La France et les Etats-Unis "main dans la main", selon Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT



La France et les Etats-Unis "main dans la main", selon Sarkozy





Le président français s'est notamment déclaré "totalement d'accord" avec le discours de son homologue américain au Caire, "y compris sur le voile". "Je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami", a insisté Barack Obama. Les deux chefs d'Etat assistent en ce moment à une cérémonie au cimetière Colleville-sur-mer.

Lors de leur conférence de presse, samedi 9 juin, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont rivalisé d'amabilités et de compliments, pour louer l'accord parfait de la France et des Etats-Unis sur les questions internationales et faire taire ceux qui suggèrent que leur relation personnelle n'est pas parfaite.

"Peut-être jamais dans l'histoire de nos pays les Etats-Unis et la France n'ont été aussi proches sur les grands dossiers et sur les grands sujets", a d'emblée lancé le président français à la presse à l'issue d'un entretien en tête à tête d'une petite heure avec son homologue américain.

Devant Barack Obama, Nicolas Sarkozy a rappelé "combien nous soutenons la main tendue à la Russie", "combien nous étions d'accord avec lui sur les questions israélienne et palestinienne", que la France était "main dans la main" avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien et souligné la "totale identité de vues" des deux pays sur la Corée du Nord.


"Là où il y a une différence, c'est sur les modalités"


Nicolas Sarkozy s'est déclaré "totalement d'accord" avec le discours de son homologue américain au Caire, "y compris sur le voile" islamique, qui n'est "pas un problème à condition qu'il émane d'un libre choix". En France, une loi sur la laïcité, entrée en vigueur le 2 septembre 2004, interdit le port de signes religieux ostensibles à l'école publique. (> Lire le blog de Vincent Jauvert)

Les différences entre France et Etats-Unis ont en revanche éclaté sur l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne, encouragée par Barack Obama et refusée par Nicolas Sarkozy. "Sur l'objectif, on est d'accord (...), c'est que la Turquie puisse jouer tout son rôle de passerelle entre l'Orient et l'Occident", a déclaré le président français. "Là où il y a une différence, c'est sur les modalités", a-t-il ajouté. Le président américain a reconnu que les Etats-Unis qui "ne sont pas membres de l'Union européenne", ne peuvent donc "dicter les modalités qui s'appliquent à l'entrée dans l'Union européenne". "L'adhésion de la Turquie à l'Union européenne serait importante", a-t-il toutefois répété, en faisant valoir que Ankara est "un allié extrêmement important au sein de l'Otan".

"C'est un plaisir de travailler avec Barack Obama (...) il sait que la France est amie des Etats-Unis", a conclu Nicolas Sarkozy.

"Des belles photos en papier glacé"


Interrogé sur la brièveté de son séjour en France, Barack Obama a confié qu'il n'aurait "rien aimé plus que d'avoir une semaine détendue à Paris, marcher le long de la Seine, inviter (sa) femme à un bon repas, pique-niquer au parc du Luxembourg".

"Mais cela m'est impossible pour le moment", a-t-il regretté, avant de promettre qu'il passerait "plus de temps" en France lorsqu'il aura quitté la Maison Blanche.

"Les bons amis ne s'inquiètent pas des symboles, des conventions et du protocole. Les Etats-Unis sont des amis incontournables de la France et vice-versa (...) je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami", a insisté le président américain. "Je crois que vous prêtez trop de signification à mon emploi du temps", a-t-il conclu.

"Vous croyez qu'on n'a pas autre chose à faire que de faire des belles photos en papier glacé ?", est intervenu Nicolas Sarkozy sur un ton agacé.

"Vous pensez qu'avec la crise économique internationale, le chômage aux Etats-Unis, le chômage en France, le chômage en Europe, le problème de l'Iran, on a que ça à faire de calculer, est-ce qu'on va prendre un bon restaurant ensemble ou est-ce qu'il va passer une nuit de plus ici ?", a-t-il insisté.

"Vous croyez que les gens attendent simplement qu'on soit là tous les deux en se tenant la main ? Ils veulent des résultats, que sur des dossiers comme l'Iran ou la Corée du Nord, on soit en harmonie globale", a-t-il ajouté.

Arrivé à Paris vendredi soir, Barack Obama doit quitter la France dimanche à la mi-journée pour les Etats-Unis, après quelques heures passées en privé à Paris avec son épouse et ses deux filles.

Sources
Nouvel Observateur

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