Video : Guillaume Depardieu : C'était un ange déchu

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Lorsque nous avons appris sa mort, nous avons pensé : "Le pauvre..." car Guillaume symbolisait pour nous ce mal de vivre que nous avions connu jadis et qui aurait pu nous conduire dans les mêmes dérives. Nous nous sommes arrêtée au bord du précipice. Suite à un accident. Chaque accident dans la vie des "rebelles" est souvent une alerte. Attention... tu vas trop loin... ressaisis-toi. Une enfance sans amour est comme une pierre lourde à se traîner toute sa vie. L'Homme a besoin de racines. Il a aussi besoin d'Amour. La vie de Guillaume nous faisait penser à celle d'Anthony Delon ou à celle de Laura Smet. C'est que ces trois-là n'ont pas des pères ordinaires. Il est difficile de grandir dans l'ombre d'un géant. La star éclate dans la Lumière, les fils payent le prix de la gloire de leurs géniteurs. Argent facile, un monde factice où l'on cherche son identité pour ressembler à son idole de papa. Mais les pères possédaient une autre stature bien plus solide pour traverser tous les déserts. Drogue, sexe, alcool... ça forge une vraie star et ça glisse sur elle. Leur karma est de durer et de rester. Leurs enfants,  par contre, ont pris toute la fragilité qui semblait faire défaut à leurs modèles. Guillaume en est l'exemple type. Il possédait au fond de lui un mal de vivre que rien ne pouvait combler. C'est ce qui l'a tué.

Repose en paix dans le Royaume des Grandes Âmes... Âme sensible...  pour ceux qui t'aimaient reste le Souvenir...





C'était un ange déchu




L'acteur, fils de Gérard Depardieu, est décédé hier à l'hôpital de Garches, victime d'une pneumonie foudroyante. A 37 ans, il pouvait se targuer d'une belle carrière


Sauvage et tendre, agressif et fragile. Guillaume Depardieu ne goûtait pas les eaux calmes qui abreuvent les gens sans histoires. Il aspirait à la sérénité et vivait dans le drame, il voulait vivre caché et s'exposait sans cesse aux feux de l'actualité. Par son métier, comme par ses excès. Il est mort à 37 ans alors qu'il n'en finissait plus de vouloir guérir ses plaies à l'âme et au corps, et de les raviver dans une autodestruction masochiste.

Il a 3 ans lorsque Gérard Depardieu le fait figurer à ses côtés dans « Pas si méchant que ça », de Claude Goretta. À 13 ans, il apparaît dans « Jean de Florette », de Claude Berri, et à 19 ans, il est encore une silhouette dans « Cyrano de Bergerac », de Rappeneau. Il grandit à l'ombre de son père. Du moins sur les plateaux, car le grand « Depardiou » n'est pas souvent présent dans leur maison de Bougival.

Une maladie des os le fragilise dès la naissance. La solitude, l'absence de repères, le manque de reconnaissance paternelle en font un écorché vif. Il a tout confessé de ses dérives en 2004 dans « Tout donner » (Plon), un livre-entretien quasi psychanalytique coécrit avec Marc-Olivier Fogiel. Le haschisch, puis l'héroïne et l'alcool ont accompagné son adolescence. Guillaume a de l'argent mais pas de raisons de s'en réjouir. Il veut exister par lui-même et il se construit à ses dépens. La rébellion l'entraîne vers la provocation. Puis vers la délinquance. Renvoi de tous les lycées, prostitution bisexuelle, agression. Il fête ses 17 ans dans le quartier des mineurs de la prison de Bois-d'Arcy. Il sera de nouveau condamné en 2003 pour avoir tiré sur un « admirateur » une nuit d'août dans une rue de Trouville, et encore en juin dernier pour conduite en état d'ivresse.

Un talent fou.

Ce serait infiniment injuste de réduire sa courte vie à un casier judiciaire. L'ange déchu avait un talent fou que révèle Alain Corneau dans « Tous les matins du monde » (1991). Il incarne le joueur de viole de gambe Marin Marais (son père joue le même personnage plus âgé). En 1995, il est à l'affiche des « Apprentis », de Pierre Salvadori. Magnifique composition qui lui vaut le prix Jean-Gabin et le César du meilleur espoir masculin. Guillaume Depardieu n'a pas le temps de savourer cette reconnaissance tant espérée. Il est grièvement blessé à un pied lors d'un accident de scooter sous le tunnel de Saint-Cloud. Il est opéré et se retrouve infecté de deux staphylocoques dorés. 17 opérations plus tard, la douleur est toujours là. Insupportable. Avec la morphine pour seule échappatoire. Il épouse la comédienne Élise Ventre et a une petite fille, Louise, qui naît en 2000. Mais le couple ne résistera pas aux démons de Guillaume.

Il enchaîne film sur film. En 2003, il part se reposer trois semaines à Biarritz avec la petite Louise dans la maison de son ami Dominique Delaby. « Guillaume était un être d'une infinie tendresse. Sanguin, et si doux dès qu'il était apprivoisé. Il avait tous les dons, ceux de comédien, de pianiste, d'écrivain, de chanteur... » se souvient son ami. Cet intermède de paix le préparait à l'amputation de la jambe, qu'il avait choisie pour mettre un terme à ses souffrances. Il reprendra son métier avec courage et désespoir. « Versailles », sorti cet été, en fait un SDF émouvant qui devient un père de substitution. Une pneumonie a mis fin à ses rêves tourmentés lors de son dernier tournage en Roumanie.

Sources Sud Ouest 

Posté par Adriana Evangelizt  

 









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