La gauche remporte au Sénat une nouvelle victoire électorale

Publié le par Adriana EVANGELIZT



La gauche remporte au Sénat une nouvelle victoire électorale



Le mouvement de bascule en faveur de la gauche lors des élections sénatoriales du 21 septembre est sensiblement plus fort que ne l'envisageaient les états-majors politiques. L'UMP, malgré l'augmentation du nombre de sièges de 331 à 343, passe de 159 à 147 tandis que, parallèlement, le PS, avec un gain de 21 sièges, en détient désormais 116.

Le rééquilibrage entre les deux partis "dominants" est d'autant plus marqué que les "petits" groupes n'enregistrent que d'infimes variations : le PCF reste stable (23), le groupe Union centriste perd un siège (29). L'incertitude demeure en ce qui concerne la possibilité pour le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) de se maintenir en groupe. Il ne comptait dans le Sénat sortant que 17 membres ; seuls 3 des 8 sortants concernés par ce renouvellement ont été réélus. Ses responsables espéraient néanmoins de nouveaux rattachements - dont, par exemple, celui de Jean-Pierre Chevènement, élu dans le Territoire de Belfort - pour repasser au-dessus du seuil de 15 membres nécessaire à la constitution d'un groupe.

La majorité présidentielle sort affaiblie de cette dernière consultation électorale qui vient compléter la séquence favorable à la gauche ouverte par les élections municipales et les cantonales du mois de mars. Le glissement est si prononcé que, dimanche soir, apparaissait désormais vraisemblable une perspective que peu, jusqu'à présent, s'aventuraient à pronostiquer : le basculement à gauche du Sénat lors du prochain renouvellement de 2011, qui concernera, cette fois, la moitié des effectifs. Un tel "séisme" - le Sénat, depuis les débuts de la Ve République, en 1958, est toujours resté propriété de la droite -, intervenant à sept mois de l'élection présidentielle, ne serait pas sans incidences.

Si la majorité présidentielle reste dominante au Sénat, s'ouvre donc pour elle une période d'incertitudes. Contrairement à l'Assemblée nationale, l'UMP ne disposera pas au Palais du Luxembourg de la majorité absolue et elle va devoir composer avec ses partenaires ou alliés. Cette obligation risque de peser fortement au moment où l'UMP s'apprête à désigner celui qu'elle souhaite voir succéder à Christian Poncelet à la présidence du Sénat. Chacun des trois candidats - Gérard Larcher, Philippe Marini, Jean-Pierre Raffarin - met en avant, à des titres divers, ses aptitudes à éviter la paralysie de la majorité sénatoriale au moment où l'institution entre dans une période de profonde mutation.

En attendant cette échéance - la primaire aura lieu mercredi 24 septembre et l'élection à la présidence du Sénat le 1er octobre -, la morosité domine du côté de l'UMP. "Nous sommes, il faut le reconnaître, en deçà des pertes maximum que l'on pouvait envisager", admet le président du groupe, Henri de Raincourt. Au même moment le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, s'efforçait de convaincre de la "bonne résistance" de l'UMP, dont les résultats seraient conformes, à peu de choses près, aux prévisions.

"PAS QUE L'AS QUI COMPTE"

Trois éléments se conjuguent pour expliquer ce glissement. Le premier était attendu : c'est la traduction mécanique des élections municipales, cantonales et régionales qui ont renforcé le poids de la gauche parmi les grands électeurs du Sénat. La droite paye également le prix de ses divisions et de ses rivalités dans un certain nombre de départements, comme l'Ain, l'Aveyron, l'Ardèche, la Charente ou la Côte-d'Or. Les reports de voix à gauche ont été plus maîtrisés qu'à droite. Enfin, le contexte de restructuration des services publics et de la carte administrative, judiciaire, militaire et sanitaire a pesé sur la campagne.

"La défaite a du bon : cela permet de resserrer les rangs", se rassurait Jean-Patrick Courtois, vice-président du groupe UMP, espérant que ce revers servirait d'avertissement avant l'élection à la présidence du Sénat. Une grande partie des sénateurs de l'UMP vit en effet dans la hantise que ne s'ouvrent de nouvelles blessures au sein du groupe. Dès dimanche soir, les appels se multipliaient pour que celui qui l'emportera à l'issue de la primaire fasse preuve de la "clémence d'Auguste" pour ses rivaux malheureux. "S'il y a des déchirements, c'est toute la majorité qui va en souffrir", prévient Hubert Haenel, le président (UMP) de la délégation pour l'Union européenne, avant de donner un conseil de bonne conduite : "On est en train de rebattre les cartes mais, dans le jeu, il n'y a pas que l'as qui compte."

Patrick Roger

Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy et la gauche

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