Polémique sur les propos de Sarkozy pour le Québec et le Canada

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Polémique sur les propos de Sarkozy pour le Québec et le Canada



"S'il y a quelqu'un qui vient me dire que le monde a besoin d'une division supplémentaire, c'est qu'on a pas la même lecture du monde", a déclaré le président de la République, lors du sommet de la Francophonie à Québec. Des propos qui ont provoqué de vives réactions sur place.

L'interprétation des propos prononcés par le président français Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse au cours du sommet de la francophonie au Québec, vendredi 17 octobre, cristallise le débat ce week-end.
"J'ai toujours été un ami du Canada (...) Et franchement s'il y a quelqu'un qui vient me dire que le monde a besoin d'une division supplémentaire, c'est qu'on a pas la même lecture du monde", s'est exprimé Nicolas Sarkozy devant les journalistes, avant de prendre la parole devant l'Assemblée nationale québécoise.
Selon certains titres de la presse nationale, ces paroles seraient à traduire comme un plaidoyer en faveur de l'unité canadienne, et donc clairement opposées à l'indépendance du Québec.
L'ancien Premier ministre indépendantiste Jacques Parizeau a vivement réagi à ces déclarations, les qualifiant d'"énormités". "C'est dire : nous ne sommes pas d'accord avec la souveraineté du Québec", a-t-il déclaré. Selon lui, le discours français "implique un jugement" dirigé contre la souveraineté du Québec. "Je ne me souviens pas d'avoir jamais vu un chef d'État dire ça pendant tous les débats sur la souveraineté du Québec", a-t-il ajouté. Jacques Parizeau a mené le référendum de 1995, au cours duquel l'indépendance du Québec avait été rejetée de peu par les Québécois.

"Grande confusion dans les rangs souverainistes"

Le Premier ministre québécois Jean Charest, partisan de l'unité du Canada pour sa part, a dit ne pas penser que le séparatisme québécois va disparaître, en nuançant cependant : "Je constate en même temps en 2008, la très grande confusion dans les rangs souverainistes et surtout un isolement de plus en plus important", a-t-il dit en soulignant que "c'est aux Québécois de faire des choix et de le faire dans un contexte où l'on n'a pas à chercher de permission ou d'approbation". Les autres dirigeants partisans de l'indépendance sont restés discrets sur la question alors que les responsables souverainistes se sont montrés satisfaits des déclarations de Nicolas Sarkozy.

"Nos amis les Canadiens, nos frères les Québécois"

Pour Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat français à la Francophonie, les propos du président ne prêtent aucunement à confusion, et ne doivent ni satisfaire les souverainistes ni déranger les séparatistes. Il a déclaré samedi 18 octobre que la polémique engagée sur la question était de "mauvaise foi", et a critiqué les commentaires de la presse québécoise. "Si vous essayez de chercher des mots dans une conférence de presse pour leur donner un sens qu'ils n'ont pas, alors à ce moment là, on n'est plus dans la bonne foi", a-t-il déclaré à l'adresse de quelques journalistes en marge du Sommet de la Francophonie à Québec. "Je vous renvoie à ses propos officiels prononcés devant l'Assemblée nationale du Québec (...) il a dit quelque chose de formidable. Il a dit nos amis les Canadiens et nos frères les Québécois (...) Ça mérite qu'on sabre le champagne mais pas qu'on fasse des polémiques ou qu'on fasse de la mauvaise foi", a ajouté Alain Joyandet.

Sources
Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article