Ossétie du Sud / Kosovo : effets domino et conséquences imprévisibles

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Souvenons-nous de Vladimir Poutine lorsqu'il a dit aux bienpensants et aux semeurs de démocratie viciée : "Le Kosovo va vous revenir dans la gueule !" Voilà un homme qui tient ses promesses. Aussi ne comprenons-nous pas très bien pourquoi, il ne pourrait pas en être de même de l'Ossétie du Sud et de l'Abskhazie. D'autant qu'au Kosovo,après six mois "d'indépendance", les Kosovars n'ont toujours pas d'eau courante ni d'électricité en permanence. Mais ils ont un hymne, une Constitution, un passeport et dix ambassades dans les pays ayant reconnu son indépendance, Washington et Bruxelles, par exemple. Avouez que ça nourrit son homme !





Ossétie du Sud / Kosovo : effets domino et conséquences imprévisibles


Written by Jelena Tasi   


La Russie avait mis en garde contre les « effets domino » de l’indépendance du Kosovo, notamment dans le Caucase. Les tragiques événements d’Ossétie du Sud et de Géorgie sont suivis avec la plus grande attention en Serbie et dans tous les Balkans. Auront-ils des conséquences sur l’Assemblée générale des Nations Unies de septembre, qui doit examiner la résolution serbe demandant que la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye soit saisie sur la proclamation d’indépendance du Kosovo ? 

Pour les analystes et les responsables politiques serbes, le conflit entre la Géorgie et la Russie au sujet de l’Ossétie du Sud est directement lié à la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo, même si la communauté internationale préfère rester muette sur ce sujet.

Par contre, les analyses divergent sur l’influence qu’auront les nouveaux conflits du Caucase sur le vote de la résolution que Belgrade entend déposer en septembre devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette résolution demande la saisine de la Cour internationale de justice de La Haye sur la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo.

Oliver Ivanović, secrétaire d’Etat du ministère pour le Kosovo dans le gouvernement serbe, estime que le conflit en Ossétie du Sud « est directement lié à la proclamation unilatérale du Kosovo », et que cela devrait inquiéter « tous les Etats qui soutiennent le séparatisme des Albanais du Kosovo, surtout l’Union européenne, car les mouvements indépendantistes existent partout en Europe ».

Oliver Ivanović rappelle qu’il a participé à une conférence organisée en Géorgie il y a six mois, qui a clairement démontré que le problème de l’Ossétie du Sud finirait par se transformer en conflit armé. D’après lui, « on ressentait déjà à l’époque une forte volonté des Géorgiens de résoudre le problème le plus tôt possible, tandis que les représentants de l’Ossétie du Sud, et plus encore ceux de l’Abkhazie, déclaraient qu’ils pouvaient faire comme les Kosovars, voire mieux ».

Oliver Ivanović considère que le conflit en Ossétie du Sud n’aura pas d’influence directe sur la position de l’Assemblée générale de l’ONU, qui doit examiner la demande serbe d’un avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur l’indépendance unilatérale du Kosovo. Il croit cependant que ce conflit aura un grand impact « sur les Etats qui n’ont toujours pas pris de position au sujet de la démarche unilatérale de Priština ».

Oliver Ivanović espère que le conflit en Ossétie du Sud montrera à la communauté internationale que « soutenir un mouvement séparatiste revient à encourager tous les séparatismes ». À son avis, ce sera la preuve que les arguments des USA et de la plupart des pays européens soutenant l’indépendance unilatérale du Kosovo n’étaient qu’un prétexte.

« Le cas de l’Ossétie du Sud et celui du Kosovo n’ont que deux points communs : ils relèvent tous les deux de la décomposition d’un ancien Etat sur des bases ethniques, et ils sont tous les deux marqués par les intérêts contradictoires de l’OTAN et de la Russie. L’OTAN défend actuellement l’intégrité territoriale de la Géorgie, à l’inverse de la position qu’elle défendait en Serbie et au Kosovo, tandis que la Russie profite de l’exemple du Kosovo et de la crise actuelle pour renforcer l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhasie, qui ne seront pourtant pas internationalement reconnues dans l’immédiat. La Russie applique actuellement la méthode utilisée par l’OTAN au Kosovo », estime Dušan Janjić, coordinateur du Forum pour les relations ethniques.

Il estime qu’en ce moment, « tout le monde fait comme si le conflit en Ossétie du Sud n’avait rien à voir avec le Kosovo, mais il est clair qu’il s’agit en fait de la même chose. Le blocage du Conseil de sécurité au sujet de la guerre en Géorgie le confirme ». D’après l’analyse de Dušan Janjić, « la solution finale apportée au statut du Kosovo sera décisive, parce que la Russie en profitera pour résoudre ses problèmes avec la Géorgie et l’Ukraine ».

Dušan Janjić pense que le conflit en Ossétie du Sud pourrait entraîner « une diminution du nombre de pays membres de l’ONU qui voteront l’initiative serbe de demander l’opinion du Tribunal international de justice ». Dušan Janjić pense que les USA et la Russie augmenteront la pression sur les Etats qui n’ont pas reconnu l’indépendance du Kosovo, mais que les pressions de Washington seront plus puissantes que celle de Moscou.

Dušan Lazić, un autre membre du Forum, a déclaré à l’agence Beta que la guerre en Ossétie du Sud aurait des conséquences négatives au niveau international et qu’elle influencerait le vote de l’Assemblée générale de l’ONU au sujet du Kosovo. Il estime inquiétante « l’incapacité du Conseil de sécurité à trouver une solution qui mène à l’arrêt du conflit, nécessaire pour trouver une solution politique durable ».

Dušan Lazić rappelle que les autorités d’Ossétie du Sud ont demandé la reconnaissance de leur indépendance au moment de la proclamation d’indépendance du Kosovo par les Albanais. L’exemple du Kosovo les a incités à insister plus fortement sur leurs droits à créer un Etat. Dusan Lazić affirme que les événements en Ossétie du Sud et au Kosovo ne sont pas identiques, mais qu’il faut s’attendre à ce que le conflit dans le Caucase influence la prise de décision de l’Assemblée générale de l’ONU au sujet de la demande serbe de saisine de la Cour internationale de justice, mais qu’il est difficile d’en prévoir le résultat ».

La Serbie a besoin du soutien de la majorité simple des 192 membres de l’Assemblée générale de l’ONU. Jusqu’à présent, l’indépendance unilatérale du Kosovo a été reconnue par 45 États.

Jelena Tasić (Danas)
Traduit par Jasna Andjelić
Courrier des Balkans


Sources Newropeans

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Publié dans Sarkozy - Russie

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