L'Allemagne refuse d'être taxée d'égoïsme dans la gestion de la crise

Publié le par Adriana EVANGELIZT



L'Allemagne refuse d'être taxée d'égoïsme dans la gestion de la crise



Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se rencontrent demain à Colombey-les-Deux-Eglises pour tenter d'aplanir les divergences qui se sont fait jour entre Paris et Berlin sur la gestion la crise.

Le cabinet Merkel ne compte visiblement pas se laisser taxer d'égoïsme dans la gestion de la crise financière internationale. Conscients de la montée en puissance, en France, d'un certain sentiment anti-allemand, les milieux gouvernementaux à Berlin ont cherché, ces derniers jours, à éclaircir ce qu'ils estiment être des incompréhensions. Un article du site Internet du « Spiegel », l'un des plus consultés d'Allemagne, titré « Sarkozy attribue à Merkel l'échec dans la crise financière », a certainement contribué à cette réaction. Reprenant un article du « Canard enchaîné », le site de l'hebdomadaire hambourgeois attribue au président français des mots assez durs à l'encontre de la chancelière allemande, qu'il tiendrait responsable de la modestie des résultats du sommet de Paris de samedi dernier. Angela Merkel avait, dès avant la rencontre, indiqué son opposition à toute idée de fonds de sauvetage européen des banques. Une posture qui a été parfois interprétée comme un cavalier seul bien peu solidaire.

Irréaliste

A la chancellerie, on récuse cette vision des choses. Le cabinet considère visiblement qu'un tel fonds n'était, tout simplement, pas la bonne réponse à apporter. D'abord parce que toutes les banques n'ont pas les mêmes problèmes. Certaines ont des problèmes d'accès aux liquidités, d'autres sont sous-capitalisées. Ensuite parce que le droit des faillites, les réglementations bancaires ne sont pas les mêmes à travers l'Union. D'où la nécessité, selon l'Allemagne, de gérer chaque dossier de banque en difficulté au cas par cas, au niveau national.

Berlin doutait, en outre, qu'un fonds européen fût en mesure de réagir aussi rapidement que souhaitable, ou même nécessaire. Certains gouvernements ont dû prendre des décisions majeures en l'espace d'une heure, au cours des dernières semaines. Le gouvernement allemand lui-même a dû ficeler, dimanche dernier, dans des délais record, un deuxième plan de sauvetage de la banque hypothécaire HRE, après que le premier schéma retenu eut capoté. Qui plus est, les banques régionales, en Allemagne, dépendent des Länder et non de l'Etat fédéral.

Berlin ne nie pas que les conséquences budgétaires d'un fonds européen aient aussi plaidé en sa défaveur : en tant que première économie de l'Union, l'Allemagne en aurait été le premier contributeur. Mais, se demande-t-on à Berlin, quel Parlement national aurait accepté de dédier plusieurs dizaines de milliards d'euros à un fonds qui aurait volé au secours de banques basées à l'autre bout de l'Europe ? C'était irréaliste.

Les sujets de discorde n'ont pas manqué, ces derniers mois, entre Paris et Berlin, du projet européen Galileo à l'Union pour la Méditerranée, en passant par la directive sur les émissions de CO2 des voitures neuves. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy auront l'occasion d'éclaircir ces malentendus, demain, à Colombey-les-Deux-Eglises, où ils se retrouvent pour préparer le sommet européen de la semaine prochaine.

Sources
Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans DETTE-DEFICIT-ECONOMIE

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