Le RSA se heurte à la hausse du chômage (25% en un an)

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Accrochez vous bien, le taux de chômage a progressé de 25 % en un an.





Le RSA se heurte à la hausse du chômage





Par Nicolas PRISSETTE




Les chiffres sont là: le taux de chômage a progressé en France de 25% en un an. Et le gouvernement a prévenu: la tendance à la hausse devrait se poursuivre, au moins jusqu'en 2010. C'est dans ce contexte qu'est lancé ce lundi le revenu de solidarité active (RSA), dispositif qui se substitue au RMI, à l'allocation de parent isolé et, en partie, à la prime pour l'emploi.

Une hausse de 25% en un an. Le nombre de chômeurs a atteint la barre des 2,5 millions en avril (3,5 millions en comptant les demandeurs d'emploi exerçant une activité). François Fillon a prévenu. Le Premier ministre a anticipé, vendredi sur Europe 1, "une augmentation du chômage dans les pays d'Europe qui va se poursuivre tout au long de l'année 2009 et sans doute encore un peu au début de l'année 2010".

C'est dans ce contexte peu porteur que naît le revenu de solidarité active (RSA), réforme sociale phare de Nicolas Sarkozy, inspirée et mise en oeuvre par Martin Hirsch. Le nouveau dispositif se substitue au RMI, à l'allocation de parent isolé et, en partie, à la prime pour l'emploi que touchent certains salariés modestes. Il devrait concerner, à terme, plus de 3 millions de Français, avec pour objectif qu'aucun d'entre eux ne soit sous le seuil de pauvreté (880 euros par mois pour une personne seule, 1584 euros pour un couple avec un enfant). La conjoncture laisse toutefois peu d'espoir aux allocataires du RSA au chômage de trouver un employeur. Déjà, les expérimentations menées dans 33 départements pendant quinze mois ont montré que le dispositif avait un impact marginal sur le retour à l'emploi, évalué dans un rapport remis cette semaine au haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.

Principaux bénéficiaires: les salariés à temps partiel

En moyenne, sur 1000 bénéficiaires du RSA, 34 retrouvent un poste, contre 31 avec le RMI. "L'effet est certes faible mais la mesure ne s'arrête pas à cela", répond François Bourguignon, professeur à l'Ecole d'économie de Paris et auteur de l'étude. Le principal changement concerne les salariés à temps très partiel. Jusqu'ici, ils ne bénéficiaient d'aucune aide d'ampleur et n'avaient pas droit à la prime pour l'emploi versée par le fisc. Ils percevront un RSA en sus de leur salaire. Autre nouveauté, les foyers à très bas salaire en CDI toucheront plus avec le RSA qu'avec les aides actuelles, mais à partir de douze mois d'activité.

Le dispositif vise aussi à faire entrer au Pôle emploi des RMistes qui n'y étaient pas inscrits. Deux allocataires sur trois sont dans ce cas. Le RSA va donc se traduire par une hausse mécanique du chômage. Selon les estimations du Pôle emploi, entre 300 000 et 400 000 personnes devraient augmenter les statistiques d'ici à la fin de l'année. Les autres resteront prises en charge par les départements.

Sources
Le JDD

Publié dans CHÔMAGE

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