Christine Boutin lance la traque à l'habitat indigne

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Christine Boutin lance la traque à l'habitat indigne


La ministre du Logement Christine Boutin a lancé vendredi la traque à "l'habitat indigne", un des volets du projet de loi qu'elle présentera lundi, tandis que de nombreuses associations spécialisées ont déploré un manque de moyens pour financer cette politique.

 "Je suis absolument décidée à lutter contre l'habitat indigne et à mener une traque contre les marchands de sommeil", a assuré Mme Boutin à l'issue d'une visite dans un hôtel meublé du XIe arrondissement de Paris où la préfecture de police a engagé des travaux d'office.

"C'est pour moi un scandale qu'au XXIe siècle à Paris il puisse y avoir des logements comme celui que nous venons de visiter", a poursuivi la ministre, accompagnée par le préfet de police, Michel Gaudin, et la présidente du pôle national de lutte contre l'habitat indigne, Nancy Bouché.

"On estime entre 400.000 et 600.000 le nombre de logements en France qui relèvent de cette législation. Ca représente un million de personnes", a-t-elle souligné. Dans le projet de loi qui sera présenté lundi en Conseil des ministres, "il y aura une définition juridique qui ne permettra plus l'interprétation, le flou", sur l'habitat indigne, a assuré Christine Boutin.

 "Aujourd'hui, je suis venue pour acter cette décision qui est opérationnelle", a expliqué la ministre, en affirmant vouloir "bien faire comprendre aux marchands de sommeil que la traque commence et qu'elle ne s'arrêtera pas". "Il y a 47 départements dans lesquels les préfets ont annoncé l'obligation de réaliser des travaux d'office", a-t-elle relevé, en précisant que l'Etat allait consacrer 30 millions d'euros à la rénovation de ces logements par l'intermédiaire de l'Agence nationale de l'habitat (Anah).

"Ne vous inquiétez pas pour mon budget", a-t-elle lancé à des militants du collectif Jeudi Noir, qui dénonce la crise du logement, venus l'interpeller sur les restrictions budgétaires menaçant son ministère. Elle a promis de les recevoir fin août.

"Avec les 500 millions qu'on enlève au logement, après elle peut toujours expliquer qu'avec des bouts de ficelle elle va s'en sortir", a déclaré à la presse un des animateurs de Jeudi Noir, Manuel Domergue, après le départ de Mme Boutin, en référence à des propos du ministre du Budget, Eric Woerth, sur les secteurs concernés par les mesures d'économies.

Il a ironisé sur "la ministre indigne du Logement", lui reprochant en particulier de "détricoter la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain)", par un nouvel assouplissement. La loi SRU impose à chaque commune un quota d'au moins 20 % de logements sociaux.

Dans le même sens, 25 organisations, dont ATD Quart Monde, la Fondation Abbé Pierre, le Secours catholique et les Enfants de Don Quichotte, ont demandé vendredi au gouvernement de revoir sa copie, jugeant que le projet de loi ne permettra "en aucun cas de mettre fin à la crise du logement".

"Les engagements financiers ne seront pas à la hauteur des besoins", selon ces organisations, qui s'inquiètent en outre de "régressions", citant "l'accélération de l'expulsion", le "développement d'un sous-logement pour les plus pauvres" et "l'affaiblissement de l'obligation de construction de logements locatifs sociaux par les communes".

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

 

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