Traité Européen : La Pologne veut dire "non" aussi

Publié le par Adriana EVANGELIZT

L'Irlande a dit non, la Pologne va dire non, il serait peut-être temps de prendre en considération le vote des Français.



La Pologne veut dire "non" aussi


Le président conservateur polonais Lech Kaczynski a annoncé qu'il ne ratifierait pas le traité européen de Lisbonne, estimant qu'il est "sans objet" après son rejet par les électeurs irlandais, dans une interview publiée mardi
au quotidien Dziennik..

Le parlement polonais a pourtant, dès avril, approuvé la ratification du traité destiné à réformer le fonctionnement des institutions européennes. Mais, selon la Constitution polonaise, c'est le président qui ratifie en dernier ressort les traités, sans aucune obligation.

Un nouveau coup à la présidence française...

La défection de Lech Kaczynski, annoncée au premier jour de la présidence française de l'UE, porte un coup sérieux aux efforts du président français Nicolas Sarkozy qui entendait limiter à la seule Irlande le problème de la ratification.

"La première priorité pour nous est de circonscrire le problème aux Irlandais" et de faire que les autres pays européens "continuent de ratifier", a déclaré lundi soir Nicolas Sarkozy dans une interview télévisée sur France 3. veut dire "non" aussi

Nicolas Sarkozy a souhaité lundi soir "circonscrire le problème" du traité de Lisbonne "aux Irlandais" et espéré que les autres pays continuent de le ratifier. Problème: le président polonais a annoncé qu'il ne le ferait pas.

Le refus polonais s'ajoute au problème tchèque, où la ratification est loin d'être acquise, en raison de l'euroscepticisme d'une partie de la droite libérale au pouvoir à Prague, à commencer par le président Vaclav Klaus.

Autre obstacle, en Allemagne: le président allemand Horst Köhler a annoncé lundi qu'il attendrait, avant de promulguer la loi portant ratification du traité de Lisbonne, l'avis de la Cour constitutionnelle, actuellement saisie de plaintes contre ce traité. Un député conservateur bavarois et le groupe parlementaire de gauche radicale Die Linke ont émis des doutes sur la constitutionnalité du traité.

"Et pourtant, elle fonctionne!"

"Il est difficile de dire comment cela se finira. En revanche, l'affirmation selon laquelle il n'y a pas d'Union s'il n'y a pas de traité n'est pas sérieuse", a affirmé le président Kaczynski.

Il a souligné que le même raisonnement avait été tenu par les partisans de la Constitution au moment de son rejet par les électeurs français et néerlandais en 2005.L

"Et pourtant l'Union a fonctionné, elle fonctionne et elle continuera de fonctionner", a dit le président Kaczynski, "bien sûr, elle n'est pas idéale, mais une structure à ce point compliquée ne peut être idéale".

Le président polonais a également mis en garde les autres dirigeants de l'Union contre une tentation d'isoler l'Irlande. "Si on brise la règle de l'unanimité une fois, elle n'existera plus jamais. Nous sommes trop faibles pour accepter ce genre de solution", a-t-il dit.

Paradoxalement, Lech Kaczynski refuse de ratifier un texte qu'il a lui-même longuement négocié avec son frère jumeau, Jaroslaw Kaczynski, alors Premier ministre et aujourd'hui chef du plus grand parti d'opposition.

Mais, depuis sa cinglante défaite aux élections parlementaires de novembre, le parti conservateur des frères Kaczynski a repris de vieilles attitudes eurosceptiques.

Le traité de Lisbonne, censé rendre l'Europe plus efficace, a été rejeté le 12 juin par les Irlandais, dans un référendum, avec une majorité de 53,4% de Non. L'Irlande était le seul pays où le texte très touffu du traité de Lisbonne était soumis au référendum.

Lors de leur récent sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont affirmé que le processus de ratification se poursuit mais ont dû accepter une demande irlandaise de ne pas chercher à surmonter la crise avant le prochain sommet, dans quatre mois en octobre.

Sources
L'Express

Posté par Adriana Evangelizt

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