Le ton monte entre Israël et Obama

Publié le par L'Ecclesiaste




Le ton monte entre Israël et Obama



Le président américain, qui se rend au Proche-Orient ce mardi, a appelé à la fermeté sur la création d'un Etat palestinien et sur la colonisation. Une attitude qui irrite l'Etat hébreu.

Le président américain Barack Obama a déclaré, lundi 1er juin, avant de partir pour le Proche-Orient, qu'il était nécessaire de faire preuve d'une certaine fermeté envers Israël au sujet de la création d'un Etat palestinien et la colonisation dans les Territoires. Une attitude qui suscite plusieurs critiques parmi les dirigeants de l'Etat hébreu. Barack Obama, qui donnait une interview à la radio publique américaine NPR a justifié cette fermeté par le fait que la tendance générale actuelle dans la région était "profondément négative" pour les intérêts israéliens et américains.

Il a évoqué les appels régulièrement proférés dans la région à l'annihilation d'Israël, appels d'organisations radicales ou de dirigeants comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
"Les Etats-Unis ont une relation particulière avec Israël, cela ne fait aucun doute", a déclaré Barack Obama à la radio NPR qui l'interrogeait sur le sentiment éprouvé pour beaucoup au Proche-Orient d'un parti pris quasiment aveugle des Etats-Unis en faveur d'Israël.

"Une solution à deux Etats"


"Quand on a dit cela, ce qui est également vrai, c'est qu'être amis, cela signifie aussi être honnêtes. Et je pense qu'il y a eu des moments où nous n'avons pas été aussi honnêtes que nous le devrions sur le fait que la direction actuelle, la trajectoire actuelle dans la région, est profondément négative, non seulement pour les intérêts israéliens, mais aussi pour les intérêts américains", a-t-il indiqué.

"Je ne pense pas que nous devions modifier le soutien ferme que les Etats-Unis apportent à Israël", a dit Barack Obama, qui s'envole mardi pour son premier séjour de président au Proche-Orient.

Mais "nous devons maintenir une foi constante dans la possibilité de négociations menant à la paix. Et, selon moi, cela nécessite une solution à deux Etats. Cela nécessite que de chaque côté, israélien et palestinien, on honore ses obligations", a-t-il dit.

"J'ai dit très clairement aux Israéliens, en privé et en public, qu'un gel de la colonisation, croissance naturelle incluse, fait partie de ces obligations", a-t-il dit, signifiant par là qu'il rejette l'argument de l'accroissement démographique pour justifier une extension des colonies dans les Territoires palestiniens.


Appel à suivre les accords signés sous Bush


L'Etat d'Israël a répondu à Barack Obama en exprimant son souhait que le président américain respecte les ententes conclues avec lui par son prédécesseur sur la colonisation, à travers les déclarations d'un ministre israélien.

"Lorsque le président américain demande le gel de la construction, y compris de jardins d'enfants (dans les colonies), il s'écarte des ententes conclues avec Israël par le président (George W.) Bush", a affirmé à la radio publique le ministre de l'Environnement Gilad Erdan, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"En 2004, M. Bush a indiqué dans une lettre que la construction pourrait continuer dans les grands blocs d'implantations en Judée-Samarie (Cisjordanie), et c'est en vertu de ce texte qu'Israël a ensuite évacué une vingtaine de colonies dans la bande de Gaza" en 2005, a-t-il poursuivi.

"Les fonctionnaires du département d'Etat américain connaissent ces ententes", a-t-il insisté.

"La critique est légitime"


Gilad Erdan a rappelé qu'Israël est par ailleurs engagé par la 'Feuille de route', un plan international de paix lancé en 2003 et resté lettre morte qui prévoit la création par étapes d'un Etat palestinien.

"Mais, il ne faut pas pointer un doigt accusateur sur Israël, car ce plan exige que les Palestiniens mettent d'abord fin à la violence alors qu'ils ne luttent pas contre les organisations terroristes", a-t-il dit.

"Ceux qui pensent pouvoir exercer des pressions au détriment des intérêts et de la sécurité des habitants d'Israël se trompent (...) . Nous pensons qu'il faut poursuivre le dialogue avec l'administration à Washington et qu'il est possible de la convaincre", a encore dit Gilad Erdan.

De son côté, Yitzhak Herzog, ministre travailliste des Affaires sociales, a constaté mardi que si "l'administration en place à Washington a changé (...) cela ne remet pas en question notre alliance avec les Etats-Unis. Entre alliés et amis, la critique est légitime".

"Combattre les provocations anti-israéliennes"


Quant aux Palestiniens, ils doivent améliorer la sécurité et combattre les provocations anti-israéliennes pour qu'Israël cesse de se sentir menacé, a dit Barack Obama.

A propos d'un refus par le nouveau gouvernement israélien d'un arrêt de la colonisation, Barack Obama a mis en avant qu'il est "encore tôt dans le processus, ils (les Israéliens) ont formé leur gouvernement, il y a quoi ? un mois seulement..."

"Mais il est important que nous soyons clairs quant à ce qui, selon nous, conduira à la paix et qu'il n'y ait pas d'équivoque et qu'on ne donne pas l'impression que nous n'attendons de compromis que de l'une des parties", a-t-il dit.

Discours au Caire jeudi


Barack Obama a dit qu'il y allait de la crédibilité des Etats-Unis dans la région, où il se va pour détendre les relations avec les musulmans et prononcer un grand discours promis de longue date à leur adresse.

Dans ce discours au Caire jeudi, il compte évoquer les valeurs américaines, à savoir "la démocratie, l'Etat de droit, la liberté d'expression et la liberté de religion", mais sans chercher à imposer ces valeurs à quiconque.

Barack Obama n'a pas tranché entre ce qui serait le plus dangereux: que l'Iran détienne l'arme nucléaire ou qu'Israël attaque l'Iran pour l'empêcher de l'avoir.

Mais que l'Iran possède la bombe atomique "serait profondément déstabilisateur pour la région, non seulement à cause de la réaction d'Israël, mais aussi à cause de la réaction d'autres Etats arabes ou d'autres Etats musulmans dans la région inquiets que l'Iran ne soit indûment avantagé", a-t-il dit.

(Nouvelobs.com)

Sources
Nouvel Obs

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