenue par les enquêteurs, selon une source proche du dossier.
Le colonel Royal a souligné que des munitions à balles réelles ne pouvaient être perçues par les militaires que dans trois cas: les exercices réalisés précisément à balles réelles sur un champ de tir ou dans un stand de tir, les gardes autour de points sensibles ou les patrouilles "vigipirate".

"Des manquements", pour Hervé Morin


"Il n'a pas ouvert le feu en direction de la foule, mais sur d'autres militaires qui simulaient des preneurs d'otages et se déplaçaient sur fond de foule", cette dernière se trouvant autour du terrain, a affirmé le colonel Royal.
Le ministre de la Défense avait déclaré peu avant sur France-Info : "Ce qui est certain c'est qu'il y a eu des fautes, des manquements dans les procédures puisque en aucun cas ce militaire, qui est un militaire confirmé appartenant à un régiment d'élite, n'aurait dû avoir à la fois un chargeur et des balles réelles avec lui".
Le président du Nouveau Centre a expliqué que "les procédures qui font que vous devez rendre les balles qui n'ont pas été utilisées après chaque exercice doivent normalement empêcher ce genre de choses mais, de toute évidence, il y a eu là un soldat qui avait avec lui des balles réelles d'une part et d'autre part qui avait un chargeur qu'il n'avait pas rendu".
Si "certains parmi les 17 blessés sont déjà sortis de l'hôpital, en revanche il y a encore deux ou trois personnes qui sont traitées (...) dont l'état est très grave, a prévenu Hervé Morin, ajoutant que "les médecins continuent à réserver leur pronostic pour notamment deux d'entre eux."

"Geste criminel ou pas"

"Pour le moment il est trop tôt pour se prononcer" quant aux conclusions de l'enquête, mais selon Hervé Morin, il apparaît improbable que ce "militaire qui a 8 ans d'expérience ayant participé à de nombreuses opérations extérieures" ait pu confondre les munitions puisque "les balles réelles sont d'une couleur" et "que les balles à blanc sont d'une autre couleur".
"La question qui se pose, c'est: est-ce que le militaire a eu un geste criminel ou pas. Evidemment, pour l'instant, personne ne peut y répondre (...) mais la thèse qui prédomine, c'est qu'il y a eu une erreur", a déclaré sur France-3 le préfet Bernard Lemaire qui a précisé que l'auteur des tirs avait été placé en garde à vue au commissariat de Carcassonne.

Film de la scène


"La scène a été filmée par l'armée", a-t-il par ailleurs précisé en ajoutant que les images seraient saisies par la justice. La thèse d'une erreur de chargeur, ne contenant pas comme prévu des balles à blanc, est évoquée.
Selon le ministère de la Défense, les faits se sont produits lors d'une "démonstration du savoir-faire de l'unité" dans un "espace ouvert" de la caserne, située en centre-ville. Il y avait eu déjà cinq présentations similaires de 20 minutes montrant des techniques d'intervention de libération d'otages. Le drame s'est produit au cours de la sixième et dernière.

Sources
Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-OTAN-Nucleaire

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