Le Congrès accepte le plan Paulson. A l’Europe de payer!

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Le Congrès accepte le plan Paulson. A l'Europe de payer!

par ÉLISABETH ECKERT



La planète financière était suspendue à ce vote: hier, les élus américains ont finalement avalisé une aide étatique qui s'élèvera à 850 milliards de dollars. Dimanche, c'est au tour de l'Europe de s'unir contre la crise.

En cette veille de week-end, les marchés boursiers, les banques du monde entier et, peut-être aussi, le simple citoyen lambda ont fait «ouf!». Après près de quatre heures de débats, la Chambre des représentants a, à Washington, avalisé à une large majorité le plan de sauvetage bancaire, appelé également plan Paulson, du nom de son concepteur, le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson.

Par 263 voix contre 171, la plupart des élus républicains et démocrates ont accepté que l’Etat – et donc les contribuables – rachète, à hauteur de 700 milliards de dollars, les crédits immobiliers pourris des établissements bancaires tant américains qu’étrangers très actifs outre-Atlantique. A ce titre, UBS bénéficiera également de la manne publique américaine.

Après avoir été rejeté massivement lundi soir, provoquant une onde de choc comparable à celle du 11 Septembre 2001, ce plan n’a plus qu’à être signé par le président George W. Bush, lequel n’a qu’une hâte: que cette crise, qui ternira définitivement son second mandat, s’allège quelque peu.

L’accord a, finalement, été trouvé entre tenants républicains d’une non-intervention de l’Etat et opposants démocrates, scandalisés de faire passer à la caisse les petits contribuables du pays. Et pour cause. Cette «Loi de stabilisation économique d’urgence 2008», ne porte plus seulement sur les 700 milliards de dollars initiaux. Les deux camps y ont, chacun, ajouté des cadeaux à leurs électeurs: une baisse d’impôts de 150 milliards de dollars, obtenue par les républicains; des subsides à l’assurance maladie pour les plus défavorisés, initiés par les démocrates…

En tout, le gouvernement américain déboursera donc plus de 850 milliards de dollars, pour le sauvetage de son système financier. Pire! Selon Reuters, si l’on additionne toutes les interventions publiques (communes, Etats, Trésor), en direction des banques ou des 2 millions de petits propriétaires, privés de leur toit, la ­facture s’élèverait déjà à… 1800 milliards de dollars, pour les seuls Etats-Unis.

Avant le vote de la Chambre des représentants, les Bourses européennes avaient toutes anticipé le «oui» au plan, clôturant en nette hausse vendredi. Mais, personne ne l’ignore: la messe est loin d’être dite. D’une part, parce qu’outre-Atlantique, les signaux de l’économie réelle se détériorent de jour en jour. Vendredi, on apprenait que l’économie américaine avait ­détruit 159 000 emplois durant le mois de septembre, soit bien plus qu’attendu, faisant craindre que la récession ait déjà frappé le pays: «La crise du crédit, affirmait ainsi l’économiste Joel Naroff, s’est clairement étendue à l’économie réelle.»

Le Vieux-Continent paiera
Et d’autre part, parce que les craintes sur les lignes de trésorerie octroyées aux entreprises – qui pourraient ne plus pouvoir rembourser – se sont envolées, à près de 1600 milliards de dollars. Demain, tous les regards ­seront désormais tournés vers l’Europe, avec le minisommet France-Grande-Bretagne-Allemagne-Italie, qui se penche à son tour sur la crise. La question d’un pot commun de 300 milliards d’euros, suggéré par la France, y sera évidemment débattue. Avec des chances minimes, face aux réticences conjointes des Allemands et des Britanniques. Mais, pour l’économiste Guy Sorman, l’Europe n’y coupera pas: «Elle est aussi contaminée que les Etats-Unis. Un jour prochain, elle devra également mettre la main au portefeuille.»

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Les Européens nationalisent

Les Pays-Bas rachètent Fortis
❚ Ce n’était, au départ, qu’une grosse prise de participation. Depuis hier, toutes les activités néerlandaises du géant belgo-hollandais de la banque et de l’assurance Fortis sont en mains du gouvernement des Pays-Bas. Y compris celles de la banque ABN Amro, rachetée l’an dernier et qui a plombé les comptes de Fortis. L’Etat néerlandais a dû, pour ce faire, injecter 16,8 milliards d’euros.

Helvetia touché par la crise
❚ L’assureur saint-gallois passe également à la caisse, sous les coups de boutoir de la crise financière. Dans son cas, c’est la faillite de la société de placement américaine Sigma, annoncée mercredi, qui va coûter un amortissement supplémentaire de 77 millions de francs à Helvetia. L’assurance avait déjà dû amortir 45 millions de francs, à cause de Sigma, en septembre dernier.

Zurich Financial Services, dont le titre a chuté hier, est une autre victime de la société de placement américaine: elle a annoncé jeudi des dépréciations d’actifs de 308 millions de francs.

Wells Fargo avale Wachovia
❚ La banque de dépôts américaine Wachovia devait être la prochaine sur la liste des faillites outre-Atlantique, après la banqueroute de Washington Mutual. Wachovia a été rachetée vendredi par Wells Fargo pour 15,1 milliards de dollars, au grand dam de Citigroup qui désirait avaler les actifs sains à bon prix. La nouvelle banque comptera 280 000 salariés.

Quatre nouveaux titans aux Etats-Unis
❚ Quoi qu’il en soit, ce nouveau rachat marque la naissance de quatre titans bancaires aux Etats-Unis, qui ont profité de l’effondrement de leurs consœurs: Bank of America (qui a absorbé Countrywide et Merill Lynch): 2683 milliards de dollars d’actifs. Puis JPMorgan Chase (Washington Mutal et Bear Stearns): 2036 milliards de dollars d’actifs. Citigroup: 2000 milliards d’actifs et Wells Fargo: 1421 milliards d’actifs.

Sources
La Tribune de Genève

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans DETTE-DEFICIT-ECONOMIE

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Abdelkader DEHB 05/10/2008 07:15

La phrase la plus importante à retenir de cet article, c'est que ""la messe est loin d'être dite"". Contrairement  à la bicyclette de corbeille, le rouleau compresseur de l'histoire ne jour pas au yoyo. Nous sommes ici en présence du lent processus INEXORABLE du déclin des Etats-Unis - et à leur suite, de l'Europe - Bonjour l'Asie et le Moyen-Orient, qui seront le terrain de la scène finale, comme ils ont été le berceau du Commencement. Tout le reste, c'est de la dispersion de l'esprit.