Abdoulaye Wade: "L'UPM ne sera pas sans conséquences sur l'Afrique au sud du Sahara"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

DAKAR, 16 juillet (Xinhua) -- Le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est dit convaincu que l'Union pour la Méditerranée (UPM) ne sera pas sans conséquences sur l'Afrique au sud du Sahara, tant au point de vue politique qu'économique.

"C'est le cadre de construction de notre avenir même qui sera remodelé", écrit notamment le chef de l'Etat dans une déclaration transmise à Xinhua par le service d'information de la présidence.

L'UPM a été lancée officiellement dimanche à Paris lors d'un sommet réunissant plus de quarante pays d'Europe et de la rive sud du bassin méditerranéen dont ceux d'Israël et de la Syrie.

Lors du dernier sommet de l'Union africaine de Charm El-Cheikh, Me Wade souligne avoir attiré l'attention de ses pairs africains sur "l'événement majeur que constituait l'UPM et ses conséquences sur l'Afrique Noire pour appeler un chat un chat".

"Je n'ai eu aucun écho. Et pourtant il faut qu'on en parle", relève Me Wade estimant à ce propos que "les Africains devraient d'ores et déjà tirer les conséquences du départ éventuel de certains Etats de l'Afrique du Nord, de l'Union africaine vers l'Europe".

Pour le chef de l'Etat, l'UPM pose le premier acte de ce départ sans préavis. N'ayant pas une idée précise de l'identité de ces pays d'Afrique du Nord qui "iront nécessairement vers l'Europe", Me Wade évoque les raisons qui feront qu'un jour "certainement pas aujourd'hui, l'Europe les phagocytera".

L'Europe dont la croissance démographique est déclinante évolue en sens contraire des grands pays de l'avenir que sont les Etats- Unis, la Chine, l'Inde et le Brésil dont les taux de croissance démographique sont élevés, selon Me Wade.

Toujours sur ces raisons, le chef de l'Etat évoque entre autres le besoin de l'Europe de "rajeunir sa population, de changer et positiver ses paramètres démographiques".

Bien entendu, poursuit Me Abdoulaye Wade il y a aussi derrière l'initiative UPM, "des visées qui crèvent les yeux, le pétrole et le gaz de l'Algérie, le pétrole libyen".

"Les autres Etats sont en vérité des faire-valoir ou un peu plus", révèle-t-il soulignant que c'est "ce qui explique que les créateurs du processus de Barcelone aient exclu au début l'Egypte".

L'Afrique du Nord tournée vers le Nord, "le Sahara deviendra ce que nous étions en train de combattre, un mur séparant politiquement notre continent en deux parties", conclut le chef de l'Etat sénégalais.

Sources
Xinhuanet

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