La FNSEA en procès à Paris pour détournements de fonds

Publié le par Adriana EVANGELIZT



La FNSEA en procès à Paris pour détournements de fonds


Des détournements de fonds d'un montant de 16 millions d'euros au profit de la FNSEA dans les années 1990: c'est ce que reproche la justice à son ancien président Luc Guyau qui a dénoncé mercredi, au premier jour de son procès à Paris, "une histoire de jalousies syndicales".

Présent sur les bancs de la 11e chambre du tribunal correctionnel, l'actuel président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, était d'ailleurs lui-même monté au front mercredi.

Son prédécesseur, ainsi que sept autres autres prévenus --d'anciens responsables de la FNSEA, d'anciens dirigeants d'Unigrains et un directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture-- sont poursuivis pour des faits d'auteur, de complicité ou de recel d'abus de biens sociaux.

L'affaire avait éclaté en 1999, après la publication d'un rapport de la Cour des comptes dénonçant des "dysfonctionnements" entre 1992 et 1997 dans la gestion du produit de la "FASC", une taxe parafiscale prélevée chez les céréaliers et qui, par solidarité, devait être reversée aux éleveurs.

Indignée, l'Organisation des producteurs de grains (OPG) avait déposé plainte avec constitution de partie civile, déclenchant en 2000 l'ouverture d'une instruction.

Selon cette enquête, Unigrains et l'Institut technique des céréales et fourrages (ITCF), une société et une association chargées de percevoir le produit de cette taxe, auraient détourné cet argent de son affectation première afin d'alimenter les caisses de la FNSEA et d'organismes proches.

Aucun enrichissement personnel n'est reproché aux prévenus.

"C'est une histoire de jalousies syndicales", dénonçait M. Guyau avant le début de l'audience, indiquant attendre que la justice "fasse la vérité" sur cette affaire.

Partie civile, la Confédération paysanne a d'ailleurs d'ores et déjà fait savoir qu'elle attendait le "procès du financement de la FNSEA et de ses sections spécialisées".

"Nous ne pouvions rien décider sans l'autorisation" des ministères de l'Agriculture et du Budget, lui répond calmement Luc Guyau, tandis que son avocat, Me Michel de Guillenchmidt, rappelle qu'un non-lieu général avait été requis par le parquet dans ce dossier.

De prestigieux témoins, les anciens ministres Michel Rocard, Alain Lamassoure, Pierre Méhaignerie ou encore Henri Nallet, ont d'ailleurs accepté de venir déposer à la barre à la demande de la FNSEA.

Aux côtés de Luc Guyau comparaissent six autres membres de la FNSEA et/ou responsables de la société Unigrains: Yves Salmon, Eugène Schaeffer, Georges-Pierre Malpel, Joseph Daul, Henri de Benoist et Pierre Leroy, les deux derniers ayant été PDG et directeur général d'Unigrains.

Est également poursuivi Georges Dutruc-Rosset, l'ancien directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture Philippe Vasseur (1995-1996), à qui l'on reproche d'avoir signé une autorisation de versement soumise par Unigrains.

Joseph Daul, ex-président de la Fédération nationale bovine et président des eurodéputés chrétiens-démocrates (PPE) au Parlement européen, était le seul absent mercredi, en raison d'un déplacement de travail en Roumanie.

Mercredi, tous semblaient encore étonnés de se retrouver devant le tribunal. Ainsi Henri de Benoist a rappelé au tribunal avoir agi "avec l'accord formel des pouvoirs publics", persuadé d'avoir "toujours agi dans le cadre de l'intérêt général".

"Ils se défendent en disant que tout ce qu'ils faisaient l'était sur autorisation de l'Etat. Mais quand le braqueur désigne son commanditaire, ça ne fait pas deux innocents", ironisait pour sa part l'avocat de l'OPG, Me Dominique Inchauspé.

Le procès s'achèvera le 16 ou le 17 octobre.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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