Ne pas confondre l'ONU et l'OTAN

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Et là, il n'est pas beau Sarkozy ? Il présente à Medvedev un projet en six points mais une fois devant l'OTAN, il n'en reste plus que deux qui sont eux mêmes vidés de leur substance. Pour quoi on passe ? Voilà ce que l'on dit de nous avec juste raison : "Il est curieux que ce projet de résolution ait été présenté justement par la France, qui a été le médiateur dans le règlement du conflit. Cette fois, un accent étranger était perceptible dans la langue française. "Les Français sont clairement sous l'influence de nos collègues américains". L'auteur dit "les Français" ! Parce que vous croyez, chers Amis Russes, que Sarkozy représente "les Français" à lui tout seul ? Les Français n'ont-ils pas voté NON pour la constitution européenne ? Nous a-t-il écouté ? Ici, Amis Russes, c'est pire qu'en Russie. C'est comme aux Etats-Unis. Ceux qui sont assis sur le trône se tamponnent le coquillard de l'avis du Peuple. Le Peuple, il est là pour banquer. Point. Si nous étions à la place de Sarkozy, Amis Russes, d'abord nous ne nous serions pas déballonnés comme une baudruche devant le grand ponte de l'OTAN, nous aurions dit que l'agresseur c'était la Géorgie ou du moins son autocrate de seconde zone comme le dit si bien Franck Biancheri. Lui, c'est un vrai français. Pour continuer, sans peur et sans reproche, nous nous serions alignés sur la Russie. Nous aurions dit que nous refusions que les pays européens -démocratisés par les sbires à Bush- deviennent des bases de l'OTAN. Nous aurions tapé du poing sur la table comme Kroutchev tapa en son temps à l'ONU avec sa godasse et pour finir, nous aurions menacé de nous retirer séance tenante de l'Union Européenne tant que certains hôtes désagréables servant de suppétifs à l'oncle Sam y seraient présents. Et si Condoleeza Rice avait ramené sa fraise, nous aurions dit : "Vous le prenez comme ça ? Très bien. Nous allons demander à la Russie de laisser ses troupes en Géorgie tant que les vôtres seront en Irak !" Et sans attendre sa réponse, nous aurions tourné le dos à cette assemblée de pleutres en levant bien haut notre index. Et beaucoup de Français feraient comme nous s'ils le pouvaient. Mais voilà... nous ne sommes pas président de la République. Nous sommes Français.


Ne pas confondre l'ONU et l'OTAN

La Russie a rejeté le projet de résolution du Conseil de sécurité sur le conflit en Ossétie du Sud proposé par la France. Un texte inacceptable, influencé par les Américains, estime Moscou, qui ne reconnaît comme base que le document en 6 points signé avec Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE.

par Dmitri Nechkov

Izvestia

Est-il si facile de compter jusqu'à 6 ? Visiblement pas toujours. Dans le projet de résolution proposé par la délégation française au Conseil de sécurité de l'ONU, il ne reste que 2 points sur les 6 élaborés par les présidents Sarkozy et Medvedev. Et les 2 points restants ont été, qui plus est, extraits de tout contexte et déformés, a souligné le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vitali Tchourkine.

Le projet de résolution présenté par la France exige un retrait immédiat des troupes russes du territoire géorgien. Or, l'accord en 6 points cité ci-dessus, censé définir le mode de règlement du conflit, prévoyait que les forces armées russes regagnent les positions qu'elles occupaient avant le déclenchement du conflit. Et que les soldats russes de maintien de la paix prennent des mesures supplémentaires de sécurité, avant la mise en place de mécanismes internationaux. Comme nous le voyons, il n'était nullement question d'un retrait immédiat des troupes. Le plan des deux présidents prévoyait également l'examen international des questions liées au statut futur de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, et des moyens pour assurer leur sécurité.

Il est curieux que ce projet de résolution ait été présenté justement par la France, qui a été le médiateur dans le règlement du conflit. Cette fois, un accent étranger était perceptible dans la langue française. "Les Français sont clairement sous l'influence de nos collègues américains", a déclaré Tchourkine.

Et pourquoi avait-on besoin d'un nouveau projet ? Il existe un plan précis en 6 points, sur lequel un accord a déjà été trouvé. La logique voudrait qu'il soit soutenu et renforcé dans le cadre d'une résolution de l'ONU. Pourquoi faire perdre son temps à cette organisation en examinant un document qui n'a aucune chance de passer ?

Apparemment, les conclusions de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN à Bruxelles ne laissent pas en paix de nombreux diplomates occidentaux. Lors de cette rencontre, des critiques extrêmement sévères ont été émises à l'encontre de la Russie, notamment en provenance des Etats-Unis. Mais, dans le même temps, certaines dissonances ont été perceptibles entre les membres de l'Alliance – ces derniers ne sont pas unanimes dans leur soutien à la position américaine. Il semble que, n'ayant pas réussi à faire apprécier à sa juste valeur la rhétorique américaine à Bruxelles, on l'ait testée à New York. Le travail du Conseil de sécurité a subi "l'influence délétère" de la rencontre de Bruxelles, estime Vitali Tchourkine. Le projet de résolution présenté par la France s'est avéré être une coquille vide. Selon le représentant permanent de la Russie à l'ONU, ce document "détourne totalement du bon chemin" le travail du Conseil de sécurité. Il est temps de se remettre à plancher sur une résolution sérieuse qui reprenne les 6 principes de règlement du conflit.

Sources Courrier International

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy - Russie

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