Sombre fin de semaine sur les marchés financiers, plombés par la récession

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Sombre fin de semaine sur les marchés financiers, plombés par la récession



Un vent de panique a balayé vendredi les marchés financiers, en forte chute, même si Wall Street semblait résister à l'effondrement, face à une récession qui affecte nombre de secteurs industriels et entraîne des plans sociaux.

Ne cédant pas à l'affolement général, la Bourse de New York a contribué à limiter les dégâts en Europe, où Francfort et Paris ont enregistré par moment des baisses dépassant les 10%.

Les Bourses européennes ont néanmoins clôturé en forte baisse: Londres a perdu 5%, Francfort 4,96%, Paris 3,53%, Milan 5,61%, Madrid 5,20%.

A Wall Street, vers 16H30 GMT, le Dow Jones cédait 2,47% et le Nasdaq 1,75%.

"Ce n'est même plus de panique qu'il s'agit, mais d'une capitulation: les marchés baissent les bras face au spectre de la récession", a expliqué Robert Halver, stratège actions de la Baader Bank.

"Mais la cause principale, c'est que les fonds spéculatifs sont obligés de liquider leurs positions", commentait de son côté Al Goldman de Wachovia Securities.

Les deux Bourses de Moscou, le RTS et le Micex, ont suspendu leurs cotations jusqu'à mardi, après des chutes de plus de 13% de leurs indices.

En Asie, la Bourse de Tokyo avait ouvert le bal avec une chute de 9,6% en clôture, terminant au plus bas depuis plus de cinq ans. Dans la foulée, Séoul dégringolait de 10,6%, Hong Kong de 8,3% et Bombay de 10,96%.

Sur le front du pétrole, l'annonce d'une baisse de la production n'a pas non plus ramené le calme.

Ainsi, malgré la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) vendredi à Vienne de réduire sa production de 1,5 million de barils par jour, les cours de l'or noir ont continué à dégringoler, après avoir déjà perdu plus de 50% depuis le sommet des 147 dollars atteint en juillet.

Après l'annonce de cette baisse, inférieure à l'attente de certains analystes, le baril est tombé jusqu'à 61 dollars pour le Brent de mer du Nord et 63 dollars pour le "light sweet crude" américain.

L'Opep s'est attiré les foudres de la Maison Blanche, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne, qui redoutent une nouvelle hausse des cours du brut et son impact sur l'économie mondiale.

Des annonces en série sont venues confirmer que la crise financière a bien commencé à empoisonner l'économie réelle.

La Grande-Bretagne a ainsi annoncé son premier recul de l'activité économique depuis 1992, avec une baisse de 0,5% de son Produit intérieur brut au troisième trimestre.

Dans la zone euro, l'activité du secteur privé est tombée à son plus bas niveau depuis 10 ans.

"La question n'est plus de savoir si la zone euro va entrer en récession mais de connaître l'intensité et la durée de cette récession", selon Howard Archer, du cabinet Global Insight.

L'euro pâtit de ces sombres perspectives et est tombé vendredi au plus bas depuis deux ans face au billet vert, sous 1,25 dollar, avant de se reprendre.

Le secteur le plus emblématique de cette contagion de la crise financière est sans doute l'automobile: tour à tour les géants français PSA Peugeot Citroën et Renault ont annoncé des arrêts de production, tandis que les suédois Volvo et Scania reconnaissaient la baisse de régime "la plus brutale jamais vue". Du coup, les actions du secteur descendaient aux enfers.

Autre secteur touché de plein fouet: le transport aérien, avec un déclin pour la première fois depuis cinq ans du trafic passagers international.

Air France-KLM a annoncé un plan d'économies de 700 à 800 millions d'euros d'économies à l'horizon 2011-2012 et envisage des réductions d'effectifs.

De même, des aciéries du géant mondial ArcelorMittal vont être temporairement mises à l'arrêt dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, la Belgique et l'Allemagne.

Pour soutenir les entreprises, les gouvernements réfléchissent à des mesures de relance, tout en espérant une baisse des taux de la Banque centrale européenne, qui dispose encore d'une "marge de manoeuvre" selon la ministre française de l'Economie Christine Lagarde.

En attendant, les annonces de plans sociaux se multiplient.

L'américain Chrysler va supprimer jusqu'à 5.000 emplois administratifs et postes d'intérimaires -un quart des effectifs- d'ici la fin de l'année.

Son compatriote Xerox prévoit 3.000 suppressions d'emplois dans le monde et le câblo-opérateur espagnol ONO 1.300.

Et sur toutes les places européennes, les bancaires continuaient à subir le martyre: les espagnoles Santander et BBVA ont perdu 10,18% et 8,59% à 7,98 euros. Unicredit, première italienne, a été suspendue alors qu'elle perdait 10,91% et qu'Intesa SanPaolo, numéro deux, a été suspendue à deux reprises après avoir perdu jusqu'à 13,73%.

L'Islande a de son côté officiellement demandé au Fonds monétaire international (FMI) une aide de 2 milliards de dollars pour surmonter la crise qui a ruiné son système bancaire. Ukraine, Pakistan, Bélarus, Hongrie pourraient aussi avoir recours aux prêts du FMI, qui dispose de 200 milliards de dollars à cet effet.

Le marché du crédit vit "un tsunami comme on en voit un par siècle", selon l'ancien président de la Banque centrale américaine, Alan Greenspan.

Ce tsunami est évidemment au centre des prochaines réunions internationales, à commencer par le sommet de l'Asem qui réunit jusqu'à samedi à Pékin 43 dirigeants européens et asiatiques.

Les pays de l'Asem ont réclamé une réforme efficace et profonde des systèmes monétaire et financier et ont demandé au FMI de jouer un rôle "important" dans l'assistance aux pays durement touchés par la crise.

L'Union européenne souhaitait rallier les puissances émergentes à sa volonté de refondation du système financier mondial, avant le sommet du G-20 (principaux pays industrialisés et émergents) le 15 novembre, à Washington. Un sommet qui sera précédé début novembre d'une réunion des ministres des Finances du G 20 à Sao Paulo.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a quant à lui exhorté le G-20 à entendre "la voix des petits pays et des pays pauvres".

Les pays émergents sont rattrapés par la crise financière et les craintes de récession. Sao Paulo, première Bourse d'Amérique du sud, plongeait de 5,37%, après l'ouverture, Mexico de 4,72%, tandis que Buenos Aires perdait 7,43%.

La Banque centrale du Brésil (BCB) a sorti l'artillerie lourde, et se tient prête à injecter 50 milliards de dollars sur le marché des changes pour enrayer la chute du real qui a perdu 38% de sa valeur face au dollar depuis août.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans DETTE-DEFICIT-ECONOMIE

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