Gaz: aucune issue en vue à la crise russo-ukrainienne

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Gaz: aucune issue en vue à la crise russo-ukrainienne


Aucune issue à la crise gazière opposant Moscou et Kiev ne se profilait mercredi, alors que Gazprom s'est dit prêt à couper le gaz à l'Ukraine le 1er janvier à 07H00 GMT faute d'un remboursement des dettes ukrainiennes, ce qui pourrait affecter l'Europe par ricochet.


"S'il n'y pas d'accord avant 00H00 le 1er janvier, alors à 10H00 du matin (07H00 GMT) le 1er janvier Gazprom ne disposera d'aucune base juridique pour livrer du gaz" à l'Ukraine, a déclaré le PDG du gazier russe Gazprom, Alexeï Miller.

Il a aussi dénoncé la position "non-constructive" de l'Ukraine dans les négociations, "aucun résultat concret" n'ayant été obtenu.


Gazprom refuse de signer un contrat gazier pour 2009, faute du remboursement de plus de deux milliards de dollars de dettes ukrainiennes: 805,8 millions pour les livraisons gazières de novembre, 862,3 millions pour celles de décembre et 450 millions de pénalités de retard de paiement.


La société ukrainienne des hydrocarbures, Naftogaz a de son côté annoncé qu'elle ne verserait plus aucune somme à Gazprom cette année, jugeant que celle de 1,5 milliard de dollars versée la veille était suffisante, dans l'attente d'un "arbitrage" sur le montant des pénalités.


"Nous n'allons certainement plus rien payer aujourd'hui. La question des pénalités doit être réglée à l'arbitrage", a déclaré le porte-parole de Naftogaz Valentin Zemliansky.

Gazprom a de son côté indiqué ne pas encore avoir reçu cette somme qui a été versée sur le compte de RosUkrEnergo, l'intermédiaire pour les livraisons gazières entre la Russie et l'Ukraine.


Ajoutant de l'huile sur le feu, le géant gazier russe a affirmé avoir reçu une lettre de Naftogaz dans laquelle Kiev menacerait de puiser dans le gaz russe transitant sur son territoire vers l'Europe si les exportations à l'Ukraine cessaient.


"Nous sommes dans une situation dans laquelle les volumes (de gaz) transitant vers l'Europe occidentale sont en danger", a déclaré lors d'une conférence de presse, Alexandre Medvedev, numéro deux de Gazprom.

"Cette position peut seulement être qualifiée de chantage", a-t-il déclaré.


"Franchement, c'est incompréhensible que l'on en soit à ce point là", a-t-il ajouté, jugeant que cette situation était "sans précédent" dans l'histoire des relations énergétiques internationales.


Kiev a plusieurs fois assuré ces derniers jours qu'elle ne siphonnerait pas le gaz destiné aux Européens, alors que l'essentiel des livraisons gazières russes à l'Europe transitent par l'Ukraine.


La Commission européenne a appelé mercredi la Russie et l'Ukraine à trouver "une solution négociée" au conflit. "Nous suivons les événements de très près", a indiqué une porte-parole de la Commission, Christiane Hohmann.

Lors de la précédente crise gazière russo-ukrainienne, les exportations vers l'Europe avaient été affectées et Moscou avait accusé Kiev de voler le gaz.


"La question du gaz n'est plus économique, elle est devenue pour l'Ukraine une monnaie d'échange politique", a déclaré le PDG de Gazprom.


Le porte-parole de l'entreprise, Sergueï Kouprianov a estimé qu'il y avait désormais 70% de chances pour qu'aucune solution ne soit trouvée dans les temps.


Une délégation ukrainienne était mercredi soir à Moscou pour des négociations. Le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko a annulé sa participation à ces pourparlers à la dernière minute.


La Russie présente cette dispute gazière comme un problème purement commercial, bien que ses relations avec l'Ukraine soient difficiles depuis une révolution pro-occidentale fin 2005.


Les relations se sont encore détériorées depuis août 2008 et la guerre russo-géorgienne, Moscou reprochant à Kiev d'avoir livré des armes à Tbilissi.


Le président russe Dmitri Medvedev a d'ailleurs vertement critiqué Kiev la semaine dernière pour son comportement durant le conflit en Géorgie. Il a aussi menacé l'Ukraine de "sanctions" si sa dette gazière n'était pas remboursée dans sa totalité.


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans Sarkozy - Russie

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