L'Etat français contraint de sauver Dexia pour éviter une crise du système

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il faudrait savoir quel est le vrai chiffre... deux milliards ou TROIS ? L'autre question que l'on se pose est pourquoi avoir dépensé cette somme pour une banque qui n'a aucun client particulier en France ? Quelque chose nous échappe...



L'Etat français contraint de sauver Dexia pour éviter une crise du système


Pour la première fois en 14 ans, l'Etat français est intervenu mardi pour sauver une banque, la franco-belge Dexia, qui n'avait pourtant aucun client particulier en France, un geste fort destiné à calmer les inquiétudes nées de la crise financière.

La Belgique, la France et le Luxembourg doivent apporter 6,4 milliards d'euros pour sauver Dexia de l'effondrement. Effectuée à travers une augmentation de capital, cette aide passera par une nationalisation de fait, les pouvoirs publics belges et français détenant désormais plus de la moitié du capital de Dexia.

Alors qu'il se voulait jusqu'alors rassurant sur la solidité du système bancaire français, le gouvernement a donc été acculé à voler au secours d'un établissement bancaire en difficultés, pour la première fois depuis le sauvetage du Crédit Lyonnais en 1994-95.

Il y a une dizaine de jours, la ministre de l'Economie Christine Lagarde assurait encore que le risque de "crise systémique" du secteur bancaire était "derrière nous".

Mais les événements de la seule journée de lundi semblent avoir complètement renversé l'appréciation du gouvernement.

Victime de la défiance des investisseurs, le cours de l'action Dexia a dévissé de près de 30% en Bourse. Sur le marché du crédit, les vannes du financement se sont taries, privant la banque des ressources essentielles à son activité.

"Il y avait un risque" que Dexia "ne passe pas la journée, ce qui aurait constitué un risque systémique pour la stabilité du système financier", a expliqué Mme Lagarde mardi au cours d'une conférence de presse.

Les responsables politiques belges, français et luxembourgeois ont négocié toute la nuit pour se mettre d'accord sur un plan de sauvetage au petit matin. La France déboursera 3 milliards d'euros, soit bien moins que les plus de 8 milliards d'euros payés pour le Crédit Lyonnais.

"Il n'est pas sûr que l'Etat fasse une mauvaise opération dans cette affaire. Quand la confiance sera revenue sur les marchés, il pourrait revendre sa participation à un prix plus élevé", estime Jean-Paul Pollin, professeur d'économie bancaire à l'Université d'Orléans.

Selon lui, l'Etat se devait d'intervenir dans cette affaire même si Dexia n'a aucun client particulier en France, où elle finance essentiellement les collectivités locales.

D'autant plus que M. Sarkozy avait pris jeudi "l'engagement solennel" que l'Etat garantirait "la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français" en cas de menace.

"L'effet psychologique d'une faillite de Dexia aurait été grave. Ca aurait conduit à alimenter le jeu de massacre sur les marchés", juge M. Pollin.

Dexia avait en effet 605 milliards d'euros d'actifs fin 2007 et sa chute aurait pu entraîner des faillites en chaîne dans le secteur bancaire.

En outre, "il était indispensable que l'Etat intervienne (...) pour permettre la continuité du financement des collectivités locales", a estimé Mme Lagarde, en soulignant que Dexia "finance la moitié des collectivités territoriales françaises".

Reste à savoir si le sauvetage de Dexia suffira à éviter que d'autres banques françaises soient prises dans la tourmente.

C'est l'avis de l'économiste Gunther Capelle-Blancard, professeur à l'Université Paris I, qui assure que "le secteur bancaire en France est solide, car il est constitué de grandes banques, qui sont réglementées de près.".

"Mais il faut avouer qu'il y a une semaine, on n'imaginait pas que Dexia devrait être renflouée. Personne ne peut dire quand la défiance des marchés financiers va prendre fin", prévient-t-il toutefois.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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