Sommet UE: la récession menace l'unité attendue sur la crise financière

Publié le par Adriana EVANGELIZT




Sommet UE: la récession menace l'unité attendue sur la crise financière




Les dirigeants de l'UE devaient avaliser mercredi les mesures adoptées par les pays de la zone euro pour stopper la crise financière, mais les mesures à envisager face au risque de récession, qui font de nouveau plonger les Bourses, menacent leur belle unité.

Le spectre de la récession alimente déjà la polémique sur le plan européen de lutte contre le changement climatique: la Pologne a menacé dès l'ouverture du sommet de mettre son veto au paquet de mesures préparé par Bruxelles pour arriver à réduire de 20% les émissions européennes de gaz à effet de serre d'ici 2020.

Sur la crise financière, la présidence française de l'UE espère que les 27 "salueront le plan d'action concerté" annoncé dimanche lors d'un sommet inédit des 15 pays de la zone euro. Et qu'ils adopteront les "principes" de recapitalisation des établissements financiers en difficulté et de garantie des prêts interbancaires destinés à restaurer la confiance.

Pour une fois, le président français Nicolas Sarkozy peut considérer l'adhésion de la Grande-Bretagne, très réfractaire à la monnaie unique mais inspiratrice de ce plan, comme acquise.

Le gouvernement tchèque, très libéral, est seul à avoir émis des objections devant ce retour de l'Etat dans la sphère financière. Mais un diplomate tchèque a assuré mercredi qu'il ne "bloquerait pas" le texte.

Les Européens devraient aller un peu plus loin lors de ce sommet en protégeant plus que prévu les épargnants, en soulageant le bilan des banques. Et en s'attaquant à un sujet qui les a toujours divisés, la création d'une supervision financière paneuropéenne.

Forte d'un consensus inimaginable il y a encore deux semaines, l'UE devrait en profiter pour exhorter les Etats-Unis à une plus grande coopération internationale pour surveiller le système financier, comme l'ont demandé mercredi Gordon Brown et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Mais si ces mesures européennes ont permis un brève accalmie sur les marchés, elles pourraient montrer leurs limites rapidement face au très net ralentissement de la croissance en Europe. Une mauvaise conjoncture qui a fait plonger les Bourses de nouveau mercredi.

L'Irlande est déjà en récession. Et l'économie allemande, la première d'Europe, est "au bord de la récession", selon les instituts allemands de conjoncture. La chancelière Angela Merkel a reconnu mercredi qu'il fallait s'attendre "à ce que la croissance ralentisse".

Or, les pays européens ne sont guère au diapason sur l'opportunité d'un plan de relance coordonné.

Le chancelier autrichien sortant Alfred Gusenbauer a ainsi estimé juste avant le sommet que la situation actuelle plaidait pour l'adoption d'un "paquet (de mesures) pour l'économie réelle, pour éviter une hausse du chômage".

Mais le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos a immédiatement rétorqué qu'il n'y avait "pas besoin" d'un tel paquet.

Les Européens doivent "commencer à songer comment mieux organiser toute l'économie, car nous commençons à souffrir aussi sur l'économie réelle, dans le secteur non financier de notre économie", a néanmoins reconnu le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia.

L'horizon économique de plus en plus bouché pourrait amener certains pays à remettre en cause les ambitions européennes de lutte contre le réchauffement climatique.

L'UE s'est engagée à arriver fin décembre à un accord politique sur le paquet législatif visant à réduire les émissions des industriels, des transports comme des ménages et à répartir le fardeau selon les possibilités des différents pays membres.

Mais de nombreux pays d'Europe centrale et aussi l'Italie poussent plus fort encore qu'avant pour voir leurs obligations dans le cadre de ce plan revues à la baisse, comme le prouve la menace de veto polonais.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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