Trois jours après Carcassonne: nouvel avis de tempête sur la Défense

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Trois jours après Carcassonne: nouvel avis de tempête sur la Défense



La Défense traversait mercredi, après le drame de Carcassonne et la démission du patron de l'armée de terre, une zone de très fortes turbulences avec, dernier épisode en date, le report de l'annonce de restructurations, tant redoutées des militaires et des élus locaux.

Ces dizaines de fermetures de bases ou de suppressions de régiments devaient être rendues publiques "début juillet".

Le président Nicolas Sarkozy en avait pris lui-même l'engagement dans un courrier personnellement adressé à chacun des 320.000 militaires français et le ministre de la Défense les avait promises "entre le 3 et le 8 juillet".

L'annonce n'interviendra finalement "qu'après le 20 juillet", au coeur de l'été, des vacances scolaires et des "perm'" des militaires, une décision prise mercredi matin lors d'une nouvelle réunion interministérielle à l'Elysée.

"La copie du ministère de la Défense sur les restructurations est prête, mais il faut encore approfondir les mesures d'accompagnement économiques et portant sur l'aménagement du territoire", a-t-on justifié de source proche du dossier.

"Après cinq ou six reports, celui-ci est extrêmement mal vécu: il y a la lettre du président et ce sera interprété comme un manque supplémentaire de considération et un manquement à la parole donnée", assène à l'AFP un officier interrogé sous couvert d'anonymat.

"Les gens sont assommés, tous les agendas chamboulés et, d'ailleurs plus personne ne croit aujourd'hui que les annonces interviendront encore en juillet", ajoute cet officier.

Depuis la mi-juin et l'annonce de la suppression de 54.000 postes dans la défense, le moral des troupes est en berne, une situation encore aggravée par l'affaire de Carcassonne.

Dans l'opposition, le PS a réclamé la tête du ministre, pour sa gestion de ce drame. "Je demande la démission d'Hervé Morin et un exercice responsable des fonctions politiques", a lancé le député européen (PS) Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal.

Le PCF a dénoncé, lui, "la légèreté du ministre de la Défense".

Quant au général Bruno Cuche, qui a démissionné mardi de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée de terre, il a de nouveau assuré que sa décision n'était liée qu'à la bavure de Carcassonne, où un sergent à ouvert le feu à balles réelles sur le public lors d'une démonstration.

"J'ai présenté ma démission au ministre (...) parce que -et uniquement parce que- j'estimais qu'en tant que chef militaire je portais la responsabilité de ces graves dysfonctionnements", a écrit le général Cuche dans une lettre au chef du cabinet militaire du ministre.

Selon des sources militaires, le président Sarkozy qui s'était rendu lundi au chevet des victimes du drame de Carcassonne, avait reproché en substance au général Cuche "l'amateurisme" des forces armées.

Plusieurs médias ont rappelé aussi le courrier du général Cuche qui mettait en garde en janvier contre une "paupérisation" de l'armée de terre.

Entre-temps, les critiques se sont accumulées autour du Livre blanc sur la défense, culminant avec une tribune publiée le 19 juin dans Le Figaro par "Surcouf", un groupe d'officiers généraux et supérieurs.

Sur une pleine page et sous couvert d'anonymat, ils dénonçaient un "déclassement militaire" de la France ravalée selon eux "dans la division de l'Italie".

En attendant, l'armée de terre a un nouveau chef d'état-major: le général Elrick Irastorza, 57 ans, nommé dès mercredi en Conseil des ministres.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-OTAN-Nucleaire

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