Les militants toujours avec Ingrid Betancourt mais certains s'avouent déçus

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

Les militants toujours avec Ingrid Betancourt mais certains s'avouent déçus

 

 

Les militants qui se sont battus pendant des années pour la libération d'Ingrid Betancourt veulent continuer le combat pour les otages de Colombie, à ses côtés, mais certains s'avouent désorientés voire déçus par l'attitude énigmatique de l'ex-otage.


Depuis sa libération le 2 juillet par les forces spéciales colombiennes, l'ex-candidate à la présidentielle colombienne a multiplié les voyages et les rencontres pour créer une fondation destinée à défendre les droits de l'homme mais a refusé toute explication et toute interview en France.

Sa priorité: la libération des 28 otages dits "politiques" retenus comme elle l'a été pendant plus de six ans par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Elle a appelé les Farc à "déposer les armes" et libérer les otages, lors d'un rassemblement à Madrid aux côtés du chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos.

Sa mère Yolanda Pulecio et sa soeur Astrid Betancourt étaient elles présentes au rassemblement parisien auquel elle avait appelé à participer, en écho aux marches organisées en Colombie.

Mais ses décisions contradictoires, son caractère trempé et ses changements d'agenda de dernière minute ont parfois désorienté voire déçu certains militants des comités de soutien, même si tous soulignent leur admiration pour quelqu'un qui a vécu "des souffrances au-delà de l'imaginable".

Elle a demandé aux comités de soutien de changer de nom et de ne plus utiliser son image, les remerciant toutefois chaudement pour leur action et leur proposant une collaboration dans certaines actions de sa future fondation qu'elle devrait présenter le 13 décembre.

"Moi j'ai senti qu'elle ne voulait plus qu'on l'associe aux 3.000 otages de Colombie", dit Arnaud Crepel, l'un des militants de la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt rebaptisée samedi Fédération internationale des Comités Libertad (Ficib).

"J'ai été déçu parce que je pensais qu'elle allait continuer à nous suivre dans notre combat pour tous les otages de Colombie", confie comme d'autres ce militant du nord de la France présent lors de l'assemblée générale de l'organisation samedi.

L'entourage de l'ex-otage souligne sa "forte personnalité" et sa volonté de "tout maîtriser". "Elle ne se laisse pas facilement influencer. Elle a du mal à faire confiance aux autres après ce qu'elle a vécu", reconnaît Dominique Bouillon, l'un des reponsables de la Ficib.

D'autres sont plus sévères. Elle est allée "rencontrer des responsables politiques européens à Bruxelles pour sa fondation alors qu'ils n'avaient pas levé le petit doigt pour elle!", s'emporte un militant de la première heure sous couvert d'anonymat.

"Elle est complètement dans son monde! Je ne comprends pas qu'elle aille marcher à Madrid et pas à Paris alors que l'Espagne n'a jamais rien fait pour elle", vitupère un autre.

Les cauchemars qui la hantent la nuit l'ont poussée à vouloir "prendre ses distances avec le conflit armé en Colombie même si elle est évidemment très préoccupée par le sort des 28 otages", explique pour sa part Luis Guillermo Perez Casas, secrétaire général de la Fédération internationale des Ligues de Droits de l'Homme (FIDH).

L'ex-otage devrait, après la présentation de sa fondation, "se retirer quelques mois de la vie publique pour se reposer mais aussi pour écrire ses mémoires", poursuit-il.

"Elle est épuisée. Elle répond à ses mails jusqu'à 4H30 du matin et se lève à 07H00", confie Adair Lamprea, présent lors de son enlèvement en 2002 et réfugié en France.

"Il faut lui laisser le temps de se reconstruire", ajoute Hervé Marro, vice-président de l'ancien comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB), rival de la Ficib, qui doit se réunir le 13 décembre pour se dissoudre.

Mais tous sont d'accord sur une chose. "Elle ne nous doit rien. Nos efforts ont été remerciés par sa libération. C'est une grande dame", résume Nicole Courvoisier, une militante suisse de Neufchâtel.

 

 

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Ingrid Betancourt

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article