Sans-abri: Fillon tente de désarmorcer la polémique

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

Sans-abri: Fillon tente de désarmorcer la polémique

 

 

 

François Fillon a tenté jeudi de désarmorcer la polémique sur l'hébergement d'office des sans-abri envisagé par le gouvernement, affirmant qu'il n'était "pas question d'obliger" les SDF, sauf en cas de danger vital, au moment même où un cinquième SDF vient d'être retrouvé mort.


"Il n'est pas question d'obliger les SDF à rejoindre les hébergements d'urgence", a souligné le Premier ministre, lors d'un déplacement à Arcachon, en ajoutant: "J'ai un profond respect pour la liberté de chacun mais en même temps la non assistance à personne en danger c'est une faute, et c'est une faute qu'un gouvernement ne peut pas accepter".

Cette déclaration de M. Fillon est intervenue au lendemain du tollé général des associations contre la proposition de la ministre du Logement Christine Boutin de recourir à l'hébergement obligatoire des sans-abri par grand froid, conformément au souhait exprimé par Nicolas Sarkozy en Conseil des ministres.

Durant la campagne présidentielle, en décembre 2006, M. Sarkozy avait promis de faire en sorte que "d'ici deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid".

Las, mercredi soir, un homme de 51 ans a été découvert mort dans la camionnette dans laquelle il vivait à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), portant à cinq le nombre de décès de SDF en un mois dans la région parisienne.

En un an, selon l'association Emmaüs, 265 sans-abri sont morts dans la rue.

"On a un problème de SDF pas résolu, pas supportable. On ne va pas égrener les morts tous les jours pendant les semaines et les mois qui viennent", s'est insurgé jeudi Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, et ancien président d'Emmaüs. Mais, a-t-il promis, le gouvernement "va passer à la vitesse supérieure dans la prise en compte" des sans-abri.

Les déclarations du Premier ministre pourraient rassurer les associations qui unanimement ont condamné mercredi puis jeudi l'idée d'un hébergement forcé des SDF, qualifiée de "grave régression" par Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, ou d'"idée bête" par la fondation Abbé Pierre.

Droit au logement (Dal) a estimé jeudi que "les conséquences prévisibles d'une telle mesure seront d'amener les sans-abri répugnant à vivre dans des foyers d'urgence à se cacher toujours plus loin dans des conditions sanitaires toujours plus risquées".

Dans la matinée jeudi, Mme Boutin s'est efforcée, comme M. Fillon, d'atténuer le principe de l'hébergement d'office souhaité par le chef de l'Etat, en insistant sur "la question qui mérite d'être posée" à savoir "jusqu'à quel moment doit-on laisser une personne sans abri jouer avec sa vie?".

"Si nous ne proposions pas une réflexion, en particulier quand il fait vraiment froid, en obligeant les gens à se mettre à l'abri, l'opinion nous poserait la question", a-t-elle ajouté.

Pour les associations, comme le souligne jeudi Nicole Maestracci, présidente de la Fnars, "une fois de plus ce sont l'émotion et la compassion consécutives à la vague de froid qui ont rappelé au gouvernement une réalité qu'ils ne semblent pas vouloir combattre sur le fond".

Elles jugent que la France prend le problème "à l'envers" en proposant des places dans des gymnases surpeuplés et nauséabonds et non pas, comme en Allemagne, des places d'hébergement dignes et des perspectives de logement durable.

 

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LA MISERE EN FRANCE

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