« Le Figaro » apprend le savoir-vivre à Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT





« Le Figaro » apprend le savoir-vivre à Sarkozy


Le Figaro a adroitement coupé une photo de Nicolas Sarkozy, qui avait été shooté en flagrant délit de laisser-aller, les mains dans les poches en face d’un soldat pleurant ses camarades tués en Afghanistan. À chaque année, suffit sa peine : l’année passée, Paris Match avait fait disparaître ses poignées d’amour, au tour du Figaro de lui apprendre la politesse ?

Une des photos que Le Figaro publiait le lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy en Afghanistan, représente le président en train d’écouter un soldat du 8eRPIMa pleurant la mort de ses camarades.

Cette photo est doublement surprenante.

D’abord, Nicolas Sarkozy a un regard un tantinet hautain. Le lecteur attentif pourra y voir une pointe de dédain, voire un rictus légèrement méprisant. Regarde-t-il de haut ce militaire plié par la douleur ? Difficile de dire où se porte le regard du président. Regarde-t-il de travers le jeune homme en pleurs, ou montre-t-il son indifférence ? Le lecteur a le choix entre deux interprétations. Un, que Sarkozy est en train de penser « mais quel est ce militaire qui ne sait pas se tenir, on peut assister à la mort de ses camarades sans se répandre ainsi… » . Deux, que le président s’impatiente : « C’est pour voir des hommes en pleurs que l’on m’a dérangé pendant les vacances ? »

Cette interprétation serait bien malveillante si le président n’écoutait pas les mains dans les poches ce jeune homme en larmes.

La direction du Figaro s’est très certainement aperçue de sa bévue. Les parents des soldats envoyés en Afghanistan s’en sont d’ailleurs plaints à Bakchich, jugeant cette posture « indécente ». Mais c’est la seule photo existante qui met en scène Sarkozy aux côtés d’un soldat en larmes.

Les professionnels savent que la souffrance créé l’empathie des lecteurs. C’est sans doute pour cela que Le Figaro utilise cette photo une deuxième fois dans Le Figaro Magazine du 23 août dernier. Cette fois-ci, le journal est plus précautionneux, l’image est cadrée plus serrée. Du coup, le président de la République n’a plus les mains dans les poches !

L’honneur est sauf et l’histoire davantage cohérente. Le jeune parachutiste peut continuer à pleurer ses camarades morts pour la France, et le Président de la République peut souhaiter que l’armée intensifie son « combat contre le terrorisme ».

Sources
Bakchich

Posté par Adriana Evangelizt

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