Clearstream : Lahoud avoue avoir ajouté le nom «Sarkozy»

Publié le par Adriana EVANGELIZT

On était sûrs que c'était lui. Et on espère fortement que la troisième personne dont il tait le nom n'est pas DDV. Il est d'ailleurs bizarre que Lahoud parle maintenant.

 

 

 

 

Clearstream : Lahoud avoue avoir ajouté le nom «Sarkozy»

Alors qu'il niait tout en bloc, l'informaticien déclare dans une interview au Point avoir lui-même falsifié les fameux listings mettant en cause des personnalités. Et implique également l'ancien patron des RG, Yves Bertrand.

Est-ce l'aveu d'un homme «épuisé» comme il se présente ou une énième tentative de noyer le poisson ? Toujours est-il qu'Imad Lahoud, l'un des protagonistes de l'affaire Clearstream, a reconnu pour la première fois avoir lui-même ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les fameux faux listings. Et ceci dans le bureau même d'Yves Bertrand, alors patron des RG, révèle-t-il au Point à paraître jeudi. Faux, répond Yves Bertrand, qui a immédiatemment annoncé son intention de porter plainte contre l'hebdomadaire.

L'affaire Clearstream de «dénonciation calomnieuse» tient en haleine le monde politique depuis 2004. Après quatre ans d'enquête les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont mis un point final à leur instruction le 17 novembre dernier en renvoyant Imad Lahoud, en compagnie notamment de Jean-Louis Gergorin, devant le tribunal correctionnel de Paris pour «dénonciation calomnieuse» et «faux et usage de faux».

Les juges soupçonnent Jean-Louis Gergorin, ex-vice-président d'EADS et l'informaticien Imad Lahoud qu'il aurait lui-même recruté en 2003, d'avoir falsifié des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise Cleastream. Ces documents accusaient à tort des personnalités politiques d'avoir touché des rétrocommissions dans l'affaire des frégates de Taïwan, au premier rang desquelles Nicolas Sarkozy. L'ancien premier ministre, Dominique de Villepin, également renvoyé en correctionnelle, est suspecté d'avoir organisé une manipulation pour déstabiliser celui qui était alors ministre de l'Intérieur.

La révélation d'Imad Lahoud est un revirement à 180 degrés dans sa défense . L'informaticien s'est toujours défendu bec et ongles devant les enquêteurs d'avoir fabriqué les faux listings. Mais il s'accuse aujourd'hui de falsification, mouillant au passage l'ancien directeur des Renseignements généraux Yves Bertrand qu'il dit avoir rencontré «six fois».

Aux journalistes du Point, il soutient : «La dernière fois que j'ai vu Bertrand, c'était dans son bureau, pour ajouter le nom de Sarkozy sur les faux listings. C'est le seul nom que j'ai ajouté. C'était en présence d'une troisième personne, dont je préfère pour l'instant taire l'identité».

Pour étayer cet aveu soudain, Lahoud jure que «tous ces rendez-vous figurent» dans ses «agendas électroniques, qui ont été saisis dans l'affaire Clearstream». Et regrette : «Malheureusement, les juges n'ont jamais pris la peine de regarder si le patron des RG y apparaissait». Et pour justifier cette surprenante volte-face, Lahoud confie qu'il est un homme «fatigué, épuisé». Il dit s'être «enferré dans une défense sans issue où je niais tout en bloc».

Yves Bertrand éclaboussé

Dans l'enquête Clearstream, Lahoud a beaucoup évolué dans ses déclarations expliquant avoir rencontré à deux reprises Nicolas Sarkozy. Au vu de ces nouvelles révélations, le parquet a la possibilité de demander la réouverture de l'enquête. Mais une source judiciaire indique : «Ce dossier se règlera devant le tribunal, les déclarations d'Imad Lahoud ne changent rien en l'état puisqu'il est déjà renvoyé devant le tribunal».

Eclaboussé par la révélation d'Imad Lahoud, l'ancien directeur central des RG Yves Betrand a démenti tout contact avec lui, dans un entretien téléphonique avec Associated Press.

«Imad Lahoud dit m'avoir vu six fois. C'est 100% faux», s'est indigné Yves Bertrand dont 23 carnets, saisis dans le cadre de l'affaire Clearstream, ont été versés ces derniers jours aux avocats du procès de l'Angolagate. «Je n'ai rien à voir avec Clearstream», a-t-il ajouté. «Non seulement je ne l'ai jamais vu dans mon bureau mais je ne lui ai donné aucune instruction», a-t-il martelé estimant qu'Imad Lahoud serait bien en peine de décrire son bureau. C'est pourquoi il a annoncé qu'il allait porter plainte en diffamation contre Le Point.

Mais dans les carnets d'Yves Bertrand, que Le Figaro a pu consulter, le nom d'Imad Lahoud est mentionné en mai 2001. Il est présenté comme un riche Libanais, qui s'est converti au judaïsme pour se marier. A la fin du passage le concernant, Yves Bertrand écrit «pourrait wer c LJ», ce qui a été interprété comme «pourrait travailler contre Lionel Jospin».

La mise en cause d'Yves Bertrand par Imad Lahoud intervient également alors que celui-ci fait l'objet d'une plainte de Nicolas Sarkozy. Partie civile dans l'affaire Clearstream, le chef de l'Etat accuse l'ancien patron des RG de dénonciation calomnieuse pour avoir consigné dans ses carnets et utilisé des informations privées et non vérifiées.

Sources Le Figaro

 

Posté par Adriana Evangelizt

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