La France, au bord de la récession, s'enfonce dans le chômage

Publié le par Adriana EVANGELIZT






La France, au bord de la récession, s'enfonce dans le chômage


La France, au bord de la récession, s'enfonce dans le chômage avec une augmentation record en novembre de 64.000 demandeurs d'emploi, le gouvernement invoquant la crise mondiale tandis que l'opposition socialiste critique un plan de relance insuffisant.


Après sept mois de progression, le nombre de chômeurs a brusquement augmenté en novembre de 3,2%, du jamais vu depuis mars 1993, soit une hausse de 8,5% sur un an.

Le chômage, redevenu la principale préoccupation des Français devant le pouvoir d'achat, a passé le cap des 2 millions en octobre et touche désormais plus de 7,3% de la population active et 2.068.500 personnes. Il n'atteint toutefois pas les 12% connus lors de la crise de 1993-1994.

Les contrats temporaires sont les plus touchés ainsi que les jeunes, marquant un net ralentissement de l'activité.

"Par rapport à la récession précédente de 1993-1994, la flexibilité du marché du travail a beaucoup progressé, et les ajustements sont beaucoup plus rapides et brutaux", explique Jacques Freyssinet, professeur d'économie à l'université de Paris-Sorbonne.

Dans un contexte de crise mondiale et de l'annonce de suppressions d'emplois en série dans plusieurs secteurs clés (automobile, bâtiment et même le luxe), le gouvernement ne table pas sur une amélioration rapide. D'autant que, selon les prévisions officielles, la France devrait entrer en récession en 2009.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a reconnu s'attendre "à voir les effets des vagues de départs annoncées lors des trois-quatre derniers mois dans le premier trimestre 2009".

Le gouvernement parie toutefois sur le succès du plan de relance de quelque 26 milliards d'euros annoncé début décembre, "axé sur le soutien à l'investissement et à la trésorerie des entreprises" plus que sur une relance par la consommation qui, selon le gouvernement, profiterait surtout aux importations.


Le président Nicolas Sarkozy devait de nouveau évoquer l'emploi lors de ses voeux aux Français mercredi soir et réaffirmer sa "détermination à poursuivre les réformes".


Pour la première fois, le nombre de chômeurs est supérieur à ce qu'il était lorsque Nicolas Sarkozy a été élu en mai 2007 (2.011.300 en avril 2007). Le gouvernement s'était alors fixé pour objectif de ramener le taux de chômage à 5% en 2012.


Pour Raymond Torres, du Bureau international du Travail, "les taux d'emploi et de chômage restent moins bons en France que dans la plupart des pays industrialisés malgré des améliorations ces dernières années".


L'opposition socialiste a réclamé un nouveau plan de soutien à l'économie "de toute urgence", prônant notamment une hausse du salaire minimum, une baisse des taxes sur les produits de première nécessité ou encore une augmentation sensible des aides sociales et des retraites.


"La gravité exceptionnelle de la crise économique attestée par ces nouveaux chiffres contraste avec l'extraordinaire faiblesse du plan de relance de la France", a déclaré la chef du Parti socialiste Martine Aubry, ancienne ministre du Travail.


L'opposition affirme qu'une moitié des 26 milliards d'euros engagés dans ce plan ne constituent pas des dépenses nouvelles, mais des remboursements fiscaux anticipés en faveur des entreprises. La CGT, premier syndicat de France, a réclamé la mise en place d'un droit de veto suspensif des salariés sur les plans de licenciements.


L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) prévoit "20 à 25 millions" de chômeurs en plus dans le monde d'ici 2010 à cause de la crise, dont 8 à 10 millions dans ses pays membres.

 
Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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