La fracture consommée au PS, "pain bénit" pour l'UMP

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 Si on doit dire ce que l'on pense, on trouve très étrange que Ségolène Royal soit coiffée au poteau par 42 voix. Oui, très étrange. Si, par malheur, Martine Aubry est déclarée vraiment vainqueur, alors nous conseillons à Ségolène de fonder un autre parti car là personne ne sera dupe de l'ambiance qui règnera entre les deux protagonistes. On peut, certes, faire semblant d'aimer les gens mais combien de temps ? Que Ségolène retrouve sa Liberté et fasse sa route sur de nouvelles bases comme a osé le faire un jour Bayrou. Voilà.

 

 

 

 

 

La fracture consommée au PS, "pain bénit" pour l'UMP

 

 

 

La victoire à l'arraché de Martine Aubry pour le leadership du Parti socialiste, contestée par sa rivale Ségolène Royal, révèle une fracture au sein du premier parti d'opposition qui joue incontestablement en faveur de l'UMP à court terme, et pour certains observateurs jusqu'en 2012.

Plusieurs élus ou responsables du parti majoritaire avaient tablé sur un faible écart entre la maire de Lille et la présidente de la région Poitou-Charentes : "ce serait pour nous le meilleur des scénarios", confiaient plusieurs d'entre eux à l'AFP peu avant la clôture du scrutin. "A 50/50, le PS est encore plus difficilement gouvernable, et les plaies seront plus difficiles à panser", relevait un cadre UMP.

Le score final, joué à une poignée de voix (42) et rejeté par le camp Royal, les aura confortés, sans doute au delà de leurs espérances, dans l'idée que désormais la fracture au PS est bel et bien consommée. Le PS est désormais "un parti affaibli et coupé en deux, avec deux camps qui ne se respectent pas... pire, qui se haïssent!

Chacun revendique la victoire," ainsi jugé samedi Frédéric Lefebvre, un des porte-parole du parti présidentiel.

"Je salue le talent d'auto-destruction du PS," a renchérit ironiquement son collègue Dominique Paillé, y voyant "une démonstration d'un art consommé de la volonté de disparaître".

Avant le scrutin, l'UMP ne cachait pas sa "préférence" pour Mme Royal, une "adversaire plus facile à battre" en 2012, rappelant qu'elle avait réalisé à la présidentielle de 2007 le plus mauvais score, dans un duel gauche droite, depuis celui de François Mitterrand en 1965. A contrario, "pour les socialistes, le meilleur premier secrétaire, c'est Martine Aubry", tranche le député Benoist Apparu, pour qui elle incarne une opposition "plus forte et plus structurée, et aura une majorité pour elle au sein du parti".

Mais "elle a aussi un problème d'image et n'empêchera pas Mme Royal de continuer à jouer sa petite musique", nuance Pascal Perrineau, directeur du Cevipof (centre de recherches politiques de Science Po).

Le député Jérôme Chartier voit dans la situation actuelle le "constat d'un véritable éclatement des choix politiques au PS".

Le secrétaire d'Etat à l'Outremer, Yves Jego, va plus loin : "On peut toujours rafistoler la façade... la famille socialiste est confrontée à une situation qui peut aboutir à une scission entre social-libéralisme et néo-marxisme". A court terme, "ce bordel généralisé au PS est plutôt une très bonne chose pour nous", s'amuse un parlementaire UMP. Reste qu'à moyen et long terme, l'UMP aurait aussi besoin d'une opposition "structurée", de l'avis de plusieurs élus ou responsables.

"Un bon droite-gauche, assez équilibré, est la meilleure des choses. Ca nous évite d'avoir des troisièmes voies que représenteraient celle de Bayrou, au centre, ou celle de Besancenot, à l'extrême gauche", estime Benoist Apparu.

Il faut donc "deux partis d'alternance qui peuvent succéder l'un à l'autre sans difficulté et sans drame". Deux partis "qui tiennent bien la route, l'UMP d'un côté et le PS de l'autre", à l'exemple de "toutes les grandes démocraties qui fonctionnent bien", résume-t-il. "La droite joue sur du velours", selon M. Perrineau : le "grand vainqueur" du Congrès de Reims, c'est "incontestablement Nicolas Sarkozy", et cette bataille fratricide du "pain béni" pour sa majorité. Le PS est "plombé pour plusieurs mois et peut-être plus". "L'UMP n'a donc pas beaucoup de souci à se faire", pronostique le politologue.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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