Villepin joue l'apaisement avec Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Villepin joue l'apaisement avec Sarkozy

 

Invité dimanche du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI, l'ancien premier ministre a assuré qu'il ne se voyait pas «en retraité de la politique».

Premier invité de ce «Grand Jury» de rentrée, Dominique de Villepin a étrenné pour l'occasion un rôle inédit : celui d'«apporteur d'idées». Fini, le tir à vue contre Nicolas Sarkozy. L'ex-premier ministre a affirmé son «estime» pour le président, sentiment qu'il croit réciproque, malgré «des péripéties pas simples, comme Clearstream». Sur ce scandale, Villepin considère que «tout a été dit» : «Il apparaît clairement que je n'ai pas eu de rôle dans cette affaire, que je n'ai aucune responsabilité. Il appartient à la justice de le dire.»

En attendant, il a pris soin de ménager le chef de l'État. Il y a un an tout juste, il lui reprochait de favoriser «l'esprit de cour» à l'Élysée. Aujourd'hui, Dominique de Villepin considère que «c'est une critique qui vaut beaucoup moins». À tel point qu'il est allé jusqu'à saluer, dimanche, «une simplicité et un dépouillement dans la démarche» de Nicolas Sarkozy «qui n'existaient pas il y a six mois». Il lui a décerné plusieurs bons points, notamment dans le domaine de la politique étrangère. Revenant sur la crise entre la Russie et la Géorgie, il a affirmé que «la diplomatie européenne incarnée par Nicolas Sarkozy a joué un rôle crucial». De la part d'un des plus flamboyants locataires du Quai d'Orsay, le compliment n'est pas mince.

 

«Apporter sa contribution»

 

L'ancien ministre des Affaires étrangères a confié qu'il avait revu le président «en juin, pour parler de l'Europe et de la situation du monde». Sur un ton vibrant d'émotion, il a raconté que Nicolas Sarkozy lui avait confié une «mission» qui l'avait «touché» : représenter la France aux obsèques d'un poète palestinien assassiné, Mahmoud Darwich. Au cours de leur entretien, les deux hommes n'auraient pas, à en croire l'ex-premier ministre, évoqué les futures échéances électorales. Avant les vacances, l'idée de propulser Dominique de Villepin tête de la liste de la majorité présidentielle en Ile-de-France, lors des européennes de 2009, était très en vogue à l'Élysée. Dimanche, l'ex-premier ministre a semblé exclure cette perspective : «Je ne brigue aucun poste. J'aurais pu assez facilement au lendemain de mon passage à Matignon choisir de devenir élu. Je ne l'ai pas voulu. J'ai ressenti le besoin de me confronter à quelque chose d'autre, peut-être plus rugueux : une expérience professionnelle. Je repars de zéro.»

Pour autant, Villepin n'est «certainement pas un retraité de la politique, en tout cas pas un retraité du débat public». Invoquant «d'autres légitimités que celle de l'élection» qui, «comme toutes les légitimités, s'érode vite», il a expliqué que son «état d'esprit» était «d'apporter (sa) contribution à la réflexion pour aider le pays à sortir de la crise conjoncturelle et structurelle dans laquelle il se trouve».

Jamais élu, il a donc décidé d'adopter définitivement un rôle de stratège. Ses premiers conseils à Nicolas Sarkozy : «Aller plus loin dans les réformes», en distinguant «l'essentiel du subalterne», «parce qu'on ne peut pas tout faire en même temps». Partisan d'un «pacte» où, en «contrepartie d'efforts supplémentaires», les Français recevraient «des garanties sur la santé, l'éducation, les retraites», il s'est prononcé en faveur d'un départ plus tardif à la retraite. Villepin pousse-au-crime ? «Non, pousse-à-la-vertu», a-t-il répondu avec un large sourire.

Sources
Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

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