Les six principales interrogations auprès du corbeau

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alors cette affaire Clearstream doit sérieusement toucher beaucoup de monde car nous avons posé un article sur un autre de nos blogs où Bolkestein aurait quelques liens avec l'histoire... c'est dire jusqu'où ça va.

Les six principales interrogations autour du corbeau

par Eric Decouty

Les explications de l'ancien dirigeant d'EADS peuvent éclairer la justice sur le rôle des acteurs de l'affaire.

VOICI six questions auxquelles Jean-Louis Gergorin va devoir répondre.
  • Qui a envoyé les listings au juge Renaud Van Ruymbeke ?
     
    Jean-Louis Gergorin, l'ancien vice-président d'EADS. L'identification du corbeau, point central de l'enquête des juges Pons et d'Huy, est acquise.

    Sur procès-verbal, le 10 mai, le juge Renaud Van Ruymbeke a expliqué avoir rencontré à plusieurs reprises Jean-Louis Gergori,  en avril 2004, dans le cadre de l'affaire des frégates de Taïwan. Le magistrat a déclaré qu'à la suite de ces rencontres secrètes "c'est M. Gergorin qui a défini lui-même avec son avocat les modalités de transmission (des listings de Clearstream) par une voie anonyme".  L'avocat, Me Thibault de Montbrial, lui aussi interrogé comme témoin, a confirmé cette version, expliquant avoir remis une lettre en main propre au juge le 3 mai 2004, et fait poster les missives anonymes suivantes, en juin, août et octobre, à la demande de Jean-Louis Gergorin.

    Mardi, devant les enquêteurs, Jean-Louis Gergorin devrait donc valider les dépositions du juge et de l'avocat et surtout confirmer ses déclarations à la presse. Il a en effet reconnu être l'auteur de la «lettre anonyme» du 3 mai puis de celle du 14 juin 2004 dans laquelle figuraient les noms de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et Nicolas Sarkozy.

  • - Qui a falsifié les listings ?

  • De très forts soupçons pèsent sur l'informaticien Imad Lahoud. Mais avant d'enquêter sur des faits de «falsification» dont ils ne sont pas sais, les juges vont chercher à identifier la personne qui a remis les documents incriminés à Jean-Louis Gergorin.

    Dans un entretien au Figaro (voir nos éditions du 20 mai), Imad Lahoud reconnaît avoir reçu, en mars 2003, des listings Clearstream «sans noms» du journaliste Denis Robert mais prétend qu'il les aurait ensuite remis à la DGSE, sans en garder copie et donc sans rien remettre à Gergorin.

    Le général Rondot, dans sa déposition aux juges du 28 mars dernier, a livré une version radicalement différente, expliquant qu'au printemps 2004 «Jean-Louis Gergorin était persuadé qu'il fallait accorder du crédit à ces listings obtenus par Lahoud». 

    Dans la presse, Gergorin n'a pas fait grand mystère de l'identité de sa «source», mais n'a jamais prononcé le nom d'Imad Lahoud, se disant même prêt à aller en prison pour la protéger. L'ex-dirigeant d'EADS se dit également convaincu que cette «source» a réellement pénétré le système Clearstream et qu'il ignorait tout d'une éventuelle falsification. Une confrontation entre Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud pourrait se révéler décisive, afin de savoir qui a décidé d'introduire des noms de personnalités politiques dans les listings.  

  • Quand est apparu le nom de Nicolas Sarkozy ?
     
    Le général Rondot après avoir déclaré aux juges que le nom de Nicolas Sarkozy – sous les patronymes de Nagy et Bocsa – était apparu dans un listing remis par Gergorin en novembre 2003 puis lors d'une réunion dans le bureau de Dominique de Villepin, le 9 janvier 2004, a dit au Journal du dimanche s'être «trompé». Nicolas Sarkozy ne serait apparu sur les listings Clearstream qu'en mars 2004. Jean-Louis Gergorin a déclaré au Figaro n'avoir entendu parler pour la première fois de deux comptes aux noms de Nagy et Bocsa qu'à la fin mars 2004.
     
  • Quel rôle a joué Dominique de Villepin ?
     
    Il se cristallise essentiellement autour de la réunion du 9 janvier 2004, dans son bureau au Quai d'Orsay, avec le général Rondot et Jean-Louis Gergorin. Alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin apparaît comme celui qui demande au militaire d'enquêter sur les listings Clearstream, sans en informer la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie.
     
    Mais Jean-Louis Gergorin et Philippe Rondot sont désormais d'accord (dans la presse) pour dire que ce 9 janvier 2004, Dominique de Villepin n'a pas demandé d'investigations sur Nicolas Sarkozy.
     
    Selon Jean-Louis Gergorin, le 9 janvier 2004, il aurait proposé de solliciter la DST sur ces listings, mais Dominique de Villepin aurait répliqué : «Certainement pas, Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur) va être au courant.» Une réplique gênante pour le premier ministre mais qui ne semble pas avoir de conséquences judiciaires.
     
    Reste l'attitude de Dominique de Villepin à l'été 2004. Alors même qu'il aurait été informé par le général Rondot que les listings étaient «un montage», pourquoi n'a-t-il pas alerté la justice et le juge Van Ruymbeke du risque de manipulation ? De même, pourquoi avoir demandé en juillet 2004, des investigations à la DST sur l'identité du corbeau, dans la mesure où n'ignorait pas depuis janvier 2004, que Jean-Louis Gergorin détenait les fameux listings.
     
  • Quel rôle a joué l'Elysée ?
     
    Selon le général Rondot, dans sa déposition aux juges, lors de la réunion du 9 janvier 2004, Dominique de Villepin lui aurait «fait part des instructions (...) de Jacques Chirac (...) Il s'agissait de vérifier si oui ou non les personnalités qui étaient citées (dans les listings) possédaient un compte Clearstream».
     
    Dans la presse, il a modulé cette déclaration expliquant que le président ne lui avait «jamais donné d'instructions au téléphone» et ne l'avoir rencontré «qu'une fois, le 14 septembre 2001, pour parler des attentats du 11 Septembre».
     
    De son côté, l'Elysée a simplement démenti, mais à plusieurs reprises, toute intervention dans cette affaire. Sur ce point, Jean-Louis Gergorin a dit, pour l'instant, n'avoir aucun souvenir.
     
  • Qu'ont fait les services secrets ?
     
    Officiellement, la DGSE n'est pas intervenue, seul le général Rondot, ancien agent secret mais en qualité de conseiller du ministre de la Défense, étant chargé d'enquêter. Pour autant, Imad Lahoud affirme avoir reçu mission de la DGSE de récupérer les listings de Clearstream. Cette version a été démentie, mais il est acquis que l'informaticien a bien été en contact en 2003 avec les services, plusieurs sources affirmant qu'il aurait «vendu» un cédérom de Clearstream.
     
    Sources : Le Figaro

    Posté par Adriana Evangelizt

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