Nouveau dialogue de sourds sur la Géorgie au Conseil de sécurité

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Au Conseil de sécurité de l'ONU, sous le feu des accusations, l'ambassadeur russe a lancé à son homologue américain : "Avez-vous trouvé les armes de destruction massive en Irak ou les cherchez-vous toujours?" Ah ah ah ! Ils l'ont fait ! On peut admirer la franchise des Russes...

 

Nouveau dialogue de sourds sur la Géorgie au Conseil de sécurité


 

NEW YORK (Nations unies) - Une réunion sur la Géorgie, la 6e en trois semaines, a donné lieu à un nouveau dialogue de sourds ponctué de propos aigres-doux mais à aucune décision concrète, jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU.

La Russie a rejeté les critiques occidentales de son intervention militaire en Géorgie mais s'est trouvée isolée pour sa reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

En séance, aucune délégation n'a approuvé la reconnaissance de l'indépendance des deux territoires. Et les représentants de la Chine, du Vietnam et de la Libye, qui se placent d'ordinaire aux côtés de la Russie dans les débats au Conseil de sécurité,
n'ont pas prononcé un mot.

Après que plusieurs de ses collègues eurent déploré l'usage de la force par Moscou en Géorgie, l'ambassadeur russe, Vitaly Tchourkine, a
ironisé en rappelant les interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

"Avez-vous trouvé les armes de destruction massive en Irak ou les cherchez-vous toujours?", a-t-il lancé à son collègue américain.

Quant aux critiques de la décision russe de reconnaître l'indépendance des deux territoires géorgiens séparatistes, M. Tchourkine les a rejetées en faisant un parallèle avec la reconnaissance par les Occidentaux de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo en février.

"Où étiez-vous quand nous discutions du Kosovo?", a-t-il dit
à ses homologues américain et européens.

Le diplomate russe s'est livré à un nouveau réquisitoire contre le président géorgien Mikheïl Saakachvili et sa décision d'agir militairement contre les séparatistes ossètes le 7 août qui a entraîné l'intervention russe. "Je suis parfaitement à l'aise pour parler de ce sujet", a-t-il dit par la suite à la presse.

Les Occidentaux ont rejeté ces comparaisons, le représentant américain, Alejandro Wolff, les qualifiant de "spécieuses". "Les faits sont têtus. La Russie a envahi la Géorgie, elle l'occupe et elle en profite pour la démembrer", a-t-il affirmé.

L'ambassadeur du Costa Rica, Jorge Urbina, a déploré "une situation où la force, c'est le droit". "Ceci est totalement inacceptable pour mon pays", a-t-il dit.

Déplorant lui aussi la récente tournure des événements, l'ambassadeur de France adjoint, Jean-Pierre Lacroix, a plaidé pour que
la lumière soit faite sur la situation humanitaire et des droits de l'Homme en Géorgie.

Selon Paris, "il convient de dépêcher sans délai une mission des Nations unies pour enquêter sur la situation humanitaire et des droits de l'homme en Géorgie, y compris en Abkhazie et en Ossétie du Sud", a-t-il dit.

Dès avant cette réunion, tenue à la demande de la Géorgie,
les diplomates avaient averti qu'elle ne déboucherait sur aucune décision.

Deux projets de résolution visant à régler la crise géorgienne, d'inspiration russe et française, sont toujours sur la table du Conseil mais n'ont aucune chance d'être adoptés dans un avenir proche, selon eux.

Les Occidentaux insistent en effet pour que toute résolution réitère l'attachement du Conseil de sécurité à l'intégrité territoriale de la Géorgie,
ce que la Russie refuse, estimant que l'on doit prendre en compte les nouvelles réalités sur le terrain.

La reconnaissance mardi par Moscou de l'indépendance des deux régions séparatistes a mis les négociations au Conseil dans l'impasse.

Sources Romandie

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy - Russie

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