Mobilisation internationale pour tenter d'éviter une propagation de la crise

Publié le par Adriana EVANGELIZT





Mobilisation internationale pour tenter d'éviter une propagation de la crise



Gouvernements et autorités monétaires s'évertuaient mardi à ramener le calme sur des marchés financiers extrêmement nerveux en s'engageant à voler au secours des banques en difficulté et à garantir les dépôts bancaires des épargnants.


Six banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon, ont par ailleurs annoncé un calendrier d'actions concertées pour éviter une crise des liquidités en dollars.

Les ministres des Finances des 27 pays de l'Union européenne se sont ainsi mis d'accord mardi pour porter de 20.000 à au moins 50.000 euros le montant minimum garanti des dépôts bancaires des particuliers en cas de faillite.

Pour tenter de rassurer les marchés financiers, ils ont affirmé qu'ils soutiendraient tous leurs grands groupes financiers en cas de difficulté afin d'éviter un risque de crise généralisé.

Tentant d'afficher un front uni après la cacophonie des derniers jours, les 27 de l'UE ont aussi décidé de "coordonner étroitement dans leurs actions et de prendre en compte les effets transfrontaliers potentiels de décisions nationales".

En Allemagne, la chancelière allemande Angela Merkel devait une nouvelle fois intervenir mardi pour tenter de calmer les marchés, en ouvrant un débat parlementaire consacré à la crise financière.

La crise de défiance a cependant continué à se propager mardi et plusieurs banques européennes ont dû démentir des besoins en capitaux.

Deutsche Bank, la première banque privée allemande, a assuré qu'elle ne prévoyait pas d'augmentation de son capital, coupant court à des rumeurs qui avaient fait plonger l'action.

En Grande-Bretagne, le directeur général de la banque Barclays, John Varley, a nié que son groupe ait demandé une injection de capital au gouvernement et la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS), dont le titre a perdu jusqu'à 39,2%, a affirmé dans un communiqué que "contrairement aux spéculations de presse, elle n'avait pas fait de demande de capital au gouvernement".

Selon la BBC, au cours d'une réunion avec le ministre des Finances Alistair Darling tenue lundi Barclays, Lloyds TSB et RBS auraient insisté pour un apport rapide de capital par le gouvernement.

Une information qui a provoqué un effondrement des trois banques à la Bourse de Londres. Dans l'après-midi, RBS perdait encore 22%, Barclays 4% après un plus bas à -17% et Lloyds TSB 4% aussi après une chute de 23%.

Paris a réaffirmé mardi son engagement à empêcher toute faillite de banque en France: "Nous avons décidé de garantir complètement la continuité du système bancaire français", a déclaré le Premier ministre François Fillon devant l'Assemblée nationale.

En dehors de l'UE, l'Islande a annoncé la nationalisation de la deuxième banque du pays, Landbanski, après celle de Glitnir annoncée le 29 septembre.

Les autorités islandaises négociaient par ailleurs un prêt avec la Russie, et la banque centrale a annoncé qu'elle allait instaurer une parité fixe avec l'euro pour tenter d'enrayer la chute de sa monnaie.

De son côté, le président russe Dmitri Medvedev a fait état de l'octroi de crédits allant jusqu'à 950 milliards de roubles (environ 26,7 milliards d'euros) aux banques russes pour consolider leurs fonds propres.

De part et d'autre de l'Atlantique, les autorités monétaires multiplient les annonces pour tenter d'irriguer à nouveau en liquidités le marché interbancaire, sur lequel les banques, plus méfiantes que jamais, ne se prêtent quasiment plus d'argent, provoquant une pénurie de crédit.

Six banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon ont publié un calendrier de leurs opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu'à la fin de l'année.

Quant à la Réserve fédérale américaine (Fed), elle a indiqué qu'elle allait acheter des billets de trésorerie, qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités, pour relancer un marché complètement paralysé.

Son président Ben Bernanke doit prononcer un discours mardi à 17H15 GMT.

Fébrile, la Bourse de New York est passée dans le rouge mardi, le marché s'interrogeant sur la portée des annonces de la Fed: le Dow Jones perdait 0,42% et le Nasdaq 0,97% après avoir ouvert en légère hausse.

Côté européen, la BCE a annoncé mardi qu'elle allait doubler à 50 milliards d'euros le montant d'une opération de refinancement sur six mois qu'elle avait annoncée début septembre.

Les Bourses européennes ont fini en ordre dispersé, au lendemain d'une séance noire, partagées entre les nouvelles rumeurs sur le secteur financier et une mesure rassurante de la Réserve fédérale américaine.

Le Dax de la Bourse de Francfort a clôturé en baisse de 1,12% à 5.326,63 points, après une chute brutale de plus de 7% la veille, à 5.387,01 points.

A Paris, le CAC 40 a terminé en léger rebond de 0,55% à 3.732,22 points au lendemain d'une débâcle historique, dans un marché toujours inquiet de la situation du secteur financier.

Londres a également terminé en petite hausse, au terme d'une séance très mouvementée, l'indice Footsie-100 gagnant 16,03 points, soit 0,35%, à 4.605,22 points.

A Londres, la confédération patronale britannique, la CBI, a pressé mardi le gouvernement de provoquer un "électrochoc" pour contrer la crise financière, réclamant notamment qu'il mette en place des plans de recapitalisation d'urgence des institutions bancaires.

En Russie, où les cotations ont été suspendues pendant trois heures avant l'ouverture, la principale bourse de Moscou RTS a finalement terminé en baisse de 0,95%, au lendemain d'un plongeon historique.

Enfin, le vent de panique a gagné les marchés boursiers arabes: le marché saoudien, plus forte capitalisation du monde arabe, a terminé en baisse de 7% et la Bourse égyptienne a perdu 16,47% à la clôture.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans DETTE-DEFICIT-ECONOMIE

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