Motion de censure: le PS veut "être entendu" avant les grèves de jeudi

Publié le par Adriana EVANGELIZT




Motion de censure: le PS veut "être entendu" avant les grèves de jeudi



Après avoir protesté dans l'hémicycle en chantant la Marseillaise et avant les grèves de jeudi, le PS défendait mardi à l'Assemblée une motion de censure contre "l'inaction" économique du gouvernement Fillon, alors que la droite l'accuse de refaire son unité sur le dos de la crise.


"Nous voulons être entendus. Nous voulons que le président de la République accepte de reconnaître que sa politique nous a déjà menés à la récession, à la perte du pouvoir d'achat, à l'augmentation du chômage", a déclaré la première secrétaire du PS Martine Aubry, en présentant à la presse la deuxième motion de censure de son parti depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007.


La maire de Lille a rappelé que la motion intervenait après le débat agité sur la réforme du temps de parole au Parlement, que le PS combat: "si on veut limiter les droits du Parlement après avoir limité ceux de la justice, de la presse... nous ne sommes plus dans une réelle démocratie".


Mme Aubry n'étant pas elle-même députée, c'est le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault qui devait défendre la motion de censure à partir de 15H00.


Sans surprise, le PS a reçu le soutien des communistes et des Verts.


Le président du MoDem François Bayrou, qui n'avait pas voté la première motion contre M. Fillon en avril 2008, a annoncé qu'il le ferait cette fois-ci, pour lancer une "alarme" sur les menaces pesant selon lui sur les libertés.

"Justice, médias publics et Parlement, ce sont trois pouvoirs mis à mal dans leur indépendance", a déclaré M. Bayrou, qui avait proposé sans succès en décembre une motion de censure contre le projet de réforme de l'audiovisuel.


Malgré le renfort de M. Bayrou et ses deux députés, la gauche n'a aucune chance de renverser le gouvernement Fillon, soutenu par une confortable majorité UMP/Nouveau centre à l'Assemblée (près de 340 députés sur 577).


L'UMP et le Nouveau centre (qui regroupe des ex-proches de Bayrou) ne voient dans cette initiative socialiste qu'une nouvelle forme de blocage.


"Il cherchent tous les moyens pour essayer de se reconstruire", a estimé le député UMP Jérôme Chartier, un proche de François Fillon, enjoignant les socialistes à "jouer le rôle d'une opposition solidaire vis-à-vis des difficultés des Français".


Même son de cloche chez le patron des députés NC François Sauvadet: les socialistes "ne peuvent pas rester dans cette posture d'obstruction systématique, pour tenter de colmater les brèches (...) à l'intérieur du PS puisqu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord entre eux pour proposer quelque chose de solide aux Français".


M. Sauvadet a évidemment tiré à vue sur son ex-mentor François Bayrou qui est selon lui "dans une stratégie d'alliance avec les socialistes" en votant la censure.


De son côté, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a trouvé "dommage" que le PS dépose une motion de censure "à une période où il faut songer à se rassembler, à se serrer les coudes". "Mais je suis heureux qu'ils soient revenus aux préoccupations de la vraie vie en faisant enfin des propositions", a-t-il ironisé.


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  





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