Renault détaille la suppression de 4 à 5.000 postes

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Renault détaille la suppression de 4 à 5.000 postes


Le Comité central d'entreprise se penche ce mardi sur un "projet de départs volontaires", auxquels doivent s'ajouter un millier de réductions d'effectifs à Sandouville.

Le Comité central d'entreprise de Renault va présenter ce mardi 9 septembre son "projet de départs volontaires". L'objectif est fixé à 3.000 emplois en France, auxquels doivent s'ajouter un millier de départs à Sandouville (Seine Maritime) dans un contexte économique morose.
Par ailleurs, selon les déclarations d'une source syndicale à l'AFP, une autre annonce portant sur "1.000 départs volontaires supplémentaires dont 800 en France, dans un certain nombre de filiales" devrait être faite "le 18 septembre, lors d'une réunion du bureau du comité de groupe européen".
Au total, le plan de réduction des effectifs, initialement annoncé le 24 juillet, concerne ainsi 5.000 personnes.

Plan d'économie

"Concernant ce millier de départ en plus, la direction va convoquer un bureau restreint sur l'Europe de l'Ouest composé de Français, Slovènes, Espagnols, Portugais, Allemands, Anglais, et Belges", a ajouté la source syndicale.
Selon cette source, des plans de départs volontaires seront présentés aux salariés de la Sovab à Batilly (Meurthe-et-Moselle), de Maubeuge Construction Automobile (Nord-Pas-de-Calais) qui produit la Kangoo, de la Société des Transmissions Automatiques (STA) à Ruitz (Pas-de-Calais), de la Française de Mécanique à Douvrin (Pas-de-Calais), de RCI Banque, la financière du groupe Renault (Boulogne Billancourt), ou encore de la Diac à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis).
Le 24 juillet, Renault avait annoncé un sévère plan d'économies comportant la suppression de 5.000 emplois en Europe en insistant sur la dégradation de la situation économique.
Le 1er septembre, une porte-parole de Renault avait indiqué à l'AFP que "des filiales de Renault" allaient "faire l'objet d'autres mesures qui seront présentées courant septembre au comité de Groupe Renault" et qui pourraient concerner encore "un millier de personnes en France et en Europe". Mais elle n'avait pas à l'époque donné la ventilation entre les pays concernés.

Incitations financières

Pour le plan concernant les 3.000 départs volontaires, qui sera présenté mardi en CCE, les départs qui portent sur des postes "de structure" (hors production) pourront prendre la forme d'un "projet professionnel ou personnel, départ en retraite, congé de reclassement ou retour au pays pour les salariés de nationalité étrangère", avait indiqué la direction.
Les candidats au départ bénéficieront d'un accompagnement individuel et d'incitations financières, "avec un maximum de 24 mois de salaire, mais des améliorations pourraient être données entre septembre et octobre", a pour sa part signalé la source syndicale.
Selon elle, "ce plan d'ajustement des effectifs" va être "mis en oeuvre le plus vite possible", et les salariés intéressés devraient avoir "jusqu'au 30 avril 2009 pour se porter volontaires".
"Si la conjoncture défavorable continuait, il pourrait y avoir à l'usine de Flins (Yvelines) un plan similaire à celui de Sandouville", avait par ailleurs averti la direction de Renault le 1er septembre.
Le site industriel de Sandouville, Fragilisé par la mévente de la nouvelle Laguna, va en effet voir disparaître une large part de ses 3.700 emplois dans le cadre d'un plan d'économies concernant tout le groupe.

Mesures d'accompagnement


Les salariés attendent de connaître précisément les mesures d'accompagnement que la direction doit détailler en CCE. "Au maximum le salarié se verra proposer 24 mois de salaire", assure Josyane Kharo, déléguée CGT, en citant les documents préparatoires au CCE fournis par la direction.
Tout en regrettant "de voir l'usine continuer de se vider", Guy Vallot secrétaire du CE (FO), estime que 600 à 700 salariés, parmi ceux dont l'ancienneté est la plus élevée, pourraient être intéressés par la proposition. "Les plus anciens, ceux qui ont 37 ou 38 annuités, ne demandent qu'à partir, dès lors bien sûr qu'une indemnité conséquente leur sera proposée", assure Guy Vallot.
Au delà, les syndicats craignent pour l'avenir même de cette usine ouverte en 1964 sur un marais asséché de l'estuaire de la Seine et qui a compté jusqu'à 12.000 salariés à la fin des années 70. "A partir du moment où des remplaçantes de l'Espace et de la Vel Satis ne sont pas annoncées et qu'on ne vit que sur la Laguna, l'usine est menacée", estime Josyane Kharo.

Fin de vie


Après un début en fanfare, à l'automne 2007, la nouvelle Laguna se vend mal. La production est retombée à 480 exemplaires par jour alors que l'usine pourrait en fabriquer plus du double.
Pour les syndicats, le nouveau modèle a été pénalisé par l'éco-taxe en vigueur depuis début 2008 et par la baisse du pouvoir d'achat des salariés.
La situation est d'autant plus préoccupante pour l'usine que les autres voitures assemblées à Sandouville sont en fin de vie. La production de l'Espace est tombée à 100 exemplaires par jour tandis que celle de la berline haut de gamme Vel Satis, lourd échec commercial pour Renault, n'est plus qu'anecdotique (moins de 10).
Dès le début 2008, la direction a eu recours au chômage économique comme au cours des quatre années précédentes. Au cours des neuf premiers mois, cette mesure a été utilisée à 42 reprises sur le flux fabriquant les Laguna et à 25 reprises sur le flux Espace/Vel Satis. (avec AFP)

Sources
Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans CHÔMAGE

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