Israël menace d'intervenir si le Hezbollah l'emporte

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Un carnage est encore en préparation. Si le Hezbollah est élu, le Liban peut s'attendre à revivre l'enfer. C'est une certitude. On a là les faiseurs de paix dont parlait Obama dans son discours du Caire...




Israël menace d'intervenir si le Hezbollah l'emporte



par Marc Henry



Le ministre de la Défense, Ehoud Barak, envisagede s'attaquer aux infrastructures civiles libanaises en cas d'arrivée au pouvoir du Hezbollah.

Jérusalem


LE LIBAN risque de payer très cher une victoire du Hezbollah aux élections : tel est l'avertissement qu'Israël veut faire passer. À en croire, Ehoud Barak le ministre de la Défense, si le Hezbollah l'emporte, « l'armée israélienne aura une liberté d'action dont elle n'a pas disposé lors de la guerre de 2006 ». Une allusion très claire au fait que l'État hébreu en cas de nouvelles confrontations militaires avec le Hezbollah n'hésitera pas à attaquer non seulement des cibles liées au mouvement chiite, mais aussi les infrastructures civiles libanaises telles que, par exemple, des ponts, des routes, des casernes…


Il y a trois ans, l'armée israélienne avait lancé une vaste opération pour tenter de « casser » l'appareil militaire du Hezbollah dans le Liban-Sud à la suite d'une infiltration à la frontière d'un commando islamiste qui avait enlevé deux soldats. Au cours du mois de combats qui a suivi, l'État hébreu a non seulement attaqué les positions du mouvement près de la frontière, mais aussi massivement pilonné un quartier chiite du sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Sous la pression des États-Unis et des Européens, l'aviation israélienne s'était dans un premier temps abstenue de s'en prendre à des objectifs non-chiites, mais ces restrictions avaient été en partie levées lorsque la « banque des cibles » chiites s'était épuisée.

Profonde rancœur

Depuis cette guerre, Israël a un compte ouvert avec le Hezbollah. Hasard du calendrier : Dan Haloutz, le chef d'état-major à l'époque de l'opération au Liban vient de reconnaître pour la première fois publiquement que l'armée israélienne avait tenté, en vain, au moins une fois d'éliminer Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. Ces menaces à peine voilée témoignent d'une profonde rancœur. Malgré les promesses un peu rapides données par l'état-major, le Hezbollah a survécu à la tempête et a tiré 4 000 roquettes contraignant même jusqu'au dernier jour, près d'un million d'Israéliens, habitants de Galilée, à vivre dans des abris. Depuis, le calme règne à la frontière grâce notamment au déploiement de renforts de casques bleus de la Finul (Forces intérimaire des Nations unies au Liban). Mais pour la plupart des experts israéliens, il ne s'agit que d'une accalmie passagère.


Le moindre incident pourrait provoquer un retour de flamme. L'armée, mais aussi le Mossad, les services secrets restent plus que jamais sur le pied de guerre. La tension est de nouveau montée d'un cran récemment avec une tentative d'attentat attribué au Hezbollah à Bakou visant l'ambassade d'Israël en Azerbaïdjan, pays voisin de l'Iran, selon le Los Angeles Times. Depuis des mois les responsables israéliens s'attendent à des attaques du Hezbollah dans le monde pour venger Imad Moughnieh, le chef militaire de l'organisation tuée en février 2008 à Damas par l'explosion d'une voiture piégée. Le Hezbollah qui a accusé Israël a juré de se venger dans la région ou à l'étranger.


Un autre motif d'inquiétude est également apparu de façon plus surprenante aux États-Unis. Les militaires israéliens redoutent en effet que les avions, les chars et autres armes que les Américains s'apprêtent à fournir à l'armée libanaise tombent dans les mains du mouvement chiite, une fois au pouvoir. Les médias israéliens n'ont pas non plus manqué de mettre en avant les déclarations d'Hassan Nasrallah, qui a affirmé ces derniers jours que son mouvement va œuvrer pour une armée liba­naise « forte », tout en se félicitant que l'Iran soit prête à lui fournir des armes, qui pourraient remettre en cause la suprématie totale dont bénéficie l'aviation israélienne.

Sources Le Figaro

Publié dans LIBAN

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