Chute des marchés: les craintes de récession n'expliquent pas tout

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Un article où l'on apprend que ce sont les hedge-funds et leurs spéculateurs qui font plonger la bourse et tarir les liquidités.



Chute des marchés: les craintes de récession n'expliquent pas tout



La rechute des Bourses, après deux jours d'embellie, ne reflète pas seulement les craintes de récession économique mais résulte aussi des liquidations de positions massives opérées par les fonds spéculatifs dont les clients retirent leur argent, affirment des experts


L'annonce de plans de sauvetage gouvernementaux s'est accompagnée, lundi et mardi, d'un net rebond des places financières internationales, après une semaine noire.

Il a tourné court: dès mercredi, les Bourses replongeaient, Wall Street enregistrant sa pire perte depuis 1987 et entraînant les places asiatiques dans son sillage jeudi. Au Japon, l'indice Nikkei a notamment cédé plus de 11%.

Face à ces turbulences, la plupart des analystes expliquent que le regain de confiance insufflé par les mesures d'aide gouvernementales n'a pas suffi à pallier les craintes de récession qu'inspire désormais l'économie mondiale.

Mais cette explication ne contente pas tout le monde.

"Il y a un facteur dont on ne parle pas assez, c'est que les hedge funds (fonds spéculatifs, ndlr) se voient contraints de liquider leurs positions face à d'importants retraits de capitaux", poursuit Tony Dolphin, économiste du gestionnaire de fonds Henderson Global Investors.

Les temps sont durs, en effet, pour les fonds spéculatifs qui ont largement eu recours au crédit ces dernières années pour gonfler leurs investissements et en tirer une énorme rentabilité.

Désormais, le crédit s'est tari. Et pour la première fois depuis longtemps, nombre de ces fonds ont perdu de l'argent cette année, leur stratégie de couverture n'ayant pas suffi à les protéger de l'effondrement des Bourses, alors que leur vocation est de gagner de l'argent, que le marché soit à la hausse ou à la baisse.

En conséquence, ceux qui ont investi dans ces fonds souhaitent récupérer leur mise, seul l'argent étant roi en ces temps de crise du crédit, et pour les rembourser, les fonds doivent vendre des actifs. Le rebond des Bourses en début de semaine leur a fourni une excellente occasion.

"Nous sommes désormais dans la seconde phase de recul des marchés où la liquidation des positions va saper toute remontée durable", estime Simon Denham, directeur de Capital Spreads, une société qui joue sur les marchés financiers.

"Il semble que les autorités ne peuvent plus faire grand-chose désormais pour enrayer le processus de rapatriement de fonds en cours dans les institutions financières qui cherchent toutes à assainir leurs bilans et à se débarrasser de leurs actifs les moins liquides, sapant toute confiance sur les marchés", poursuit Derek Halpenny, de la Bank of Tokyo-Mitsubishi.

La nervosité, de fait, reste de mise: les indices de volatilité qui mesurent l'ampleur des variations des cours des actifs financiers, évoluent au plus haut, à l'instar de l'indice VIX, le plus utilisé pour les marchés d'actions.

"Les Bourses sont actuellement balayées par une déferlante de gens en proie à des appels de marge (en situation de perte potentielle, ndlr), à des oscillations violentes qui ne reflètent pas vraiment la réalité. Il est très difficile de porter un jugement et de dire qu'une chute de 7% ou 8% correspond vraiment à une valorisation du marché", analyse David Keeble, de la banque d'affaires Calyon.

"Nous avons affaire à un marché régi par la peur et dès lors les échanges s'éloignent des fondamentaux de l'économie", ajoute-t-il.

 Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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