Vers un déploiement rapide et graduel de l'UE en Géorgie

Publié le par Adriana EVANGELIZT




Vers un déploiement rapide et graduel de l'UE en Géorgie



L'Union européenne espère obtenir dès lundi un accord de la Russie et de la Géorgie sur le déploiement d'une force internationale en territoire géorgien, en plusieurs phases et dès le mois d'octobre.

Le Haut représentant pour la politique étrangère de l'Union, Javier Solana, a confirmé vendredi, lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept, que les discussions autour de cette mission avançaient à bon rythme.

"Tout est prêt et la dernière chose à voir est comment, quand et sous quel mandat", a-t-il dit, précisant que des décisions seraient prises après le déplacement à Moscou lundi 8 septembre de Nicolas Sarkozy, Javier Solana et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

Alors qu'un accord sur cette mission internationale est attendu avant une nouvelle réunion des chefs de la diplomatie européenne à Bruxelles les 15 et 16 septembre, Javier Solana est confiant dans l'obtention d'un feu vert dès lundi.

"J'ai été en contact avec les autorités russes et géorgiennes hier (...) Je pense qu'ils comprennent ce que nous voulons et ce que nous devons faire. J'espère vraiment que la réunion de lundi sera un succès", a-t-il déclaré.

Un diplomate français a précisé que cette mission pourrait être composée de 150 à 200 personnes.

"Les Russes ont indiqué qu'ils ne bougeraient pas tant qu'un mécanisme européen ne serait pas mis en place. Nous devons leur dire que les Européens sont prêts à se déployer, et que nous avons fait notre part du travail. C'est ce que Nicolas Sarkozy dira aux Russes lundi", a-t-il indiqué.

VERS UN DÉPLOIEMENT GRADUEL

Selon un document préparé par Javier Solana, et qui sera discuté samedi entre les chefs de la diplomatie européenne, cette mission pourrait débuter dès octobre avec un déploiement des premiers effectifs internationaux sur la partie du territoire géorgien toujours contrôlée par Tbilissi, avant que ceux-ci ne se déplacent vers l'Ossétie du Sud.

"Nous nous rapprocherons au fur et à mesure que les Russes se retireront", a expliqué ce diplomate.

Certains ministres européens, comme le Slovène Dimitrij Rupel, souhaite que la mission soit déployée dès le début a minima sur les frontières avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.

"Nous ne devrions pas hésiter à demander un retrait total des zones de sécurité. Nos forces de sécurité et de défense ainsi que l'ensemble de nos personnels devraient se positionner sur la frontière, et pas quelque part entre la frontière et une zone de sécurité distante de 15 km de la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie", a-t-il dit.

En début de semaine, les dirigeants européens avaient mis dans la balance du retrait russe de Géorgie le report des négociations sur un partenariat stratégique entre l'UE et la Russie, dont le premier round est prévu les 15 et 16 septembre.

"Tout dépendra de ce qui se passera lundi. Si cela ne se passe pas bien, nous serons obligés de durcir", a prévenu un diplomate européen.

"Certains (Lituanie, République tchèque et Pologne) veulent sanctionner les entités qui investissent en Ossétie et en Abkhazie si les choses se passent mal", a-t-il ajouté.

A moyen terme, l'horizon retenu par Bruxelles et Moscou pour évaluer les différents aspects de leur coopération est le sommet UE-Russie du 14 novembre, un processus qui occupera également les ministres réunis en Avignon, tout comme le sommet UE-Ukraine du 9 septembre et la réponse que le bloc apportera aux demandes d'adhésion de Kiev et Tbilissi.

LES EUROPÉENS POUR UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE

Plusieurs ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept se sont prononcés pour l'ouverture d'une enquête internationale sur les responsabilités dans le conflit entre la Géorgie et la Russie, sans cacher que ses résultats auraient une influence sur leurs relations avec Tbilissi.

"Le fait de savoir qui est responsable de l'escalade vers une confrontation militaire pèsera", a dit le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, suggérant que celle-ci soit confiée à l'Onu ou à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

À Strasbourg, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a qualifié de "désastre humanitaire" la situation en Géorgie, dont il renvoie la responsabilité à l'ensemble des parties.

Avec Yves Clarisse, Ingrid Melander et Gilbert Reilhac; édité par Olivier Guillemain

Sources L'Express

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-OTAN-Nucleaire

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