Les pays de la zone euro annoncent des centaines de milliards pour les banques

Publié le par Adriana EVANGELIZT




Les pays de la zone euro annoncent des centaines de milliards pour les banques



Les principaux pays de la zone euro, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, devaient annoncer lundi leurs plans chiffrés de soutien au secteur bancaire, au lendemain d'un sommet de crise de l'Eurogroupe à Paris, qui semble avoir redonné confiance aux marchés.

Ce sont des chiffres à donner le tournis que Berlin, Paris et Rome, imitant Londres, devaient aligner dans l'après-midi. Environ 470 milliards d'euros pour la seule Allemagne, principale puissance économique de l'Union européenne, selon des sources gouvernementales.

Cette somme se décomposerait en 70 milliards d'euros en capital pour les banques, et 400 milliards d'euros de garanties sur les échanges interbancaires.

La France, l'Italie, l'Allemagne, de même que plusieurs autres pays, comme l'Espagne, ont prévu de tenir des conseils des ministres extraordinaires, à l'issue desquels les plans nationaux devaient être annoncés. A Paris, la réunion du gouvernement devait être suivie d'une déclaration solennelle du président Nicolas Sarkozy autour de 13H20 GMT. Aucun chiffre n'avait filtré lundi matin, côté français.

Le Portugal a déjà décidé dimanche d'une garantie d'Etat de 20 milliards d'euros, et l'Autriche devait faire ses annonces lundi après-midi.

"Il ne s'agit pas de faire des cadeaux aux banquiers, il s'agit de faire en sorte que les consommateurs, les investisseurs puissent continuer à fonctionner d'une façon rationnelle", a déclaré lundi le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Les banques qu'on assistera devront payer", a-t-il ajouté.

Lors d'un sommet dimanche à Paris, les 15 pays partageant l'euro se sont entendus sur un plan d'action comprenant deux grands principes qui devraient être suivis par tous: l'entrée possible des Etats dans le capital des banques en difficulté et la garantie apportée par les gouvernements aux prêts interbancaires. Cette garantie sera payante pour les banques qui en bénéficieront, ont insisté les dirigeants européens. Ces derniers veulent éviter de voir les opinions publiques se retourner contre des plans qui comprennent des sommes astronomiques en faveur des institutions jugées responsables de la crise.

Mais ils jugent crucial ce dispositif de soutien aux échanges interbancaires qui sont pratiquement à l'arrêt. Les banques ne se prêtent plus entre elles, car elles ont peur des faillites. Elles accordent moins de crédits aux ménages et aux entreprises, ce qui menace de mettre à bas le système économique et financier.

Selon le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, la confiance doit désormais revenir. "Je pense qu'il n'y a pas de raison aujourd'hui, ni pour les déposants, ni pour les intervenants sur le marché, ni pour les chefs d'entreprises de craindre quelque chose", a-t-il assuré lundi. "Des garanties sont données, la détermination politique est totale", a-t-il poursuivi.

Les Bourses européennes, qui sortent de la semaine la plus noire de l'Histoire, sont reparties à la hausse lundi, gagnant au moins 6%. Mais la tendance devra être confirmée à Wall Street dans l'après-midi. La réponse coordonnée des Européens à la crise financière fait écho au plan Paulson aux Etats-Unis, évalué à 700 milliards de dollars.

Mais il trouve surtout son inspiration du côté de Londres, où le Premier ministre Gordon Brown a été le premier à proposer ce cocktail de mesures, fait de prises de participations étatiques et de mécanismes de garantie des prêts interbancaires.

Le gouvernement britannique est passé à l'acte lundi matin, en injectant 47 milliards d'euros dans le capital de trois banques, RBS, HBOS et Lloyds TSB. A partir de mercredi, les pays de l'UE se retrouveront à 27 à Bruxelles pour un nouveau sommet, qui devrait confirmer ces orientations.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans DETTE-DEFICIT-ECONOMIE

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