Obama en Egypte pour tendre la main aux musulmans

Publié le par Adriana EVANGELIZT




 

 

 

Obama en Egypte pour tendre la main aux musulmans




 

Le président américain Barack Obama a gagné jeudi le Caire pour délivrer un discours très attendu de réconciliation pour une nouvelle donne entre l'Amérique et le monde musulman, destinée à tourner la page de l'ère Bush.


Venant d'Arabie saoudite, autre allié clé des Etats-Unis et berceau de l'islam, M. Obama est arrivé en Egypte à 09H00 (06H00 GMT) pour une visite hautement symbolique de sept heures.

Quasiment vidée de ses 20 millions d'habitants, la capitale du pays phare du monde arabe est quadrillée par d'innombrables policiers, et ses grands axes ont été nettoyés à la hâte.

M. Obama a été accueilli au pied d'Air Force One, l'avion présidentiel, par le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul Gheit, avant de rejoindre le président Hosni Moubarak dans son palais de Qobba, près d'Héliopolis.

Le raïs égyptien, 81 ans, considéré par ses partisans comme un pilier de la stabilité régionale et ses détracteurs comme un autocrate au pouvoir depuis 27 ans, l'attendait sur le perron, alors que retentissait les hymnes nationaux des deux pays.

Après une visite à la mosquée Sultan Hassan, un joyau médiéval, au pied de la citadelle, il se rendra à la centenaire université du Caire, où l'attendront quelque 3.000 invités triés sur le volet.

C'est là, sous le dôme de la salle d'honneur, que Barack Obama délivrera son discours dont il a prévenu "qu'il ne réglerait pas tous les problèmes", ajoutant qu'il souhaitait renouer des liens sur la base d'un "respect mutuel". Ces relations ont été dégradées par la guerre en Irak, le scandale de la prison d'Abou Ghraib en Irak, le camp de Guantanamo ou les pratiques défendues par son prédécesseur George W. Bush au nom de la lutte antiterroriste après les attentats du 11-Septembre.

"Il y a eu une rupture, une rupture indéniable, entre l'Amérique et le monde islamique", a expliqué David Axelrod, principal conseiller politique de M. Obama, estimant qu'elle ne pourrait être "comblée par un seul discours". Mais si l'annonce d'un plan détaillé pour en finir avec le conflit israélo-palestinien est improbable, il devrait délivrer un message fort de réconciliation.

Le discours aux 1,5 milliard de musulmans dans le monde sera diffusé sur des réseaux de socialisation sur internet comme Facebook, Twitter et MySpace, de façon à multiplier son impact tandis que le site internet du département d'Etat propose de recevoir des extraits par sms en arabe, persan, ourdou et anglais.

M. Obama a dit vouloir "remettre sérieusement sur les rails" le processus de paix au Proche-Orient et souligné la nécessité d'une certaine fermeté à l'égard d'Israël sur la création d'un Etat palestinien et la colonisation juive.

En Israël, la visite de M. Obama fait grincer les dents, les responsables redoutant que le rapprochement avec le monde arabe se fasse au détriment de ses liens privilégiés avec Washington.

Le chef du réseau extrémiste Al-Qaïda Oussama Ben Laden et son adjoint, Ayman Al-Zawahiri, ont fustigé M. Obama, qualifiant sa visite "d'opération de relations publiques".

Après son discours, M. Obama se rendra au plateau du Guizeh pour visiter les trois grandes pyramides, flanquées du Sphinx. Un doute subsiste sur un éventuel contact avec des membres de la société civile ou de l'opposition, appelé fortement de ses voeux par le sociologue et activiste Said Eddin Ibrahim, en exil aux Etats-Unis depuis 2007.

Nullement conviés à célébrer dans la rue cette visite, les Egyptiens oscillent entre indifférence et sympathie pour le nouveau président dont ils soulignent les liens familiaux, par son père, avec l'islam. C'est en soirée, au terme d'une journée déjà qualifiée d'historique par la presse égyptienne que le président américain quittera le Proche-Orient pour rallier l'Europe.

Sources AFP

 

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