Fusillade de Carcassonne: démission du chef d'état-major de l'armée de terre

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Fusillade de Carcassonne: démission du chef d'état-major de l'armée de terre



Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche Cuche, a payé mardi au prix fort la bavure sanglante de Carcassonne, par sa démission, annoncée laconiquement par l'Elysée.

Dix-sept personnes, dont quinze civils et des enfants, ont été blessées dimanche, certaines grièvement, par des tirs à balles réelles lors de ce qui devait être une démonstration de libération d'otages par le 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) dans une caserne de Carcassonne.

"Le président de la République, chef des armées, a accepté la démission que lui a présentée le général d'armée Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de terre", a déclaré la présidence dans un communiqué.

Parlant d'un "geste fort" mais sans rendre hommage au général Cuche, figure respectée des armées, l'Elysée a souligné une nouvelle fois que le président suivait "avec attention les différentes enquêtes en cours".

"Il entend que les armées en tirent toutes les conséquences quant à leur organisation et leur fonctionnement", a réaffirmé aussi la présidence.

La démission du général Cuche a été annoncée alors que le ministre de la Défense Hervé Morin lui avait demandé le matin même de prononcer à "titre conservatoire" des "sanctions immédiates" dans l'affaire de Carcassonne, "sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaire et de commandement".

Juste avant de démissionner, le général Cuche a du reste suspendu le sergent de 28 ans auteur des coups de feu. Toujours en garde à vue mardi, celui-ci devait être mis en examen dans la journée pour "blessures involontaires", la justice privilégiant l'hypothèse d'une "erreur humaine" et d'"un acte involontaire".

Le général Cuche s'est refusé à toute déclaration publique mais à fait adresser un "message d'information" aux 130.600 civils et militaires de l'armée de terre. Ce message confirme sa décision de démissionner, "assumant jusqu'au bout la plénitude de ses responsabilités".

Commentaire d'un officier interrogé sous couvert de l'anonymat par l'AFP: "le chef de l'Etat s'en prend à la hiérarchie, c'est une crise de confiance entre l'Elysée et l'institution militaire".

"Le général Cuche a été extrêmement marqué par les propos du président de la République lundi à Carcassonne", a ajouté cet officier.

De sources proches du dossier, le président Sarkozy aurait exprimé lundi son "fort mécontentement" au général Cuche, accouru à Carcassonne dès dimanche soir.

Nicolas Sarkozy avait manifesté publiquement sa colère à deux reprises lundi, sur place et sur France 3, où il s'était dit "accablé" par une affaire qui "ne peut rester sans conséquences".

Le général Cuche, 60 ans, devait quitter prochainement ses fonctions. Il était pressenti pour occuper ensuite les fonctions prestigieuses de gouverneur des Invalides. L'interim à la tête de l'armée de terre sera assuré par son bras droit, le général Elrick Irastorza.

Selon M. Morin, le général Cuche avait évoqué "dès le dimanche soir" la possibilité d'une démission dans l'avion qui les conduisait à Carcassonne.

"C'était quelque chose qu'il avait en tête parce que c'est un très grand militaire, parce que c'est un homme qui a conscience de ses responsabilités, qui a conscience de l'image de l'armée de terre", a souligné M. Morin.

L'affaire de Carcassonne intervient au moment où ce dernier s'apprête à annoncer les restructurations de la Défense qui, pour l'armée de terre, se traduiront par une réduction de 17% des effectifs. La suppression d'une vingtaine de régiments serait envisagée.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans Sarkozy-OTAN-Nucleaire

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