Moscou dit avoir achevé son retrait en Géorgie, Tbilissi dément

Publié le par Adriana EVANGELIZT

On aimerait savoir ce que fout l'OTAN en Géorgie ?





Moscou dit avoir achevé son retrait en Géorgie, Tbilissi dément

 

La Russie a annoncé vendredi soir avoir achevé son retrait en Géorgie, une affirmation immédiatement démentie par Tbilissi, tandis que Washington et Paris accusaient Moscou de ne pas respecter l'accord de cessez-le-feu.

Le général John Craddock, chef du commandement européen de l'armée américaine à Tbilissi le 21 août 2008 photo : Irakli Gedenidze , AFP


Un avion d'aide humanitaire américain déchargé sur l'aéroport de Tbilissi le 22 août 2008 photo : Vano Shlamov , AFP


"Le retrait des unités militaires russes s'est déroulé sans incident et a été achevé conformément aux plans vers 19H50, heure de Moscou (15H50 GMT)", a affirmé le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov.

Tbilissi a immédiatement démenti l'annonce russe et indiqué que des troupes de Moscou étaient notamment toujours dans le port de Poti et à Senaki (ouest).

"Ce n'est pas vrai, le retrait russe n'est pas terminé", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili.

Washington et Paris ont pour leur part accusé Moscou de ne pas respecter les termes du plan de paix russo-géorgien négocié par la France, et le Pentagone a jugé "mineurs" les mouvements de repli des forces russes.

Le président américain George W. Bush et son homologue français Nicolas Sarkozy ont estimé, dans un entretien téléphonique, que "la Russie n'était pas en conformité" avec le plan de paix et qu'elle devait s'y plier "immédiatement", selon le porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Des journalistes de l'AFP ont vu tout l'après-midi des dizaines de véhicules militaires russes quittant leurs positions avancées dans le centre et dans l'ouest de la Géorgie pour se diriger vers les régions séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

Aucun chiffre sur le nombre de troupes russes engagées sur le terrain n'a cependant été donné par les autorités russes depuis le début du conflit.

La route vers Gori a elle été ouverte dans la soirée, et policiers et civils géorgiens ont pu regagner cette ville stratégique reliant l'Est et l'Ouest géorgien qui était occupée par les troupes russes depuis plus d'une semaine.

Un char et une dizaine de soldats russes étaient cependant toujours à Khourvaleti à une dizaine de kilomètres de là et à quarante kilomètres au nord-ouest de Tbilissi, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La route principale à travers la Géorgie sera entièrement ouverte plus tard aujourd'hui (vendredi). Il sera possible par exemple de se rendre de Tbilissi à Poti (ouest)", a dit à l'AFP, le secrétaire du Conseil de sécurité Alexandre Lomaïa.

Moscou avait averti dans la journée que ses forces resteraient cependant en place en plusieurs points stratégiques sur le territoire géorgien et hors des territoires séparatistes où des forces russes de maintien de la paix sont stationnées depuis le début des années 1990.

D'après une carte montrée à la presse par l'état-major russe, la Russie va garder le contrôle de la route stratégique reliant Tbilissi à la mer Noire (ouest).

Le document, présenté au cours d'une conférence de presse par le chef-adjoint d'état-major Anatoli Nogovitsyne, montre, entourée d'une ligne rouge, la "zone de responsabilité" russe incluant de longs tronçons de la principale route traversant d'Est en Ouest la Géorgie.

La zone inclut notamment l'essentiel de la route reliant
le port de Poti et Senaki où les forces russes contrôleront un important aérodrome militaire.

Le ministère français des Affaires étrangères a rappelé à la Russie qu'elle devait "garantir la liberté de mouvement et de circulation le long des axes routiers" après son retrait.

Berlin a pour sa part estimé que cette zone tampon, dont les limites étaient encore peu claires vendredi, ne pouvait faire partie que "de mesures provisoires de sécurité en attendant qu'un mécanisme international puisse entrer très rapidement en vigueur".

Moscou avait assuré vendredi soir qu'il ne resterait plus que 500 soldats répartis dans huit postes dans la zone tampon. La Russie se réserve cependant "le droit d'augmenter" le nombre de ses soldats de maintien de la paix en Géorgie "en cas de nécessité", a averti le général Nogovitsyne.

Les troupes russes étaient entrées en Géorgie après avoir lancé une vaste contre-offensive contre l'armée géorgienne qui avait tenté dans la nuit du 7 au 8 août de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Sur le front diplomatique, les grandes puissances ont été incapables de trouver un accord au Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, les Occidentaux insistant pour que le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie soit clairement réaffirmé.

Ce point paraît d'autant plus important que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud ont officiellement demandé à Moscou de reconnaître leur indépendance.

Enfin, l'état-major de l'armée russe a dénoncé vendredi la présence des navires de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) en mer Noire, près de la Géorgie, estimant
qu'elle ne contribuait pas "à la stabilisation" de la situation dans la région.

L'Alliance a indiqué y mener des "exercices de routine", sans rapport avec le conflit russo-géorgien.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy - Russie

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