Platini juge absurde la décision de Sarkozy dans l'affaire de La Marseillaise

Publié le par Adriana EVANGELIZT





Platini juge absurde la décision de Sarkozy dans l'affaire de La Marseillaise



PARIS - Michel Platini juge "absurde" la décision de Nicolas Sarkozy de faire arrêter les matches amicaux si La Marseillaise est sifflée, alors que Jean-Pierre Escalettes n'est pas très chaud.

Dans un entretien au quotidien Le Monde, l'ancien capitaine des Bleus et actuel président de l'UEFA regrette que le football soit "pris en otage par le monde politique" et estime que les sifflets qui ont accompagné l'hymne français avant le match France-Tunisie ne sont "pas une insulte à la France".

Pour sa part, le président de la Fédération française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes, estime que l'annulation du match dans le cas où l'hymne national est sifflé "est une réponse agressive à des comportements agressifs et intolérables".

"Je ne fais pas injure au président de la République, ni à la ministre (des Sports Roselyne) Bachelot, ni au secrétaire d'Etat (aux Sports Bernard) Laporte, de ne pas avoir mesuré les conséquences éventuelles", note M. Escalettes dans un entretien paru dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

M. Sarkozy a fait savoir mercredi que tout match amical où La Marseillaise sera sifflée serait désormais immédiatement arrêté, sur décision de la fédération organisatrice, et que les éventuels matches amicaux ultérieurs avec le pays concerné seraient suspendus.

"Si on commence à arrêter un match parce qu'il y a des sifflets, dans ce cas-là on arrête aussi dès qu'un joueur se fait siffler ou quand le gardien se fait conspuer après un dégagement. C'est absurde, juge Michel Platini. Et pourquoi pas aussi un policier derrière chaque spectateur. Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés."

Selon le président de l'UEFA, les sifflets entendus au Stade de France étaient tout simplement une manifestation d'hostilité à l'encontre d'un "adversaire d'un soir, en l'occurrence l'équipe de France, que l'on veut battre".

"Dans d'autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l'hymne national quand l'équipe de France dispute un match de l'Euro ou de la Coupe du monde", a-t-il souligné.

Concernant la décision du gouvernement français, Platini juge que le monde politique n'a pas à interférer avec celui du sport.

"Il y a des règles qui régissent le football et elles sont édictées par la FIFA et l'UEFA, ajoute-t-il. Le règlement prévoit qu'un match peut être arrêté, et j'y suis favorable, en cas d'acte de racisme par exemple. Mais ce n'est pas à une autorité politique de décider: la responsabilité incombe à l'arbitre et au délégué du match."

Platini se souvient qu'à l'époque où il défendait les couleurs des Bleus, l'hymne français était sifflé "sur tous les terrains".

"Mais à l'époque, les politiques ne s'intéressaient pas au football et ça ne choquait personne, affirme-t-il. Aujourd'hui, c'est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n'a rien à voir avec le sport."

"Je ne me sens pas capable, moi, d'évacuer tout un stade, confie de son côté M. Escalettes. Si les gens ne veulent pas partir? Et après, que font-ils dans la rue? Il faut donc mettre en place une structure type UEFA - directeur du stade, chef de la police, président de la Fédération - qui rapidement prend une décision collective.

"Il faudra gérer cette nouvelle situation", prévient M. Escalettes, ajoutant que les membres du conseil fédéral de la FFF "seront très prudents" quant au choix des futurs adversaires de l'équipe de France lors des prochains matches amicaux.

Sources La Presse Canadienne

Posté par Adriana Evangelizt

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