Afghanistan : un compte-rendu de l'Otan trouble le vote du Parlement français

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Afghanistan : un compte-rendu de l'Otan trouble le vote du Parlement français


La France a admis lundi l'existence d'un compte-rendu d'un officier de l'Otan concluant à l'impréparation de ses forces en Afghanistan après une embuscade meurtrière le 18 août, alors que le Parlement devait prolonger le même jour le mandat de ces troupes.

Il y a bien eu un "compte-rendu d'un officier du JOC (Joint Operation Center), le centre opérationnel" des forces de l'Otan après l'embuscade qui avait coûté la vie à 10 soldats, a admis le ministre de la Défense Hervé Morin.

L'Otan et la France avaient démenti dimanche l'existence d'un "rapport" selon lequel, selon le journal canadien Globe and Mail, les soldats français n'avaient pas suffisamment de munitions ni de moyens de communication, et avaient dû abandonner le combat après 90 minutes d'engagement.

Alors que le retour en France des 10 cercueils a suscité un vif émoi dans le pays et des interrogations dans la presse sur les circonstances de ces pertes, M. Morin a voulu limiter la portée de ces conclusions. Il a évoqué un "compte-rendu parcellaire effectué à chaud", ne constituant pas une "analyse contradictoire" des événements et comprenant des éléments "archi-faux".

Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, tout en niant à son tour que les soldats français aient manqué de munitions, a précisé que le document était "un compte rendu" rédigé par le "chef du détachement" des forces spéciales américaines engagées le 18 août dans les combats. "C'est le compte-rendu normal dans la vie militaire qui a été fait par le chef du détachement de l'élément des forces spéciales américaines, ce qui n'a rien d'extraordinaire", a-t-il dit.

La presse française soulignait lundi que la révélation de ces conclusions américaines relançait la "polémique" dans "une opinion publique naturellement réticente à se voir engagée dans une aventure militaire à l'autre bout du monde".

Mais ces derniers développements ne devraient pas avoir d'influence sur le résultat du vote des parlementaires, qui devaient entériner lundi après-midi le maintien des troupes françaises en Afghanistan. S'inquiétant du risque que les talibans gagnent la "bataille de la communication" face à une "opinion occidentale fragile", le ministre de la Défense a appelé à "l'union nationale" sur cette question. Il a souligné que la France participait en Afghanistan au combat pour sa "propre sécurité" face au terrorisme.

Le Parlement français devait entendre le Premier ministre François Fillon sur les moyens supplémentaires mis à disposition des troupes françaises (drones, hélicoptères, spécialistes du renseignement...) pour tirer les leçons de l'embuscade du 18 août.

Plusieurs voix au sein de la majorité s'interrogent toutefois, tout comme à gauche, sur la stratégie française et celle de l'Otan, évoquant un risque d'"enlisement".

L'opposition socialiste a indiqué qu'elle "ne demandera pas le retrait des troupes", mais elle n'avait pas précisé lundi matin si elle voterait en faveur de la poursuite de l'engagement en Afghanistan. Le vote est prévu vers 16H00 GMT à l'Assemblée nationale, puis dans la soirée au Sénat.

La France, qui participe à la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan et à l'opération américaine Enduring Freedom, a déployé 2.600 hommes en Afghanistan même, et quelque 700 autres dans les pays voisins et dans l'océan Indien.

Depuis octobre 2001 et le début de l'intervention française aux côtés de la coalition internationale en Afghanistan, 24 militaires français ont été tués dans ce pays.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Sarkozy-OTAN-Nucleaire

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