La collusion européenne avec Israël 2ème partie

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La collusion européenne avec Israël 2ème partie

par David Morrisson


1ère partie


Israël a sans interruption failli à ses engagements, l’exemple le plus récent étant l’étranglement économique appliqué à la bande de Gaza au cours des 19 mois derniers.

Double standard


Les doubles standards de l’UE ne visent pas que la Russie. Dans la déclaration de Barcelone, Israël a également accepté de poursuivre l’objectif « d’un Moyen-Orient effectivement et de façon vérifiable, exempt d’armes nucléaires, chimiques et biologiques de destruction massive, ainsi que de leurs systèmes de lancement. » En outre, il a accepté comme objectif « d’empêcher la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques aussi bien que l’accumulation excessive d’armes conventionnelles. »


Israël est le seul état au Moyen-Orient à posséder des armes nucléaires. Ainsi, leur démantèlement est une condition nécessaire, et probablement suffisante, pour qu’existe « un Moyen-Orient exempt d’armes de destruction massive » selon les exigences de la déclaration de Barcelone. Mais le progrès dans ce domaine se fait remarquer par son absence puisque Israël s’est engagé en 1995 « à poursuivre » cet objectif.


Il n’y a eu aucun progrès non plus concernant la résolution 487 du Conseil de sécurité qui invitait « urgemment Israël à placer ses installations nucléaires sous le contrôle de l’AIEA. » Passé le 19 juin 1981, lsraël doit toujours ouvrir ses installations nucléaires à l’inspection de l’AIEA, et il n’y a aucune espèce de pression de la part de l’UE pour qu’il en soit ainsi, pas plus qu’il n’est question de désarmement pour que le Moyen-Orient soit sans armes nucléaires, ce que les signataires de la déclaration de Barcelone sont supposé « rechercher. »


En revanche, les installations nucléaires de l’Iran, dont ses équipements d’enrichissement de l’uranium, sont ouvertes aux inspections de l’AIEA. Cela vaut la peine de noter qu’après une large inspection, l’AIEA n’a trouvé aucune preuve que l’Iran poursuive un programme d’armes nucléaires ou n’en ait jamais suivi. En revanche, Israël possède des armes nucléaires et les moyens de les fabriquer depuis environ 40 ans. On estime qu’Israël dispose aujourd’hui d’environ 200 têtes nucléaires et de divers systèmes pour les lancer, dont des missiles activés à partir de sous-marins. Israël est capable d’effacer de la carte l’Iran et chaque état arabe par une simple pression sur un bouton. En dépit des conditions liées à la politique européenne de voisinage à propos des armes de destruction massive, l’UE fait activement pression sur l’Iran quant à de ses activités nucléaires, mais pas sur Israël.


Renforcer la politique de punition collective infligée à Gaza par Israël


En novembre 1995, Israël a signé un accord d’association avec l’UE dans le cadre de la politique euro-méditerranéenne de partenariat. Généralement connu sous le nom d’accord Euro-Med, il a donné depuis 2000 à Israël un accès privilégié au marché européen. L’accord Euro-Med renferme également des engagements vis à vis des droits de l’homme, en particulier « le respect des Droits de l’Homme et des principes démocratiques. » La conformité à ces clauses est « un élément essentiel » de l’accord.


Israël a sans interruption failli à ses engagements, l’exemple le plus récent étant l’étranglement économique appliqué à la bande de Gaza au cours des 19 mois derniers. John Holmes, sous-secrétaire général des Nations Unies pour les Questions Humanitaires, et coordonnateur des Secours d’Urgence, a expliqué au Conseil de Sécurité le 26 février 2008 que « l’efficace isolement israélien de Gaza n’est pas justifié, étant donné les obligations permanentes d’Israël à l’égard des habitants de Gaza. Cet isolement relève de la punition collective et est contraire à la loi internationale. »


Par ailleurs, l’UE elle-même a qualifié l’étranglement économique de Gaza de « punition collective. » Benita Ferrero-Waldner, commissaire aux relations extérieures de l’UE a déclaré le 21 janvier 2008 : « je suis contre cette punition collective des habitants de Gaza. J’invite les autorités israéliennes à remettre en service les fournitures de combustible et à ouvrir les frontières pour le passage des approvisionnements humanitaires et commerciaux. »

Ainsi, les Nations Unies et l’Union Européenne estiment réellement que par son étranglement économique de Gaza, Israël a violé la loi humanitaire internationale. Cette politique de punition collective a d’ailleurs été ouvertement reconnue par le gouvernement israélien depuis au moins deux ans. Il est bien connu que lorsqu’Israël a décidé de limiter les expéditions commerciales et la nourriture dans Gaza en 2006, Dov Weissglas, un conseiller de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon, avait expliqué que « l’idée est de soumettre les Palestiniens à une cure d’amaigrissement mais sans les amener à mourir de faim. »


Malgré les violations répétées des engagements par rapport aux droits de l’homme, l’UE continue à tourner un oeil aveugle vers les actions israéliennes. En effet, il semble n’y avoir aucune transgression qu’Israël puisse commettre qui persuaderait l’UE de mettre un terme à son traitement privilégié et encore moins de diminuer le niveau de ses relations.


* David Morrison est un des responsables de la campagne de solidarité Irlande-Palestine. Ce qui précède est basé sur « L’aveuglement de l’Union européenne : Comment l’UE ignore le non-respect par Israël de ses engagements selon les termes des accords avec l’UE, » qui a été édité par la campagne de solidarité de Irlande-Palestine en octobre 2008 et peut être téléchargé ici Format pdf.

Sources
Palestine Info

Posté par Adriana Evangelizt

Commenter cet article