Grève: la France se prépare à un "jeudi noir"

Publié le par Adriana EVANGELIZT



Grève: la France se prépare à un "jeudi noir"



La France s'apprête à vivre un "jeudi noir", surtout dans les transports publics et l'éducation, lors d'une journée de grève nationale à l'appel de tous les syndicats et qui devrait refléter une grande inquiétude face aux conséquences de la crise économique.


La grève à la SNCF a débuté mercredi à 20H00 mais le trafic devait être "quasi normal" mercredi soir a indiqué la direction de la SNCF, les arrêts de travail avant jeudi matin étant très marginaux.


"L'idéal serait qu'il y ait le sentiment que le pays est bloqué pendant une journée", a déclaré mercredi Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), le troisième syndicat français.


Le mot d'ordre des syndicats est lancé pour la défense des salaires, du pouvoir d'achat et des services publics. Avec l'opposition de gauche, qui soutient leur action, ils s'attendent à une participation massive, expression de l'angoisse du pays face à la crise mondiale qui se traduit en France, comme dans les autres économies industrialisées, par une brusque remontée du chômage.


Si l'appel à la grève, qui s'adresse à tous les salariés des secteurs public et privé, est entendu, il sonnera comme un avertissement à l'adresse du président Nicolas Sarkozy qui, depuis son élection en mai 2007, n'a pas affronté de grosse tempête sociale. Elu sur le thème de la "rupture", Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il comprenait les craintes de ses concitoyens, mais il a aussi affirmé qu'il n'avait pas l'intention de ralentir les réformes.

"C'est normal que les Français soient inquiets et c'est normal que ceux qui souhaitent défiler défilent", a jugé son Premier ministre François Fillon. "Le rôle du gouvernement c'est de tenir le cap de la réforme", a-t-il cependant ajouté. Des réformes du marché du travail, de la justice, des médias, des hôpitaux et d'autres services publics ont été mises en chantier depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.


Celles concernant le secteur public, en particulier la diminution du nombre des fonctionnaires, sont particulièrement sensibles, car c'est là que se concentre le gros des troupes syndicales.


De nombreuses écoles devraient ainsi rester fermées jeudi, et le pays sera en partie paralysé par les arrêts de travail dans les transports, dont certains devaient commencer dès mercredi soir.


Dans les chemins de fer, la SNCF prévoit un trafic très perturbé pour les trains régionaux. Les trains à grande vitesse (TGV) devraient cependant circuler à 60%, et les trains Eurostar et Thalys qui relient la France à l'Angleterre et la Belgique ne seront pas touchés.


A Paris, le métro et les transports avec la banlieue seront fortement affectés.


Dans le secteur aérien, Air France annulera entre 10 et 30% de ses vols court et moyen-courriers, mais le programme long-courrier sera maintenu.


Dans le secteur privé, la participation à la grève et aux manifestations sera difficile à évaluer.


Le taux de syndicalisation y est très faible et beaucoup de salariés devraient choisir de prendre une journée de congés, dans le cadre des accords de réduction du temps de travail (RTT), plutôt que d'affronter le chaos dans les transports ou de chercher une solution de garde pour leurs enfants.


La présidente du patronat français (Medef) Laurence Parisot a estimé qu'il y aurait dans les entreprises "probablement des absences d'effectifs mais liées plus aux conditions de transports qu'à une volonté de faire grève".


Cette grande journée de grève tombe aussi à point nommé pour l'opposition socialiste qui a retrouvé de la pugnacité depuis l'élection à sa tête de Martine Aubry, à la fin de l'année dernière. Les dirigeants du PS, qui veut être "l'interprète des mécontentements" seront dans la rue aux côtés des manifestants.


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans Résistance

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